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Noam Chomsky : « Les démocraties européennes sont parvenues à l’effondrement total »

3 septembre 2014, 12:52
Publié le 28 janvier 2014 par El Don

Vu sur Rusia Today

Selon le linguiste et militant Noam Chomsky, les démocraties européennes sont parvenues à un effondrement total, indépendamment de la couleur politique des gouvernements, parce que les décisions sont désormais prises à Bruxelles.

Selon lui, la destruction des démocraties en Europe conduit vers la dictature.

Il donne l’exemple de l’Italie, où la démocratie a cessé d’exister avec l’arrivée au pouvoir de l’ex commissaire européen Mario Monti en 2011, politique désigné par les bureaucrates de Bruxelles et non par les électeurs italiens.

Pour Chomsky, le phénomène existe au niveau mondial: « Même le Wall Street Journal a admis que les USA sont au bord de l’effondrement total puisque tous les gouvernements qu’ils soient de droite ou de gauche, poursuivent la même politique décidée par les banquiers et les bureaucrates »

Selon Chomsky, la politique ne sert qu’à enrichir les banquiers. Il a décrit le néolibéralisme comme une attaque de grande envergure contre les peuples du Monde, la plus grande depuis les 40 dernières années. »
Source: Rusia Today

Traité transatlantique : le gouvernement demande enfin la transparence !

Jeudi 18 Septembre 2014 à 05:00 | paru dans Marianne
Bruno Rieth

Jusqu’à présent, le gouvernement se foutait bien de l’opacité entourant le mandat de négociation des émissaires européens sur le traité transatlantique. Pis, il paraissait l’approuver. Mais Matthias Fekl, le remplaçant du phobique Thomas Thévenoud au secrétariat au Commerce extérieur, vient d’exiger que le secret soit levé. Ni plus ni moins que ce que réclament depuis des mois les opposants au traité…


Des opposants au traité transatlantique lors du défilé du 1er mai dernier, à Toulouse - 20 MINUTES/FRED SCHEIBER/SIPA

Des opposants au traité transatlantique lors du défilé du 1er mai dernier, à Toulouse – 20 MINUTES/FRED SCHEIBER/SIPA
Une petite bombe. C’est à l’occasion de son audition par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, hier, que Matthias Fekl, le tout nouveau secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a décidé de jouer les artificiers. Prenant la parole dès le début de la séance pour exposer « les quelques axes stratégiques d’action » qu’il entend mettre en œuvre dans ses nouveaux habits de secrétaire d’Etat, Matthias Fekl a annoncé, devant un parterre de députés, que « l’une de [ses] toutes premières décisions a été d’écrire à la Commission européenne, au nom de la France, de faire toute la transparence sur les mandats de négociations » devant conduire au fameux et controversé traité transatlantique. « Il ne peut plus y avoir de mandat secret de négociation », a-t-il même expliqué avant de s’engager à faire des points réguliers sur les avancées des discussions devant ladite commission. Ça n’a peut-être l’air de rien, mais voilà une annonce de taille. D’autant plus qu’elle émane paradoxalement d’un Matthias Fekl passé par le programme des « Young leaders » de la French-american foundation…Marianne le réclame depuis des mois ainsi que de nombreux responsables politiques et associatifs. Surtout, cette déclaration vient contredire la ligne défendue depuis le début par l’exécutif sur cette question. Cette fameuse ligne que l’on pourrait résumer de la sorte : « Certes, le manque de transparence est gênant démocratiquement mais n’embêtons pas trop la Commission européenne quand même… » Le chef de l’Etat lui-même est renvoyé dans les roses, lui qui avait justifié une nécessaire opacité, lors d’une conférence de presse commune avec le président américain Barack Obama, en février 2014 : « Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations » (sic).

