Comment les nouveaux accords de commerce menacent la stabilité financière

Bulletin d’information aux Amis de Finance Watch – Octobre 2018
La fête continue… en dessin animé

Depuis notre premier épisode sur les exigences de fonds propres, nous avons publié trois nouvelles animations pour montrer de manière humoristique que l’occasion d’un réalignement fondamental du secteur financier a été manquée après la crise. (en anglais)

Épisode 2 : « Quand la finance se rachète »
Dans cet épisode, nous essayons d’expliquer le concept des externalités négatives et son lien à la finance. Tant que les signaux de prix n’intègrent pas les externalités négatives, la finance verte restera une niche.

Episode 3 : « Un toast au populisme »
Nous y rappelons que les partis extrémistes obtiennent toujours plus de votes après une crise financière, ce qui implique que la déréglementation financière présente un danger pour nos démocraties.

Pour regardez l’episode 4 « Pile je gagne, face ils perdent », cliquez sur la vidéo ci-dessous:

Episode 4: “Pile je gagne, face ils perdent”

Dans cet épisode, nous rappelons le lien entre les bonus et émoluments des traders et le risque systémique. Car #10ansAprès, le casino de la finance est ouvert à nouveau…

Change Finance Forum #2
L’année dernière, notre  « Change Finance Forum » a rassemblé 200 leaders d’opinion, militants, universitaires, experts, praticiens de l’économie et de la finance durable et des citoyens engagés de 19 pays et de 4 continents.

Un an plus tard, nous nous appuyons sur ce succès pour vous inviter à la deuxième édition de ce forum dont l’objectif est de joindre nos forces pour changer la finance !

Le programme détaillé sera bientôt disponible sur la page de l’événement. Nous vous invitons à vous inscrire dès aujourd’hui pour réserver votre place (veuillez noter que les sessions du forum se déroulent en anglais).

L’histoire secrète du casse du siècle
Une nouvelle enquête transfrontalière a révélé que des escroqueries fiscales menées par les plus grandes banques de l’UE ont coûté 55,2 milliards d’euros aux Trésors publics européens. Ces escroqueries, qualifiées de « plus grand vol à l’étalage fiscal de l’histoire européenne », impliquent de nombreuses grandes banques européennes.

C’est grâce à l’enquête d’un collectif de journalistes de 19 médias européens, dont  “Le Monde” que nous connaissons l’ampleur de ces stratagèmes. Un grand merci à eux !

Ce nouveau scandale de la finance concerne les dividendes. Pour les empocher sans être taxés par l’Etat, certains actionnaires transfèrent leurs actions vers l’étranger. C’est ce que l’on appelle, dans le milieu de la finance, le « CumCum », de la locution latine qui veut dire « avec ». Avec la technique du « CumEx », (« avec » et « sans »), des actionnaires peuvent se faire rembourser par l’Etat des taxes qu’ils n’ont en réalité jamais payées. Pour plus d’explications, regardez cette vidéo de 5 min :

« CumEx Files : comment arnaquer le fisc avec la Bourse »»
(Le Monde)
BNP Paribas – L’histoire d’une dérive

Ce 4 octobre a été une date importante pour BNP Paribas, première banque européenne. Pour la première fois, un documentaire indépendant retraçant son histoire et appuyé sur des dizaines d’interviews passait sur une chaîne de télévision (France 3).

Nous vous proposons de lire cette synthèse éclairante du documentaire par Jérôme Cazes.

« BNP Paribas – Dans les eaux troubles de la plus grande banque européenne » (France 3)

Déployer des parcs éoliens et solaires aiderait le Sahara à verdir

JEAN MICHEL GRADT Le 20/10 à 14:33Mis à jour à 20:15

Implanter nombre considérable d’éoliennes panneaux solaires effet doubler précipitations, notamment Sahel, affirme récente étude.
Implanter un nombre considérable d’éoliennes et de panneaux solaires aurait pour effet de doubler les précipitations, notamment au Sahel, affirme une récente étude. – Shutterstock

Cette étude montre que, déployés sur de très grandes échelles, ces parcs pourraient dynamiser la végétation au Sahara et au Sahel.
Parsemer le Sahara de parcs éoliens et solaires, l’idée n’est pas nouvelle. En théorie, ils produiraient assez d’énergie renouvelable pour satisfaire la demande mondiale d’électricité. Mais les bénéfices de tels projets ne se limitent pas à l’énergie : selon une étude publiée en septembre dans la revue Science ces mêmes installations rendraient le désert du Sahara et le Sahel voisin plus verts.

