La durabilité à l’épreuve de l’économie

Posté le 23 avril 2019 par Pierre Thouverez dans Entreprises et marchés

Il est à première vue difficile d’intégrer la notion de durabilité dans le système économique tel qu’on le connaît. En effet, ce dernier obéit à des temporalités courtes, ne se soucie pas a priori de l’état des ressources qu’il consomme, ni plus globalement de la durabilité de ce qu’il finance.

Pour simplifier, dans le système – capitaliste et libéral – qui est le nôtre, l’activité économique détruit l’environnement.

En y ajoutant la notion de durabilité on le rend pérenne. Facile. Sauf que la durabilité est une chose simple à projeter mais extrêmement complexe à mettre en place pratiquement. Parce que l’évaluation de la durabilité économique d’une activité prend en compte l’intégralité de son cycle de vie.

Ainsi les véhicules électriques, s’ils ne produisent pas de CO2 pendant leur fonctionnement, nécessitent pour la fabrication de leur batterie des métaux rares qui, eux, sont très émetteurs de CO2.

Il en est de même dans une certaine mesure pour les éoliennes et les panneaux solaires.

Les crédits carbone sont un autre exemple. Mis en place pour permettre aux industriels de compenser leurs émissions de GES, il est aujourd’hui devenu un instrument de spéculation, et le moyen pour certaines entreprises de s‘acheter une image de durabilité sans rien changer de leurs pratiques non durables.

Des synergies ?

Autre exemple, le recyclage : selon un rapport de l’ADEME datant de 2002, le recyclage est une solution pertinente pour certains matériaux comme l’acier, l’aluminium ou le verre. Par contre, le recyclage du plastique est plus épineux. S’ils se substitue entièrement au plastique vierge dans les produits transformés, le plastique recyclé fait sens. Si le plastique recyclé est utilisé à la place du bois pour fabriquer des meubles, mieux vaut alors l’incinérer. Même chose pour les papiers et cartons : l’utilité écologique de leur recyclage dépend de plusieurs paramètres locaux comme la présence d’un incinérateur par exemple.

Du coup, une question émerge : étant donné que la notion de développement durable oblige à prendre en compte des contraintes – finitude des ressources, besoins – qui constituent des freins au développement économique, le développement durable et l’économie peuvent-ils être synergique ?

La réponse est non. L’économie de marché que nous connaissons se nourrit d’une croissance perpétuelle et régulière dans le temps. Tel quel, il n’est pas adapté, par définition, pour faire émerger des modèles durables soucieux de la gestion des ressources et des impacts environnementaux.

Ce que l’on observe via les exemples évoqués ci-dessus, c’est que les modèles économiques durables mis en place – pour le recyclage par exemple – sont contraints de s’adapter à la réalité économique. Pas le contraire. L’exemple de l’économie circulaire illustre bien cette adaptation.

Cela est connu, et cela ne changera pas. Ou pas assez vite par rapport à l’évolution des problématiques écologiques que nous connaissons.

Une illusion

Ainsi, la vision du développement durable comme une façon de concilier la croissance économique avec la protection de l’environnement et la cohésion sociale est une douce illusion. Et un contresens par définition.

Le cas de l’éolien en France en est le symbole. Longtemps subventionné pour rendre son prix de vente compétitif, l’électricité éolienne est artificiellement “boostée” par l’État dans le cadre de la transition énergétique.

Et même si le prix de l’éolien terrestre en France est aujourd’hui compétitif, l’État continue à garantir l’achat de l’électricité produite pour favoriser le développement de la filière. Cet exemple, loin d’être isolé, montre que beaucoup de solutions durables doivent être “accompagnées” pour pouvoir exister économiquement.

Les subventions destinées à encourager l’achat de véhicules électriques participent du même mouvement.

Mais le tableau n’est pas si noir. Pour une raison : l’innovation. Qui aurait cru il y a 20 ans que l’électricité solaire ou éolienne serait aussi rentable aujourd’hui ? L’innovation dans ces domaines a permis et permettra d’atteindre des niveaux de rendements exceptionnels.