 

Matthias Fekl lors de son audition, hier, à l'Assemblée - WITT/SIPA

Matthias Fekl lors de son audition, hier, à l’Assemblée – WITT/SIPA
Le ministre de tutelle de Fekl, Laurent Fabius, n’était pas non plus apparu jusqu’à présent comme très attaché à la transparence. D’ailleurs, le patron du Quai d’Orsay expliquait, cet été encore, dans un élan de pragmatisme déconcertant que « si la négociation est positive pour nous, on dira oui. Si la négociation n’est pas satisfaisante on dira non ». Il faut croire que Matthias Fekl l’a convaincu qu’il fallait s’intéresser en amont au contenu des négociations avec les Etats-Unis plutôt que de se retrouver mis un beau jour devant le fait accompli. Ou peut-être aussi que le jeune secrétaire d’Etat lui a rappelé qu’avant que la direction du PS ne vienne tripatouiller leurs votes, les militants socialistes s’étaient opposés, à l’été 2013, au principe même de négociations transatlantiques…Quoi qu’il en soit, avant même cette sortie (bien inspirée) de Matthias Fekl, il y a d’abord eu le travail du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale, qui avait tenté de faire voter une proposition de résolution européenne. Celle-ci réclamait justement cette transparence. Cette proposition de résolution européenne n°1876, débattue le 22 mai 2014, demandait que la représentation nationale s’accorde sur un texte pour exiger de la Commission que le Parlement français « soit dûment associé au suivi des négociations à travers une information régulière ». Et que les citoyens européens aient un accès direct aux « documents de travail et de négociations ». En clair, ce qu’aurait donc demandé notre secrétaire d’Etat au Commerce extérieur dans sa missive.

 

Extrait du projet de résolution européenne porté par le groupe communiste.

Extrait du projet de résolution européenne porté par le groupe communiste.
Sauf qu’à l’époque, la position des socialistes n’est pas aussi claire. Lors du passage du projet de résolution porté par le communiste André Chassaigne devant la commission des Affaires européennes, le groupe Socialistes Républicains et Citoyens (SRC), par la voix de la députée Estelle Grellier, s’applique alors à un véritable travail de sape, selon les mots de Chassaigne, pour « affaiblir (le texte) en le remplaçant par des rédactions molles, moins vigoureuses. » A la sortie, un document bien moins offensif et qui, sans une véritable volonté politique de l’exécutif, pouvait au mieux faire office de cale pour rééquilibrer une table bancale.

 

Extrait de la discussion lors de l'examen en commission des Affaires européennes.

Extrait de la discussion lors de l’examen en commission des Affaires européennes.
Voilà qui était regrettable. D’autant que les instances européennes l’ont prouvé : elles sont incapables, par elle-même, de se plier à l’exercice élémentaire de transparence. Il suffit de relire pour cela notre article sur la grande opération de communication lancée cet été par la Commission européenne sur les négociations en cours. « Opération foutage de gueule » aurait été plus juste comme intitulé…Au niveau du Parlement européen, c’est guère mieux. Selon une information de nos confrères d’Euractiv, celui-ci s’apprêtait début septembre à rejeter une motion réclamant la transparence sur le TAFTA. La raison ? La motion qui « exige un accès immédiat au dossier complet, pendant toute la durée des négociations » émanait… du Front national. Résultat : même si le contenu du texte ne comportait aucune position politique inspirée des « classiques » FN — sur l’immigration ou l’islam par exemple — nos confrères expliquaient que les « coordinateurs » allaient « s’opposer à la motion » car « aucun n’avait intérêt à donner une tribune » aux frontistes..Les déclarations de Matthias Fekl seront-elles suivies d’effet ? A voir. Le tout nouveau secrétaire d’Etat vient en tout cas d’annoncer une véritable « inflexion » du gouvernement à l’égard de ces négociations commerciales avec les Etats-Unis. Changement de cap qui pourrait bien donner des idées aux députés qui réclament depuis des mois des « inflexions » eux aussi… sur la ligne économique cette fois.

Projet de loi contre le terrorisme: une étrange sensation de déjà-vu dès que l’on parle d’Internet

Andréa Fradin, France, Tech & internet.17.09.2014 – 18 h 04mis à jour le 17.09.2014 à 19 h 09
Bernard Cazeneuve, le 10 septembre 2014 pendant les questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Martin Bureau / AFP

Bernard Cazeneuve, le 10 septembre 2014 pendant les questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Martin Bureau / AFP

Qui a dit: «Vous me dites: “Ce n’est pas bien, parce que vous le faites par l’intermédiaire du juge administratif, qui assurera le contrôle de la décision administrative prise par vous, et non par le biais du juge judiciaire.”» Bernard Cazeneuve ou Brice Hortefeux?