La modélisation montre en effet qu’installer trois millions d’éoliennes et panneaux solaires sur 20 % de la surface du désert du Sahara (soit 9 millions de kilomètres carrés) « aurait pour effet de causer un doublement des précipitations », note avec intérêt l’ONU Environnement.

Comment ? Pour schématiser, en modifiant la circulation des masses d’air pour les éoliennes, et en augmentant la température au niveau du sol pour les centrales solaires, les énergies renouvelables pourraient conduire à une augmentation des pluies au Sahara, les précipitations passant de 0,24 à 0,59 mm par jour.

Les chercheurs, qui ont obtenu ces résultats grâce à un modèle climatique qui intègre une dynamique de la végétation, estiment que la région la plus susceptible de bénéficier des telles installations est le Sahel, une terre aride qui s’étend du Sénégal à Djibouti.

« L’augmentation de précipitations la plus importante se produirait dans le Sahel, avec une magnitude de changement comprise entre +200 et +500 mm de précipitations par an, ce qui est suffisamment important pour avoir des impacts écologiques, environnementaux et sociétaux majeurs ».

Lever les obstacles
L’ONU pointe cependant trois obstacles majeurs à ce type de projets. Le premier est d’ordre politique. Pour qu’un tel plan fonctionne, « il suppose le soutien politique de toutes les parties concernées, y compris celui de groupes actuellement qualifiés de terroristes », écrit l’organisation internationale.

Obstacle naturel ensuite, avec les tempêtes de sable qui pourraient endommager les installations ou nuire à leur rendement. L’argent enfin. La maintenance d’un système solaire/éolien de cette taille pourrait s’avérer « un défi énorme et très coûteux, si la construction de routes dans le désert devait être envisagée ».

Lancé début 2010, le projet Desertech, qui visait à produire de l’électricité au Sahara pour l’acheminer en Europe, a échoué. Un échec qui n’a pas dissuadé le Maroc d’inaugurer en février 2016 la première tranche de la centrale solaire de Noor. Et de persévérer : Noor Ouarzazate III sera en effet livrée à la fin de l’année. Une preuve que s’agissant du climat, ce qui paraissait compliqué hier pourrait s’avérer nécessaire demain.

Même si la communauté internationale n’est toujours pas en mesure d’ atteindre les objectifs de l’Accord de Paris , « des objectifs ambitieux s’appuyant sur des informations scientifiques rigoureuses et une volonté politique internationale sont le meilleur espoir que nous ayons pour éviter d’atteindre un point de basculement, où quoi que nous fassions sera insuffisant et trop tardif », prévient Niklas Hagelberg, spécialiste des changements climatiques à ONU Environnement.

Jean-Michel Gradt

https://www.lesechos.fr/…/0302420048193-deployer-des-parcs-…

Théorie des couches :

JEAN-MICHEL FERRADINI·VENDREDI 9 OCTOBRE 2015
Explication de l’économie : théorie des couches :
1° couche : La financiarisation c’est à dire la perte de pouvoir des patrons des entreprises au profit des financiers. L’entreprise ne fait plus des bénéfices pour rémunérer ses salariés et pour réinvestir mais pour alimenter la richesse de personnes extérieures à l’entreprise. Constitution d’un « jackpot » mondialisé qui vise le profit immédiat le plus important et y sacrifie le devenir des entreprises et du monde.
2° couche : La fin de la démocratie c’est à dire la perte de pouvoir des peuples au profit des multinationales et de leurs lobbies. Mise aux ordres des gouvernements (par exemple le gouvernement socialiste en France) et des oligarques (par exemple la commission européenne). Mise en place d’un monopole des entreprises sur les médias pour obtenir l’accord des citoyens.
3° couche : Organisation géopolitique du monde sur le mode du pillage. Pillage des pays sous-développés (minéraux, terres, …), pillage des ressources minières, énergétiques de la planète, pillage des ressources écologiques de la planète, pillage des consommateurs.
P
Ces trois couches ne sont pas trois explications au choix des malheurs du monde. Elles ne sont pas non plus la conséquence l’une de l’autre. Ces trois mécanismes agissent séparément et simultanément. Ils sont seulement la conséquence de la nature sociale de l’humanité.