D’ailleurs, le stockage efficace de l’énergie éolienne est probablement l’innovation qui permettra à l’éolien de se faire une place définitive dans le marché énergétique français et mondial, même si des solutions efficientes existent déjà. Entre-temps, il faudra que l’innovation permette à la filière éolienne de résoudre une autre problématique, celle de son empreinte écologique.

On en est loin. Mais si développement durable et économie de marché sont par essence incompatibles, la première option pour intégrer un modèle durable dans l’économie actuelle est bel et bien l’innovation.

Pour aller plus loin
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L’éolien à tout prix, une impasse écologique

EDOUARD TETREAU / Associé-gérant de Mediafin Le 06/02 à 07:20
 
Malgré des dizaines de milliards de subventions détournées du pouvoir d’achat des Français (sous forme d’impôts), l’éolien est l’une des énergies les moins rentables du mix énergétique français.
 
CHRONIQUE – D’un côté, les pouvoirs publics encouragent l’installation de coûteuses éoliennes qui défigurent le paysage et ne produisent que par intermittence. De l’autre, Bruxelles décourage l’hydroélectricité en voulant détruire barrages et moulins au nom de la continuité des cours d’eau. Où est la logique écologique ?
C’est un des mystères français les plus intrigants de notre époque : alors que des milliers d’éoliennes fleurissent sur le territoire, des dizaines de milliers de moulins, barrages, retenues d’eau, lacs, écluses et biefs sont voués à la destruction administrative.
 
Pour paraphraser la formule du général de Gaulle, l’écologie étant une affaire bien trop sérieuse pour la confier à des écologistes, tentons de l’aborder ici en novice et sans parti pris.
 
Dans un ouvrage aussi courageux que documenté (*), Pierre Dumont et Denis de Kergorlay détaillent ce naufrage annoncé qu’incarne le parc éolien terrestre français. 7.000 éoliennes, de plus en plus nombreuses (objectif 50.000 à horizon 2050) et de plus en plus grandes, font couler toujours plus de béton dans la terre ; massacrent nos paysages, constitutifs de notre patrimoine et de notre identité ; font la fortune d’une poignée de financiers, d’industriels et d’agriculteurs plus chanceux ou connectés qu’avisés.
 
Frankestein écologique
Avec ces cornes d’abondance de béton et de métal mêlés, viennent leurs corollaires : la prévarication, la pollution des terres, la mise en danger de la faune animale, des oiseaux et des chauve-souris. N’en jetez plus ? Ah, si, un dernier détail : malgré des dizaines de milliards de subventions détournées du pouvoir d’achat des Français (sous forme d’impôts), l’éolien, cerise sur le gâteau, est l’une des énergies les moins rentables du mix énergétique français : deux fois le coût du nucléaire ; 57 % plus cher que le solaire ; et l’intermittence de cette énergie oblige à doter les éoliennes de moyens de production pilotables… émetteurs de CO2 ! En langage de Millennials, cela s’appelle un vent.
 
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Ce Frankenstein écologique est le fruit de deux des pires maux français actuels : d’abord, l’option préférentielle pour l’idéologie et l’affichage politique plutôt que les faits : les éoliennes sont ruineuses et nuisent à l’environnement, et alors ? Ces monuments visibles de « l’action en faveur du climat » – périphrase qui ne signifie rien – sont la preuve vivante que les politiques font de l’écologie. L’objectif est atteint. Ensuite, le jacobinisme bureaucratique, peu importe qu’il soit parisien ou bruxellois, s’impose à la connaissance et l’initiative locales.
 
Alors que se déploient sur tout le territoire ces verrues verticales polluantes, l’on a décidé, entre Paris et Bruxelles, qu’il fallait condamner à mort des milliers d’ouvrages, souvent centenaires et parfaitement intégrés au paysage, produisant une énergie alternative millénaire particulièrement compétitive : l’eau.
 