Comme une étange sensation de déjà-vu. A l’écoute (et à la relecture, par ici) des débats entamés à l’Assemblée nationale ce lundi 15 septembre autour du projet de loi contre le terrorisme, se dégage l’impression tenace d’avoir déjà assisté à la scène.

Pourtant, ce nouveau texte censé combattre le terrorisme s’inscrit dans un contexte précis et répété à de maintes reprises par le porteur du projet, l’actuel ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve: l’avènement inquiétant de l’Etat islamique, ou de «Da’ech» –son acronyme arabe aujourd’hui présenté par les politiques comme une appellation plus acceptable–, et la présence de ressortissants français dans les rangs de ces djihadistes.

Malgré ce contexte, l’effet voyage dans le temps n’est pas atténué. Particulièrement dès que la question d’Internet est abordée. Et pour cause: tous les ingrédients mobilisés ici pour agir sur le réseau ressemblent en tout point à ceux que les différentes majorités, de droite comme de gauche, ont brandi par le passé. Le décor change, mais la scène, les acteurs, les dialogues et les ressorts de l’intrigue eux, restent les mêmes.

La preuve avec le blocage administratif des sites Internet. Proposé pour contrer les sites faisant l’apologie du terrorisme aujourd’hui, adoptée au motif de lutte contre la pédopornographie en 2010 avec la Loppsi, ou glissé dans un amendement en raison de la simple inquiétude suscitée par les promesses d’Internet en 1996, cet exemple prouve que la France est coincée dans une boucle temporelle.

1.Mieux vaut enrober d’urgence En 2014 et en 1996, mais pas en 2010

«Procédure accélérée» depuis juillet pour le texte discuté en ce moment à l’Assemblée nationale, précise le site Internet de cette dernière. Même topo en 1996, le projet de loi sur la réglementation des télécommunications ayant été «déclaré d’urgence».

Ces textes s’épargnent des allers-retours entre l’Assemblée et le Sénat. Comme l’expliquait Le Monde en 2009: une «commission mixte paritaire, regroupant sept élus de chacune des deux assemblées» intervient alors «dès la fin de la première lecture, chaque assemblée ne peut alors examiner qu’une seule fois le texte».

2.«Internet, c’est chouette mais…»Toujours les mêmes tournures de phrase

Marie-Françoise Bechtel, SRC. Discussions autour du projet de loi de lutte contre le terrorisme, 15 septembre 2014:

«Les réseaux sociaux, le partage, l’interactivité permettent certes à la redoutable puissance d’Internet de contribuer à la vie collective des idées et des échanges, voire à une forme bienvenue de démocratie participative, mais ces progrès ont aussi un prix: l’alimentation à jet continu des pulsions les plus sombres, ainsi que la mise à disposition permanente, et quasiment gratuite, de la formation, idéologique ou matérielle, à l’attentat terroriste.»

Brice Hortefeux, UMP. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«Cependant, grand espace de liberté, l’Internet ne peut devenir un espace de non-droit…»

Jacques Myard, UMP. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 10 février 2010:

«La Toile, sous son meilleur aspect, est un espace fabuleux de liberté et un moyen de communication irremplaçable. Mais elle revient aussi à introduire le renard dans le poulailler, comme dirait M. Brard: c’est à qui sera plumé par les escrocs qui pullulent sur le Net.»

Bernard Cazeneuve, le 15 septembre 2014 à l’Assemblée nationale.

3.Internet permet d’accéder aux pires horreurs «en un clic»
Faire peur

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Discussions autour du projet de loi de lutte contre le terrorisme, 15 septembre 2014:

«Tout un chacun peut désormais, sans quitter son domicile, consulter ad nauseam des sites faisant l’apologie du meurtre de masse, du martyre, de l’attentat-suicide […]
Tout un chacun peut, avec une facilité déconcertante, acquérir un savoir-faire minimal pour commettre un attentat terroriste dit “de proximité”.»

Chantal Brunel, UMP. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«Comme l’a dit mon collègue, Internet contient à la fois le pire et le meilleur, mais, ayant été récemment amenée à regarder les choses de très près, je trouve que beaucoup relève du pire. […]

Aujourd’hui, avec une webcam, n’importe quel Français peut être l’auteur de scènes pornographiques ou pédopornographiques très violentes et les diffuser sur Internet. En deux clics, vous pouvez ainsi tomber sur des scènes de pédopornographie, de violence, de vengeance.»