“ Selon le rapport du Giec, l’objectif d’1,5°C est possible sans les technologies controversées ”

Le rapport spécial du Giec se concentre sur l’objectif de limiter la hausse des températures à +1,5°C. Présenté le 8 octobre, son résumé a été validé lors d’une plénière à Incheon en Corée du Sud.

Interview, 08 octobre 2018, Agnès Sinaï pour Actu environnement

“ Selon le rapport du Giec, l’objectif d’1,5°C est possible sans les technologies controversées ” Henri Waisman
Coordinateur du chapitre 5 du Résumé à l’attention des décideurs du rapport du GIEC sur les 1,5°C et chercheur senior au sein du programme climat de l’IDDRI, en charge des activités sur les trajectoires de développement bas carbone à long-terme.

Actu-environnement : Les politiques en cours sont-elles compatibles avec une trajectoire à 1,5°C ?

Henri Waisman : L’objet de ce rapport est d’évaluer l’écart des scénarios actuels par rapport à l’objectif de stabiliser la hausse moyenne de la température à +1,5°C à l’horizon de la fin du siècle. Le Giec estime que l’évaluation des émissions telles qu’elles sont rapportées dans les contributions nationales dans leur volet atténuation nous amène à un scénario de 52 à 58 gigatonnes de CO2 à l’horizon 2030. La première conclusion est que cette trajectoire n’est pas cohérente avec l’objectif de 1,5°C, même avec des changements drastiques après 2030.

AE : Cela veut dire que les trajectoires d’émissions, même corrélées aux politiques climatiques nationales, mènent à des émissions excessives (overshoot) ?

HW : Sur la question de l’overshoot différents scénarios sont considérés. L’ensemble des scénarios pour aller à 1,5°C impliquent un point de passage plus faible en 2030 que les contributions nationales actuelles. Le niveau par lequel il faudrait passer tourne autour de 30 gigatonnes de CO2 plutôt que 52.

AE : Quels sont les principaux scénarios de réduction des émissions retenus ? Est-il possible d’atteindre les 1,5°C sans recourir à des solutions à émissions négatives ?

HW : Différents types de familles de scénarios s’appuient sur des solutions très différentes. Les BECCS permettent d’obtenir des émissions négatives mais posent question car il s’agit d’une technologie non expérimentée à grande échelle. Elles peuvent aussi causer une compétition sur l’usage des sols, avec des effets négatifs sur la production agricole si les BECCS sont déployées à grande échelle. Le présent rapport Global Warming of 1,5°C fait ressortir qu’une famille de scénarios est capable de réaliser l’objectif de 1,5°C sans recourir à cette technologie controversée. A condition de mener des actions ambitieuses à très court terme. En l’occurrence, il s’agit de réduire la demande d’énergie, ce qui est un enjeu fondamental, et de recourir à des solutions à séquestration de carbone par les puits forestiers dans une ampleur limitée. On a une combinaison de solutions pour réduire les émissions à court terme et moins dépendre des émissions négatives sur le long terme.

AE : S’agit-il de laisser les fossiles sous terre ?

HW : Le point d’entrée, c’est de construire des systèmes où on n’a plus besoin de ces énergies fossiles, par exemple dans le cadre de la production d’électricité. Il est sans équivoque qu’aller vers un scénario à 1,5°C demande une réduction extrêmement importante de la part des énergies fossiles dans le mix énergétique mais aussi de traiter les questions que cela pose pour les pays qui en dépendent le plus. Il s’agit de transformer les économies afin de transitionner vers des modèles qui dépendent moins de ces énergies.

AE : Les secteurs économiques sont-ils visés ? Quid des secteurs agricoles et des transports ?

HW : Le rapport développe des analyses détaillées sur l’ensemble des solutions. Le secteur des transports est particulièrement important car il repose presque entièrement sur des carburants à base de pétrole. Des mesures sont envisagées sur l’efficacité des véhicules, sur le report modal, mais aussi le changement de carburant, par exemple l’électrification du parc, le recours aux biocarburants, selon les spécificités des pays. Le rapport met en évidence l’ampleur de la transformation qui doit avoir lieu. A l’horizon 2020 les carburants à basse émission ne représentent que 5% environ de l’ensemble des carburants. Or les scénarios proposent de rehausser de 35% à 65% la part des carburants à basse émission à l’horizon 2050. Il y a une volonté de considérer l’ensemble de ces solutions dans leur contexte dans leur diversité, en fonction des contraintes.