La France, avec 74 fleuves, 416 rivières, 1.714 canaux et 1.288 torrents, est dotée d’un gigantesque potentiel hydroélectrique . S’il existe un débat d’experts sur le chiffrage exact de ce potentiel (entre 10.000 et 40.000 mégawatts), l’Agence internationale de l’énergie (rapport 2017) l’évalue à 25.000 mégawatts, soit davantage que le potentiel des énergies fossiles ; cinq fois celui du solaire, trois fois celui de l’éolien. Et avec des installations, basses, qui se fondent naturellement dans nos paysages, respectant l’environnement, tout en stimulant l’activité et les centaines de milliers d’emplois de la filière BTP-construction. Des emplois non délocalisables, à la différence des productions de photovoltaïques et d’éoliennes, très loin du territoire français.
 
Des ouvrages menacés
Pourquoi cette ruée vers l’or de l’eau n’a pas encore eu lieu ? D’abord à cause de Bruxelles : au nom du principe de la continuité écologique, la directive-cadre sur l’eau (2000) impose à la France de détruire tout ce qui pourrait faire entrave au cours de l’eau, rivière par rivière. Les ayatollahs de l’écologie politique s’engouffrent dans cette brèche curieuse (imagine-t-on l’équivalent sur la terre ferme, où il faudrait détruire tout ce qui fait « entrave » à la nature ?) et, aidés en cela par des administrations zélées, poussent les services de l’Etat à une véritable frénésie destructrice. En Seine-Normandie, en Artois-Picardie, en Loire-Bretagne, ce sont des milliers d’ouvrages, du simple moulin jusqu’aux barrages de la Sélune, que l’on veut détruire avec l’argent public, le plus souvent contre l’avis des populations locales .
 
Les idéologues, les administrations parisiennes et Bruxelles auront le dernier mot ; et tant pis si la réalité de la nature et le mystère de la vie vont à rebours de ces dogmes : ce n’est pas parce que vous interrompez un cours d’eau que les grenouilles, puis les poissons, ne vont plus s’y déployer en abondance. Au contraire. Simplement, pour comprendre ces phénomènes, il faut non pas tracter, tweeter, ou faire du lobbying rue de Grenelle. Mais aller au contact de la nature ; arpenter les lacs et les rivières ; faire preuve aussi d’une forme d’humilité, si étrangère aux écologistes militants qui veulent façonner le monde et ses habitants à leur image.
 
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Ce deux poids, deux mesures est révélateur. Pour les éoliennes, le pouvoir politique lève les obstacles et promeut une industrialisation des campagnes. Contre l’hydroélectricité, il s’érige en défenseur d’une vision dogmatique de l’écologie où la nature n’est belle que débarrassée de l’empreinte de l’homme, et tant pis si cette empreinte est là depuis des siècles.
 
Le moment est venu, pour ceux qui ont la véritable écologie au coeur – non pas ce militantisme de l’homme et de l’environnement nouveaux, mais bien, étymologiquement, cette « science de la maison », de la terre que nous habitons – de s’investir dans le grand débat. Et de faire valoir une vision plus humaine, plus humaniste et plus respectueuse de notre terre.
 
(*) « Eoliennes : chronique d’un naufrage annoncé », Editions François Bourin, 2018.
 
Edouard Tétreau est associé gérant de Mediafin.
 