François Fillon, RPR (aujourd’hui UMP). Discussions autour du projet de loi sur la réglementation des télécommunications, 6 juin 1996:

«Au cours des semaines passées, des affaires concernant le réseau Internet ont défrayé la chronique. […]
Or la législation française est aujourd’hui inadaptée devant l’existence d’un réseau qui est un réseau mondial, qui n’appartient à personne et sur lequel circulent librement des informations de toutes sortes

4.Pour mobiliser les mêmes arguments…contre le blocage administratif des sites

L’objectif est louable

Laure de La Raudière, UMP. Discussions autour du projet de loi de lutte contre le terrorisme, 15 septembre 2014:

«Tout le monde reconnaît que les images de pédopornographie en ligne ou de provocation au terrorisme sont abjectes et ignobles, et qu’il est de bon sens de les interdire et d’empêcher leur diffusion le plus rapidement possible.»

Christian Paul, PS. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«Contrairement à ce que certains tentent de faire croire, l’objectif de lutte contre la pédopornographie n’est pas en question, mais uniquement l’efficacité de votre proposition et le principe même du filtrage.»

Claude Billard, PCF. Discussions autour du projet de loi sur la réglementation des télécommunications, 6 juin 1996:

«Aujourd’hui, la prostitution enfantine, la pédophilie, le racisme et le révisionnisme doivent être combattus avec détermination, et l’arsenal juridique existe.[…]

Nous condamnons fermement les responsables de délits sur Internet, notamment ceux qui délivrent des informations contraires à la législation de notre pays.»

Le risque d’incitation au contournement

Christian Paul, PS. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«De nombreux experts ont évoqué les conséquences pratiques de l’article 4, en particulier le recours croissant aux réseaux cryptés, aux réseaux qui organisent l’anonymat ou aux techniques de contournement, également florissantes.»

Jean-Jacques Urvoas, PS. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«Tout internaute vous expliquera comment contourner de tels blocages sans avoir une grande connaissance technique, à l’aide de proxys TOR. Les consommateurs de ces choses horribles pourront continuer.»

L’inefficacité

Jean-Jacques Urvoas, PS. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«Monsieur le rapporteur, si vous bloquez une adresse IP, elle est tuée dans la seconde, mais le site migre. En quoi votre dispositif sera-t-il efficace? Ce sera une course à l’infini. Pourquoi s’obstiner dans l’idée que notre pays est en mesure d’inventer un dispositif et refuser d’admettre que de nombreuses expériences ont été tentées à l’étranger et qu’elles fonctionnent? Cette obstination est contraire à l’efficacité.»

Le risque d’atteinte aux libertés

Claude Billard, PCF. Discussions autour du projet de loi sur la réglementation des télécommunications, 6 juin 1996:

«La volonté de communiquer librement, celle d’échanger en dehors d’un cadre marchand des informations doit être encouragée. Le comité que vous prévoyez de mettre en place ne nous permet pas d’affirmer que la liberté de communiquer sera protégée.»

Laure de la Raudière, le 15 septembre 2014 à l’Assemblée nationale.

L’absence du juge judiciaire

Laure de La Raudière, UMP. Discussions autour du projet de loi de lutte contre le terrorisme, 15 septembre 2014:

«Texte après texte, vous diffusez une doctrine attentatoire aux libertés individuelles: quand un délit est commis sur Internet, alors aucun juge n’est saisi au préalable. […]

Le préalable d’une décision judiciaire apparaît comme un principe essentiel, de nature à permettre le respect de l’ensemble des intérêts en présence lorsqu’est envisagé le blocage de l’accès à des contenus illicites sur des réseaux numériques.»

Patrick Bloche, PS. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 10 février 2010:

«[…] nous nous réjouissons que l’amendement de notre collègue Tardy visant à ce que seul un juge puisse accorder le blocage de l’accès à un site ait été adopté en commission.

Nous sommes néanmoins très surpris de lire dans le rapport que la rédaction de cet article devra être modifiée en séance publique. Ce serait non seulement un retour en arrière regrettable, mais, au-delà, un risque pris par le Gouvernement, puisque, en envisageant de confier à une autorité administrative ce pouvoir de sanction débouchant sur un possible filtrage de l’accès à Internet, il se heurterait, à n’en pas douter, à la jurisprudence du Conseil constitutionnel.»