AE : Y’a t-il aussi des mesures envisagées pour réduire la demande en transport, au-delà de la substitution d’un carburant par un autre ?

HW : De fait, plus on va agir sur la demande, sur les comportements, plus on va induire de l’efficacité. C’est une approche originale de ce rapport que de considérer les systèmes plutôt que les secteurs : systèmes énergétiques, systèmes de transports, systèmes agricoles, systèmes urbains. Parmi les points identifiés par le rapport, les changements des modes de planification de l’usage des sols et le développement urbain sont des déterminants fondamentaux pour suivre la trajectoire à 1,5°C. On parle de changement structurel, et non à la marge, de l’ensemble du fonctionnement de l’économie, avec un volet fondamental sur l’évolution des infrastructures, en particulier les infrastructures urbaines. Le chapitre sur les transformations systémiques comporte un long paragraphe qui discute explicitement de transitions rapides et de grande ampleur dans les systèmes énergétiques, dans les systèmes de transport, dans les infrastructures urbaines, dans l’usage des sols, dans les systèmes industriels. La question de l’efficacité s’inscrit au sein de la transformation d’un système et non pas indépendamment d’elle. Passer d’une approche sectorielle à une approche systémique pour faire évoluer les systèmes dans leur ensemble, voilà l’apport des nouveaux scénarios.

AE : En ce qui concerne l’évolution des modes de vie, le rapport fait-il des préconisations ?

HW : La question des modes de vie en général est un aspect fondamental au sein d’un système. Qui dit évolution urbaine dit évolution des modes de vie, des déplacements vers le centre ville, qui vont dépendre du réseau des transports en commun. C’est pourquoi grouper ensemble la question urbaine et la question des infrastructures a été un point crucial du rapport. Le changement systémique concerne aussi la question des modes de vie.

AE : Que dit le rapport sur la géo-ingéniérie ?

HW : A la différence des technologies d’émissions négatives qui cherchent à retirer du carbone de l’atmosphère, la géo-ingénierie cherche à agir sur le système climatique sans agir sur la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Elle n’est pas traitée dans le rapport, parce qu’en l’état actuel des recherches on n’est pas capable de quantifier les caractéristiques des solutions de géo-ingéniérie. De plus, de telles solutions ne prennent pas en considération d’autres effets de la concertation de carbone dans l’atmosphère comme l’acidification des océans. Les évaluations faites montrent qu’il est tout à fait possible d’aller vers 1,5°C sans recourir à ces technologies.

AE : Est-ce qu’on peut stabiliser la température globale à 1,5°C en tenant compte de l’équité ?

HW : Le rapport met l’équité au centre. Les scénarios à 1,5°C demandent à tous les pays de faire des efforts importants en termes de réduction de gaz à effet de serre. Ils invitent à mettre la question de l’équité au cœur de la question en fonction des réalités sociales de chaque pays. On vise un mix de politiques que les pays peuvent s’approprier de manière spécifique à chaque contexte. Par ailleurs la coopération internationale demeure la condition nécessaire, un critère critique pour les pays en développement et les régions les plus vulnérables. C’est l’objet du Dialogue de Talanoa qui va se dérouler en marge de la COP 24 d’avoir cette discussion collective sur l’équité des transitions.

AE : Comment s’est passée l’adoption du rapport ?

HW : Le présent rapport est accepté par tous les pays membres du Giec. Chaque ligne est passée par une approbation en plénière. Concrètement il y a un consensus sur le rapport et sur le résumé à l’attention des décideurs. Cette semaine tous les pays ont participé de façon intense et constructive. On se retrouve dans une salle avec des centaines de paires d’yeux qui regardent le même texte selon leur propre point de vue. L’exercice qui a été fait cette semaine a été d’essayer d’extraire les éléments pertinents pour la décision politique et de s’assurer que le rapport était équilibré. Les discussions n’ont pas altéré le contenu du rapport mais ont permis de clarifier certains points.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/Giec-Il-est-possible-de-realiser-objectif-de-1-5-sans-recourir-a-des-technologies-controversees-32136.php4#xtor=ES-6

ENVIRONNEMENT | Gestion de l’eau: l’union, et l’urgence, font l’action dans le Sud-Ouest

17/10/2018 | Face au déficit en eau du bassin Adour Garonne, actuel et futur, les acteurs du Sud-Ouest ont présenté ce 17 octobre des axes d’actions communs qu’ils s’engagent à mettre en oeuvre rapidement

Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie, Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine, Pascal Mailhos, Préfet de bassin, Martin Malvy, Président du comité de bassin Adour-Garonne et Guillaume Choisy, DG de l’Agence de l’eau
Martin Malvy, Président du comité de bassin Adour-Garonne, Pascal Mailhos, Préfet de bassin, Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie, et Alain Rousset, Président de la Région Nouvelle-Aquitaine, après s’être formés en « G4 » lors d’une première rencontre en avril dernier, ont lancé ce mercredi matin un programme d’actions commun concernant la gestion de la ressource en eau dans le grand Sud-Ouest. « La concrétisation d’un constat et d’une prise de conscience commune face à la gravité de la situation hydrique du bassin versant Adour-Garonne alliée à la volonté d’agir de suite face à cette situation. », synthétise Pascal Mailhos.
Alors que le département de l’Aude en région Occitanie, s’est vu en quelques heures noyé sous les eaux, le bassin versant Adour Garonne enregistre à l’année, un déficit d’étiage de 200 M m³, avec 43 % de ses cours d’eau qui n’atteignent pas les objectifs d’étiage posé par le SDAGE. « C’est tout le paradoxe du changement climatique, il tombe autant d’eau qu’auparavant mais avec des événements climatiques d’une violence incroyable, note Alain Rousset. Le problème c’est que nous ne savons pas la retenir ». Un déficit qui a des impacts négatifs tant en terme de salubrité publique et d’eau potable, que sur les activités économiques, la qualité des eaux des fleuves et rivières et la biodiversité. Un déficit pouvant également être source de crises ou de conflits entre les différents usagers de l’eau qu’ils soient agriculteurs, citoyens ou industriels etc…

Et les perspectives, dans la droite ligne des avertissements du dernier rapport du Giec ou du rapport régional Acclimaterra, ne sont pas bonnes. D’ici à 2050, et au regard d’un scénario de réchauffement climatique « optimiste » de 2°C, les débits devraient encore baisser de 20 à 40% dans nos cours d’eau, les massifs montagneux devraient perdre 45 à 65% d’enneigement et le déficit hydraulique afficherait 1,2 milliard de m³… Si Martin Malvy reconnaît « qu’il sera totalement impossible de compenser ce déficit », l’objectif des 4 partenaires réunis ce 17 octobre à l’Hôtel de région de Nouvelle-Aquitaine est bien de limiter la casse au maximum et au plus vite… Pour ce faire, les deux régions à travers leur Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET) respectifs et le Comité de bassin par son Plan d’adaptation voté en juillet dernier, en lien avec l’Etat, s’engagent dans « une stratégie commune en actant les mêmes solutions et les même choix. »

« Economiser et améliorer l’existant ne suffira pas »

Concrètement ce sont 5 axes qui sont désormais totalement partagés par ces acteurs, à commencer par « faire des économies d’eau, tout secteur confondu. Consommer moins, c’est prélever moins dans le milieu. Il faut aussi y veiller en ce qui concerne les fuites sur les réseaux d’eau. Sur le bassin, 1 litre sur 4 est perdu dans le Bassin, au plan national, c’est 1 sur 5 », précise le préfet Pascal Mailhos. Deuxième axe « profiter des capacités naturelles pour retenir l’eau et préserver la ressource », troisième axe : optimiser les réserves déjà existantes. Mais « économiser et améliorer l’existant ne suffira pas : on ne pourra éviter la création de retenues nouvelles », s’accordent les quatre intervenants, bien conscients que « c’est un sujet complexe qui engendre des oppositions farouches mais à propos duquel, il faudra avoir des discussions communes autour d’une même table ».
Enfin, il s’agira aussi pour les uns les autres, de soutenir l’émergence de nouvelles filières en s’appuyant sur les acquis de la recherche et des bonnes pratiques, et de lutter activement contre l’artificialisation et l’érosion des sols. « Notre modèle d’occupation de l’espace vide les centres-bourgs et détruit les espaces naturels et les terres agricoles. Désormais c’est l’équivalent d’un département qui disparaît tous les 5 ans sous le poids de l’artificialisation. Pour lutter contre ça, il faut notamment coordonner les politiques d’urbanisme et d’habitat, et sanctuariser les terres agricoles dans les SRADDET, comme l’a fait la Nouvelle-Aquitaine et s’apprête à le faire l’Occitanie », cite en exemple Pascal Mailhos.