Edouard Tétreau
 

Déployer des parcs éoliens et solaires aiderait le Sahara à verdir

JEAN MICHEL GRADT Le 20/10 à 14:33Mis à jour à 20:15

Implanter nombre considérable d’éoliennes panneaux solaires effet doubler précipitations, notamment Sahel, affirme récente étude.
Implanter un nombre considérable d’éoliennes et de panneaux solaires aurait pour effet de doubler les précipitations, notamment au Sahel, affirme une récente étude. – Shutterstock

Cette étude montre que, déployés sur de très grandes échelles, ces parcs pourraient dynamiser la végétation au Sahara et au Sahel.
Parsemer le Sahara de parcs éoliens et solaires, l’idée n’est pas nouvelle. En théorie, ils produiraient assez d’énergie renouvelable pour satisfaire la demande mondiale d’électricité. Mais les bénéfices de tels projets ne se limitent pas à l’énergie : selon une étude publiée en septembre dans la revue Science ces mêmes installations rendraient le désert du Sahara et le Sahel voisin plus verts.

La modélisation montre en effet qu’installer trois millions d’éoliennes et panneaux solaires sur 20 % de la surface du désert du Sahara (soit 9 millions de kilomètres carrés) « aurait pour effet de causer un doublement des précipitations », note avec intérêt l’ONU Environnement.

Comment ? Pour schématiser, en modifiant la circulation des masses d’air pour les éoliennes, et en augmentant la température au niveau du sol pour les centrales solaires, les énergies renouvelables pourraient conduire à une augmentation des pluies au Sahara, les précipitations passant de 0,24 à 0,59 mm par jour.

Les chercheurs, qui ont obtenu ces résultats grâce à un modèle climatique qui intègre une dynamique de la végétation, estiment que la région la plus susceptible de bénéficier des telles installations est le Sahel, une terre aride qui s’étend du Sénégal à Djibouti.

« L’augmentation de précipitations la plus importante se produirait dans le Sahel, avec une magnitude de changement comprise entre +200 et +500 mm de précipitations par an, ce qui est suffisamment important pour avoir des impacts écologiques, environnementaux et sociétaux majeurs ».

Lever les obstacles
L’ONU pointe cependant trois obstacles majeurs à ce type de projets. Le premier est d’ordre politique. Pour qu’un tel plan fonctionne, « il suppose le soutien politique de toutes les parties concernées, y compris celui de groupes actuellement qualifiés de terroristes », écrit l’organisation internationale.

Obstacle naturel ensuite, avec les tempêtes de sable qui pourraient endommager les installations ou nuire à leur rendement. L’argent enfin. La maintenance d’un système solaire/éolien de cette taille pourrait s’avérer « un défi énorme et très coûteux, si la construction de routes dans le désert devait être envisagée ».

Lancé début 2010, le projet Desertech, qui visait à produire de l’électricité au Sahara pour l’acheminer en Europe, a échoué. Un échec qui n’a pas dissuadé le Maroc d’inaugurer en février 2016 la première tranche de la centrale solaire de Noor. Et de persévérer : Noor Ouarzazate III sera en effet livrée à la fin de l’année. Une preuve que s’agissant du climat, ce qui paraissait compliqué hier pourrait s’avérer nécessaire demain.

Même si la communauté internationale n’est toujours pas en mesure d’ atteindre les objectifs de l’Accord de Paris , « des objectifs ambitieux s’appuyant sur des informations scientifiques rigoureuses et une volonté politique internationale sont le meilleur espoir que nous ayons pour éviter d’atteindre un point de basculement, où quoi que nous fassions sera insuffisant et trop tardif », prévient Niklas Hagelberg, spécialiste des changements climatiques à ONU Environnement.

Jean-Michel Gradt

https://www.lesechos.fr/…/0302420048193-deployer-des-parcs-…

Éolien, CO2 : une politique énergétique absurde

La politique énergétique actuelle semble méconnaître les faits et la logique.

Par Jean-Pierre Bardinet.

Il y a quelque temps, le ministère de la Transition Écologique et Solidaire (qui n’a rien d’écologique ni de solidaire…) a lancé une consultation publique concernant un projet de décret relatif aux éoliennes terrestres et portant diverses dispositions de simplification et clarification du droit de l’environnement.

Que de manière jésuistique ces choses-là sont dites, car il s’agit en fait de supprimer toute possibilité de recours aux associations de riverains et/ou aux associations nationales telle la FED.