5.Pour mobiliser les mêmes arguments…pour le blocage administratif des sites

De la mesure et des précautions

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Discussions autour du projet de loi de lutte contre le terrorisme, 15 septembre 2014:

«Ce blocage, que nous voulons ciblé et limité au strict nécessaire […]

Là encore, cependant, des précautions sont prévues pour s’assurer qu’aucun excès ne puisse être commis au détriment de la liberté du réseau.»

Brice Hortefeux, UMP. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«[…] Mais il nous faut trouver des moyens d’action équilibrés qui ne remettent pas en cause le droit de l’Internet.

Je répète qu’en aucun cas l’accès à Internet ne sera bloqué. Seul l’accès à des sites illicites au contenu monstrueux sera interdit.»

François Fillon, RPR (aujourd’hui UMP). Discussions autour du projet de loi sur la réglementation des télécommunications, 6 juin 1996:

«Je ne peux pas laisser dire que ce dispositif tendrait à réduire la liberté d’expression des citoyens sur le réseau Internet.»

Il y a urgence

Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur. Discussions autour du projet de loi de lutte contre le terrorisme, 15 septembre 2014:

«Vous me dites ensuite: “Ce n’est pas bien, parce que vous le faites par l’intermédiaire du juge administratif, qui assurera le contrôle de la décision administrative prise par vous, et non par le biais du juge judiciaire.” Je répondrai ceci: tout d’abord, que faites-vous si, demain, étant à ma place, vous constatez que certains sites conduisent à l’embrigadement de dizaines et de dizaines de jeunes dans nos quartiers, que l’action publique n’est pas déclenchée, que le juge judiciaire n’intervient pas et qu’il y a urgence? Vous serez alors obligée de prendre une décision, d’intervenir

Brice Hortefeux, UMP. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«J’ai pu lire ou entendre ici ou là, sans que cela soit clairement dit dans l’hémicycle, que cette disposition pouvait permettre que s’instaure une sorte de censure. Nous luttons contre un crime, la pédopornographie: nous devons donc réagir vigoureusement pour protéger nos enfants. […]

Ce qui doit primer, c’est l’efficacité opérationnelle, donc –vous avez raison– la rapidité de l’intervention administrative.»

Chantal Brunel, UMP. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 9 février 2010:

«Qu’apporte donc l’intervention de l’autorité judiciaire? Sur un tel sujet, il faut agir vite.»

6.On prend les mêmes, et on recommenceEric Ciotti, Jacques Myard, Laure de la Raudière…

Le plus frappant, c’est qu’à chaque texte, nous retrouvons les mêmes protagonistes. Ou presque: malheureusement, nous n’avons que la version sénatoriale de la discussion de 1996, le site de l’Assemblée nationale ne permettant pas d’accéder à des archives antérieures [note: on nous signale que ces archives sont disponibles ici, mais cela ne change rien au fond; en 1996, le blocage des sites a été introduit dans un amendement au Sénat.]

Mais pour 2010 et 2014, la ressemblance est troublante.

D’un côté, il y a les indéboulonnables. Ceux qui ne démordent pas de leur argumentaire, et ce quelle que soit la majorité du gouvernement: qu’elle émane de leur famille politique ou de l’opposition, ils restent, au fil des années, droit dans leurs bottes.

Dans les rangs de ceux qui se méfient comme de la peste d’Internet, on retrouve ainsi l’UMP Eric Ciotti, rapporteur de la loi Loppsi en 2010 et aux avant-postes quatre ans plus tard pour soutenir le projet de loi du gouvernement socialiste visant à lutter contre le terrorisme. Notons aussi la présence de l’infatiguable Jacques Myard, également du côté de l’UMP, toujours aussi motivé quand il s’agit de s’en prendre au réseau. Rappelez-vous, il est l’auteur du désormais culte:

«Chacun sait qu’Internet renferme le meilleur et le pire

A quoi le Premier ministre actuel Manuel Valls avait rétorqué, au passage, un cinglant:

«Comme vous!»

Chacun sait qu’Internet renferme le meilleur et le pire.