L’eau, « grande priorité » du Sud-Ouest

Mais au-delà de ces 5 axes politiques communs quant à la préservation de la ressources, ce « 4 G », faisant de l’eau « une grande priorité du Sud-Ouest, vise aussi à la mise en œuvre de mesures immédiates ». Parmi elles, Martin Malvy retient notamment « la création d’une plate-forme constituée de 3 personnes pour rechercher et mettre en lumière les bonnes pratiques et expérimentations existantes dans le monde en faveur d’une meilleure gestion de la ressource ». Une plate-forme qui sera financée à 50% par le Comité de Bassin et 50% par les deux régions. Sur l’optimisation des réserves d’ores et déjà existantes, Guillaume Choisy, directeur général de l’Agence de l’eau Adour Garonne, estime, que celles-ci représentent actuellement une capacité annuelle de 166 M m³ d’eau, « on pourrait passer à 400 M de m³ chaque année ».
Sur les autres pistes particulièrement mises en avant, Carole Delga soutient quant à elle fermement la nécessité d’investir dans la réutilisation des eaux usées, et plus globalement sur la réfection du réseau d’eau usé. « Pour l’heure nous avons un système unitaire, mêlant eaux usées et eaux pluviales. Il faudrait passer à un système de collecte séparatif, qui permettrait des utilisations d’eau différentes . C’est une solution qui permettrait des économies, des économies en eau potable mais aussi amènerait à un redimensionnement à la baisse non négligeable des structure d’épuration d’eau, et donc une moindre artificialisation des sols. »
Pour autant, malgré la volonté forte affichée par ces acteurs politiques et institutionnels, une grande part de la gestion de l’eau (des barrages hydro-électriques, au traitement et réseau d’eaux usées) et donc des actions envisagées par cette entente, passent entre les mains et les infrastructures de grands groupes délégataires auprès desquels il faudra aussi obtenir gain de cause.

http://www.aqui.fr/environnements/gestion-de-l-eau-l-union-et-l-urgence-font-l-action-dans-le-sud-ouest,17599.html

Aude: Non, les inondations n’ont pas été provoquées par l’ouverture de barrages

FAKE OFF Contrairement à ce qu’affirment des rumeurs, les inondations meurtrières qui ont frappé l’Aude ne sont pas dues à l’ouverture de barrages…
Publié le 17/10/18 à 18h11 — Mis à jour le 17/10/18 à 18h11

Trèbes, dans l’Aude, le 16 octobre 2018. — H. Ménal
Des internautes affirment que les inondations dans l’Aude ont pu être provoquées par l’ouverture de barrages locaux.
Ce type de rumeur ressurgit à chaque inondation d’ampleur, selon un hydrologue interrogé par 20 Minutes.
Elles n’ont toutefois rien de fondé, et font l’amalgame entre différents types de barrage, comme sur leur fonctionnement.
Alors que le bilan des inondations qui ont ravagé l’Aude, dans la nuit de dimanche à lundi, s’élève désormais à 14 morts, l’ampleur des dégâts suscite des interrogations aux accents parfois complotistes chez certains internautes.

« Pourquoi les digues ne fonctionnent pas ? Un barrage éclaté peut remplir les villes alentour, est-ce [le cas] ? […] » s’interroge ainsi une vidéo YouTube consacrée au sujet. A l’instar d’un commentaire publié sur la plateforme : « Je me demande si les écluses, barrages et autres [n’ont] pas la consigne de s’ouvrir pour éviter d’inonder les grandes villes ? Car à voir tous les petits villages qui ont pris jusqu’à 3 mètres d’eau je me pose la question….. Mais il [n’y] aura jamais de réponse concrète à cette question. »

Sur Twitter, on retrouve le même type de questionnement : « Quelqu’un a-t-il fait le rapprochement avec un ou des éventuels lâchers de barrage en amont ? »

Les dégâts humains et matériels importants causés par les inondations s’expliquent toutefois naturellement, comme le détaillent deux spécialistes à 20 Minutes. Jean-Marie Aversenq, directeur général des services du Syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (SMMAR), un syndicat de l’Aude visant à amoindrir les risques d’inondation, ne cache pas sa colère face à ce type de rumeur : « Je ne sais que répondre à ce genre de théorie complotiste… Non, il n’y a aucune consigne de gestion sur l’ouverture des barrages pour préserver les villes en inondant de préférence les villages. »

« La majorité des ouvrages [de l’Aude] sont dits « passifs » : ce sont des barrages écrêteurs de crue, qui se remplissent progressivement et amoindrissent les risques [d’inondation]. Ces ouvrages sont, pour la plupart, construits pour faire face à une crue centennale. Quand vous faites face à un épisode hors norme, […] comme c’est le cas avec les 300 mm d’eau qui sont tombés au mètre carré en 6 heures, toutes les infrastructures du monde ne pourront pas empêcher [des inondations] » poursuit-il.