Jacques Myard. Discussions autour du projet de loi sur la sécurité intérieure, 10 février 2010

Du côté des fervents défenseurs d’Internet, on retrouve bien souvent sur le front Laure de la Raudière ou Lionel Tardy, également encartés à l’UMP, mais qui se sont tout aussi bien opposés au dispositif de filtrage des sites proposé par leur majorité en 2010 qu’à celui remis au goût du jour par le gouvernement Valls pour lutter contre le terrorisme.

On peut aussi citer l’écologiste François de Rugy, qui, en 2010 comme en 2014, se montre toujours aussi réticent à un dispositif de blocage des sites.

7.Ou presque!Ceux qui changent d’avis

Mais il y a plus croustillant que les élus qui ne bougent pas leur discours d’un iota: ceux qui, à l’inverse, l’adaptent à la majorité en place… quitte à dire le contraire, ou carrément à se taire.

Ainsi, Jean-Jacques Urvoas. S’il s’oppose en 2010 au blocage des sites Internet défendu par Brice Hortefeux, en lui demandant «en quoi votre dispositif sera-t-il efficace?» et en soulignant que son «obstination est contraire à l’efficacité», il se montre bien moins véhément désormais.

De même, Patrick Bloche et Christian Paul n’ont fait jusqu’à présent aucune intervention pour défendre ce qu’était leur conviction en 2010.

Bernard Cazeneuve lui-même semble ici faire la girouette, comme le relève Next Inpact. Avant d’endosser le costume de ministre de l’Intérieur, ce dernier avait en effet voté contre la Loppsi en 2010, présentée comme liberticide. Il se retrouve désormais impliqué dans une étrange passe d’armes avec Laure de la Raudière, lui opposant par exemple ce 15 septembre ne pas comprendre «d’où vient le raisonnement qui consiste à dire que ce que nous nous proposons de faire sur Internet est hautement attentatoire aux libertés publiques».

Un retournement de situation sur lequel les tenants de l’opposition ne manquent d’ailleurs pas d’appuyer, à l’instar d’un Eric Ciotti qui se réjouit de voir le gouvernement Valls valider le blocage des sites qu’il défendait en 2010:

«Sur ce sujet, vous êtes revenu à la raison, monsieur le ministre. Je me souviens des oppositions qui se sont élevées en 2012, et encore en juin dernier. Je me souviens aussi, sur une disposition analogue visant à lutter contre la pédopornographie sur Internet, des oppositions que, pendant des heures, vous aviez développées dans cet hémicycle: j’étais alors rapporteur du projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite LOPPSI 2. Aujourd’hui, vous mettez enfin en place cette disposition. Nous l’avions réclamée; vous vous y étiez opposé; vous le faites aujourd’hui –je vous en donne acte et vous en remercie.»

Que les mêmes débats reviennent encore et encore à l’Assemblée nationale dès qu’il est question d’Internet est déjà inquiétant en ce qui concerne l’avancée de la réflexion des députés sur le sujet. Mais le fait que les argumentaires et les contre-argumentaires valsent librement d’un rang politique à l’autre est encore pire. Et prouve le peu de cas que les députés font, encore et encore, d’Internet.

La Bretagne doit changer de modèle : la preuve en trois chiffres

11 Septembre 2014 Par Thibaut Schepman (journaliste) – 5/11/2013

Les choix économiques de la région ne sont pas viables. En se penchant sur les chiffres, cette réalité saute au visage.

Au tournant des années 1960, la Bretagne a fait le pari de l’agriculture intensive. Très gourmand en énergie et en matières premières importées, nocif pour l’environnement, le modèle agroalimentaire breton est à bout de souffle. En cherchant à le préserver, les « bonnets rouges » font fausse route. Comparé à la France, la Bretagne c’est en effet :

1) Presque la moitié du soja importé

C’est la quantité de tonnes de soja importées en Bretagne chaque année pour nourrir les animaux d’élevage, soit presque la moitié des importations françaises (environ 4,63 millions de tonnes par an) ! Voilà donc 3 millions d’hectares de terres cultivées en Amérique du Sud uniquement pour nourrir les animaux bretons. Au-delà de leurs coûts environnementaux, ces importations coûtent de plus en plus cher aux agriculteurs puisque le prix du tourteau de soja est en hausse continue, il coûte presque trois fois plus aujourd’hui qu’en 2008, comme le montre le schéma ci-dessous (en dollars constants).