Le caractère exceptionnel de l’évènement explique en effet l’inefficacité des dispositifs en place, comme le confirme Pierre Javelle, chercheur et hydrologue à l’Institut national de recherche en sciences et technologie pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA) : « Les barrages écrêteurs de crue n’ont eu aucun impact, ils étaient transparents puisqu’ils se sont remplis très vite. Leur volume n’est pas conçu pour supporter de tels débits : s’ils n’avaient pas été là, ça n’aurait rien changé. »

https://www.20minutes.fr/societe/2356243-20181017-aude-non-inondations-provoquees-ouverture-barrages

Va-t-on bientôt manquer d’eau potable ?

Publié le 14/10/2018 à 07:03, Mis à jour le 14/10/2018 à 07:13

https://www.ladepeche.fr/article/2018/10/14/2887938-va-t-on-bientot-manquer-d-eau-potable.html?mediego_euid=224911#xtor=EPR-1-%5BNewsletter%5D-20181014-%5Bclassique%5D

D’ici quelques décennies, il n’est pas sûr que le geste, habituel , d’ouvrir le robinet pour voir couler de l’eau potable le soit encore. En effet, si rien n’est fait pour modifier nos habitudes et préserver la ressource, ce scénario va inévitablement se produire, y compris en Occitanie, une des régions les plus menacées en France par le changement climatique. N’en déplaise aux climatosceptiques, les projections des experts à l’horizon 2050, qui font état d’une hausse des températures évaluée entre 1,5 et 2 degrés, font froid dans le dos. «Dans le bassin Adour-Garonne, on prévoit une baisse de 40 à 50 % du débit d’étiage dans les 120 000 km de rivière, en particulier dans le fleuve Garonne, et une chute de 60 % de l’enneigement dans les massifs.» explique Guillaume Choisy, le directeur général de l’agence de l’Eau Adour-Garonne qui couvre les régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie.

Pour anticiper les problèmes, immenses, que ces pénuries d’eau annoncées engendreraient, tant pour les habitants, les animaux, les poissons, que pour l’agriculture ou l’industrie, un plan d’adaptation au changement climatique (PACC) a été adopté. Il s’agit, pour l’Agence et ses partenaires, qu’ils soient élus, usagers ou professionnels de l’économie, de mettre en œuvre une stratégie collective pour éviter, autant que possible, la catastrophe annoncée.

«Aujourd’hui, on ne sait pas traiter toutes les pollutions»
De l’eau, il en tombe beaucoup sur le bassin Adour-Garonne. 93 milliards de mètres cubes environ. On en consomme 2,4 milliards pour l’alimentation en eau potable, pour l’agriculture et l’industrie. L’équation paraît donc simple et rassurante : il resterait un peu plus de 90 milliards de m3. Pas de quoi s’inquiéter ?

En réalité, les milliards de données numériques accumulées pendant des années et moulinées par les algorithmes de l’Agence de l’eau crachent d’autres scénarios, infiniment plus complexes. En effet, l’eau s’évapore, s’infiltre dans le sol, réduisant de fait le volume de la ressource. Si l’on ajoute les besoins des nouveaux habitants, qui, par dizaines de milliers, s’installent chaque année dans les agglomérations surchauffées l’été et sur les berges du fleuve Garonne, ceux croissants liés à l’économie, la perspective d’une ressource inépuisable et surtout disponible s’éloigne davantage… même si, en théorie, le volume global de l’eau reste le même.

Des phénomènes de salinisation observés dans l’estuaire de la Gironden
Encore faut-il que l’eau qui coulera dans nos robinets et nos rivières soit d’une qualité suffisante, ne serait-ce que pour maintenir la biodiversité. Or, là aussi, l’équation est compliquée. Car qui dit baisse du niveau de l’eau dans les rivières, dit concentration des polluants, des résidus médicamenteux qui, s’ils ne sont pas traités, risquent d’intégrer la chaîne alimentaire. «Aujourd’hui, malgré les efforts de recherches, on ne sait encore pas tout traiter. Avec des volumes trop réduits, on se met en danger» précise Guillaume Choisy. D’autant que la sécheresse accélère l’eutrophisation et les risques de voir se développer des bactéries. Déjà, des phénomènes inquiétants de salinisation, liés à la remontée de l’eau de mer en période d’étiage notamment, sont observés dans l’estuaire de la Gironde.