2) Deux fois plus d’énergie consommée

L’agriculture bretonne est aussi la championne de France de la consommation d’énergie. Selon un indicateur construit par le ministère de l’Environnement (la consommation régionale d’énergie par secteur rapportée au PIB régional tous secteurs confondus) l’agriculture bretonne en consomme plus de deux fois plus que la moyenne nationale (0,14 tonne équivalent pétrole/ million d’euros contre 0,06 en France). Or c’est justement le coût de l’énergie – qui ne cesse de grimper – qui fragilise l’agriculture française. La preuve, avec cette étude réalisée en 2012 par l’Ademe montrant que l’agriculture française consomme toujours plus d’énergie, que ce soit sous la forme d’électricité ou de fuel, ou encore sous la forme d’engrais et de nourriture importés. Le schéma ci-dessous, tiré de cette étude, montre que les budgets des agriculteurs s’en ressentent. Plus dépendante au niveau énergétique, la Bretagne est encore plus fragile, d’où les fermetures aujourd’hui.

3) Presque deux fois plus de nitrates

On trouve 40 mg de nitrates par litre dans les cours d’eau bretons. C’est presque 10 fois plus qu’en 1971 (5 mg) et presque deux fois plus que la moyenne française actuelle (23 mg). En produisant 58% des porcs français, la Bretagne – qui ne représente que 5% du territoire national – doit subir une pollution aux conséquences écologiques énormes. Et qui, elle aussi, a un coût : celui du traitement des eaux polluées ou du ramassage des algues vertes, ou encore des sanctions européennes qui menacent la France pour non-respect des directives environnementales.

En Bretagne, ils font déjà autrement

On aurait pu poursuivre la liste. Rappeler qu’après 2700 contrôles menés en 2007, 500 exploitations bretonnes ont été jugées non conformes aux normes en matière de rejets azotés. Ou que les aides de la PAC (Politique agricole commune) y ont triplé entre 1993 et 2006, faisant de la région la quatrième la mieux dotée en France. Aides qui pourraient considérablement baisser si le verdissement de la PAC se poursuit. Ou encore que les libertés laissées à l’agro-industrie bretonne sont toujours plus grandes puisque le seuil à partir duquel l’extension d’une porcherie nécessite une autorisation administrative et une étude d’impact sur l’environnement a été relevé de 450 à 2000 bêtes en septembre. Mais on peut aussi montrer ceux qui font déjà autrement. C’est en Bretagne que le Cedapa (Centre d’étude pour un développement agricole plus autonome) a inventé à la fin des années 1970 une méthode agricole peu gourmande en intrants et en énergie et peu polluante. Une étude de l’Inra (Institut national de recherche agronomique) a montré que le lait produit ainsi est de meilleure qualité, et que les exploitations sont plus rentables. Le cahier des charges basé sur leurs expérimentations, appelé « système fourrager économe en intrants », est aujourd’hui reconnu à l’échelle européenne. Il été mis en place dans plus d’un millier d’exploitations, principalement dans l’Ouest de la France. Une révolution par la prairie.

Adam Smith et Karl Marx même combat :

7 septembre 2014, 08:01

« Le travail mesure la valeur non seulement de cette partie du prix qui se résout en travail (salaire, NDR) mais encore de celle qui se résout en rente et de celle qui se résout en profit. »
« Le travail est donc la mesure réelle de la valeur échangeable de toute marchandise » (Adam Smith Livre 1, p.99).

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Cette affirmation d’Adam Smith est en contradiction totale avec la pensée politique et économique dominante actuelle.

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/01/08/notes-sur-adam-smith-et-ses-recherches-sur-la-nature-et-les-causes-de-la-richesse-des-nations-1776/

Ce lien comprends des notes sur Adam Smith et ses « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations ». Les recherches sur « la nature et les causes de la richesse des nations », résultat d’une dizaine d’années de rédaction, s’inscrivent très étroitement dans la réalité de l’époque1.
http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com

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Sophie Pechin aime ceci.
Jean-Michel Ferradini : Mais il y a la main invisible :

« Par conséquent, puisque chaque individu (c’est-à-dire chaque capitaliste comme l’indique clairement la suite du texte, NDR) tâche le plus qu’il peut, 1° d’employer son capital à faire valoir l’industrie nationale, et 2° de diriger cette industrie de manière à lui faire produire la plus grande valeur possible, chaque individu travaille nécessairement à rendre aussi grand que possible le revenu annuel de la société. A la vérité, son intention en général n’est pas en cela de servir l’intérêt public, et il ne sait même pas jusqu’à quel point il peut être utile à la société. En préférant le succès de l’industrie nationale à celui de l’industrie étrangère, il ne pense qu’à se donner personnellement une plus grande sûreté ; et en dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il ne pense qu’à son propre gain ; en cela, comme en beaucoup d’autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n’entre nullement dans ses intentions ; et ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus mal pour la société, que cette fin n’entre en rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d’une manière bien plus efficace pour l’intérêt de la société, que s’il avait réellement pour but d’y travailler. Je n’ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, à travailler pour le bien général, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n’est pas très commune parmi les marchands, et qu’il ne faudrait pas de longs discours pour les en guérir. » (Adam Smith Livre IV, chapitre II , p.42-43)

8 janvier, 13:57 ·
Jean-Michel Ferradini : Et la main « tangible » de l’état : La main invisible s’oppose dans le discours de Smith à la main tangible du gouvernement qui prétend réglementer le commerce, l’industrie, etc. Smith cherche à démontrer que l’intervention de la main tangible de l’État a généralement des effets néfastes.

« Il est rare à la vérité, que la prodigalité ou la conduite imprudente des individus dans leurs affaires puisse jamais beaucoup influer sur la fortune d’une grande nation, la profusion ou l’imprudence de quelques-uns se trouvant toujours plus que compensée par l’économie et la bonne conduite des autres » (Adam Smith Livre 2, p.428) « Les grandes nations ne s’appauvrissent jamais par la prodigalité et la mauvaise conduite des particuliers, mais quelquefois bien par celles de leur gouvernement. » (Adam Smith Livre 2, p. 429)

8 janvier, 14:14 · Modifié ·
Catherine Boudin : Lis ce que dit DRD, (Dany Robert Dufour) là dessus…, et si on inventait une autre valeur au travail?
8 janvier, 14:48 ·
Jean-Michel Ferradini : Ok
8 janvier, 14:50 ·
Jean-Michel Ferradini : Adam Smith et le pouvoir des « marchands » :

« Ceux qui emploient l’ouvrier constituent la troisième classe, celle des gens qui vivent de profits. (…) Les marchands et les maîtres manufacturiers sont, dans cette classe, les deux sortes de gens qui emploient communément les plus gros capitaux et qui, par leurs richesses, s’y attirent le plus de considération. (…) Cependant, l’intérêt particulier de ceux qui exercent une branche particulière de commerce ou de manufacture est toujours, à quelques égards, différent et même contraire à celui du public. L’intérêt du marchand est toujours d’agrandir le marché et de restreindre la concurrence des vendeurs. Il peut souvent convenir assez au bien général d’agrandir le marché mais de restreindre la concurrence des vendeurs lui est toujours contraire, et ne peut servir à rien, sinon à mettre les marchands à même de hausser leur profit au-dessus de ce qu’il serait naturellement et de lever, pour leur propre compte, un tribut injuste sur leurs concitoyens. »

Ce qui suit sonne comme un avertissement qui n’a pas été suivi d’effet :

« Toute proposition d’une loi nouvelle ou d’un règlement de commerce qui vient de la part de cette classe de gens doit toujours être reçue avec la plus grande défiance, et ne jamais être adoptée qu’après un long et sérieux examen, auquel il faut apporter, je ne dis pas seulement la plus scrupuleuse, mais la plus soupçonneuse attention. Cette proposition vient d’une classe de gens dont l’intérêt ne saurait jamais être exactement le même que l’intérêt de la société, qui ont, en général, intérêt à tromper le public et même à le surcharger et qui, en conséquence, ont déjà fait l’un et l’autre en beaucoup d’occasions ».

Du livre : « Le Mythe de Sisyphe »

23 juin 2014, 11:12

« Je peux tout nier de cette partie de moi qui vit de nostalgies incertaines, sauf ce désir d’unité, cet appétit de résoudre, cette exigence de clarté et de cohésion. Je peux tout réfuter dans ce monde qui m’entoure, me heurte ou me transporte, sauf ce chaos, ce hasard roi et cette divine équivalence qui nait de l’anarchie. »

A Camus