Au-delà des conséquences sur notre santé, la raréfaction de l’eau, dont le prix pourrait suivre une courbe inverse, pénalise l’économie. «La nécessité d’un approvisionnement régulier en eau est un élément mal connu, mais essentiel. En Aquitaine, une entreprise alimentaire de 2000 salariés, spécialisée en bio, contractualise avec des acheteurs sur des volumes fixés à l’avance. Elle ne peut pas se permettre, en cas de fortes chaleurs, de voir la production de ses fournisseurs se réduire, au risque d’impacter son modèle économique. Du coup, cette entreprise a commencé à se fournir dans des régions du nord de la France, moins exposées au risque de sécheresse» ajoute Guillaume Choisy. En raison du réchauffement, des entreprises viticoles et des arboriculteurs cherchent à délocaliser vers des cieux moins secs pour anticiper les éventuelles baisses de production, ou l’accroissement des maladies.

Le premier enjeu : économiser l’eau

Face à ces constats, alarmants, des solutions existent. Elles supposent de modifier, et vite, nos habitudes. Le premier enjeu, c’est d’économiser cette eau essentielle à la vie. Et des signes positifs sont enregistrés. «Les agriculteurs font des efforts pour réduire les intrants chimiques. On estime qu’une baisse de 25 % des apports ne fragilise pas le modèle économique des exploitations. En raison d’une amélioration des pratiques, d’une irrigation nocturne, d’assolement en rotation, de la mise en place d’un couvert végétal, nous économisons 100 millions de m3 par an» affirme-t-il.

Adapter les territoires, les filières, modifier les modèles agroéconomiques constituent autant de pistes à développer, parallèlement aux recherches entreprises pour développer des plantes qui supportent davantage la sécheresse. Dans les métropoles de plus en plus surchauffées l’été, des solutions bioclimatiques sont testées pour lutter contre le phénomène des îlots de chaleur, dont les effets démultiplicateurs sur la mortalité humaine induits par la hausse des températures inquiètent. Toulouse teste des pavés rafraîchissants importés du Japon, aménage des îlots de verdure alimentés par des eaux recyclées, végétalise pour rafraîchir.

Pour limiter l’accroissement de la consommation, l’agence de l’eau développe des zones humides en réutilisant les eaux retraitées des stations d’épuration, plutôt que la pomper dans les rivières. «Ce sont des solutions naturelles» ajoute Guillaume Choisy.

Ces efforts, engagés depuis plusieurs années, commencent à être visibles. Sur le bassin Adour-Garonne, la consommation d’eau a été stabilisée alors que plus d’un million d’habitants s’y sont installés. «Ce sont des efforts conjoints. Les gens prennent moins de bains. Les concessionnaires traquent les fuites qui, sur le bassin Adour-Garonne, représentent 90 millions de M3 chaque année. Le fait que les gens partagent un même constat est un atout», dit-il.

«S’adapter ou disparaître»
Dans le cadre du plan d’adaptation aux changements climatiques, la question du stockage est, à l’image de la préservation de la ressource, un enjeu important. Pour injecter, chaque année, 100 millions de m3 dans les rivières afin de soutenir les débits et préserver la biodiversité, encore faut-il en disposer. Sur le territoire de l’agence de l’eau Adour Garonne, 30 millions de m3 sont en projet, soit en rehaussant certains barrages, soit en créant de nouveaux sites de stockage. «Ils servent à réalimenter les rivières, à maintenir ou développer les pratiques économiques, notamment dans les vallées», explique le directeur. Actuellement, à peine 7 % des 300 millions de m3 d’eau stockés dans les Pyrénées pour l’hydroélectricité servent à soutenir l’étiage de la Garonne. L’objectif est d’atteindre 20 % lors du renouvellement des concessions.

De l’avis de tous les spécialistes, il y a urgence à changer collectivement nos pratiques, en espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard. «Le changement climatique, avait récemment prévenu Martin Malvy, président de l’agence Adour-Garonne, se résume ainsi : «S’adapter ou disparaître».