Bref, ce projet de décret, émanant de la Commission Lecornu a pour seul objectif de supprimer toute entrave juridique ou administrative à l’implantation d’usines éoliennes partout en France et à laisser les promoteurs avides faire ce qu’ils veulent.

Bien évidemment, comme de coutume, sous couvert de démocratie participative, les conclusions de cette consultation sont déjà connues et ne subiront très vraisemblablement aucun amendement.

J’ai néanmoins participé, sans me faire aucune illusion, en déposant deux commentaires (le premier pour rappeler qu’en matière de production d’électricité ils n’ont rien compris, que leur politique énergétique est totalement incohérente et catastrophique pour notre pays, et le second pour me défouler face à la lourde machinerie techno-bureaucratique, adepte inconditionnelle des thèses du GIEC/IPCC).

UNE POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE INCOHÉRENTE
Les politiques climat-énergie de notre pays (et de la plupart de pays de l’UE) sont fondées sur l’hypothèse non prouvée que nos émissions de CO2 ont une action mesurable sur la température moyenne annuelle globale et sur le climat de notre planète.

Il s’ensuit que les politiques énergétiques privilégient en principe les émissions bas carbone et elles sont censées, en outre, fournir des moyens de production conformes aux standards d’une production rationnelle d’énergie électrique, à savoir :

1. Elle doit être pilotable, adaptable en temps réel aux fluctuations de la demande. En particulier, elle doit être capable de gérer les heures de pointe (HP) et de réduire la production en fonction de la baisse de la demande en heures creuses (HC).
2. Elle doit être indépendante des caprices d’Éole et des cycles de Phébus.
3. Elle doit avoir un impact mineur sur l’environnement et la biodiversité
4. Le réseau de transport ne doit pas être soumis à des fluctuations brutales et aléatoires.
5. Le prix du kWh doit être compétitif.
6. La sécurité d’approvisionnement doit être garantie.
7. Elle doit avoir un bilan carbone vertueux.

Contrairement à ce qui nous est affirmé péremptoirement, le bilan carbone des éoliennes intermittentes est mauvais, de manière indirecte, car la gestion de l’intermittence en temps réel nécessite des centrales thermiques en soutien permanent, obligées de fonctionner en régime discontinu, ce qui dégage encore plus de CO2.

Donc, pour sauver la planète d’un problème vraisemblablement imaginaire, on met en place des filières qui vont à l’encontre de ce qui est souhaité. Comprenne qui pourra !…

Plus généralement, il est facile de vérifier que les éoliennes intermittentes ne satisfont à aucun des standards d’une production rationnelle d’énergie électrique : non pilotables, soumises aux caprices des vents, massacreuses de biodiversité ailée (ce qui perturbe gravement l’équilibre des écosystèmes locaux), sources de nuisances pour les riverains (infrasons), sources de variation brutales du réseau de transport, prix du kWh non compétitif, aucune sécurité d’approvisionnement en HP hivernale du soir, bilan carbone non vertueux, et… racket institutionalisé des ménages (taxe CSPE), ce qui fait que l’on se demande quelle est la justification de leur développement inconsidéré.

Les profits pharaoniques des promoteurs, aux frais des ménages ? Une politique volontariste de décroissance, engendrant misère et graves mouvements sociaux ? Un torpillage en règle du tourisme dans nos belles régions, défigurées par les usines d’éoliennes ? Le soutien dogmatique d’une énergie « verte », alors qu’elle ne l’est pas ? Pour tuer le nucléaire, combat historique des Verts, alors même que son bilan carbone est particulièrement vertueux, ce qui est une seconde incohérence ?

Pour toute personne sensée, les EnR intermittentes, à la technologie du passé, adulées par les chantres de l’écologisme, n’auraient jamais dû voir le jour, car les filières de la surgénération, sur lesquelles travaillent et avancent plusieurs pays, sont bien plus intéressantes.

Bref, l’éolien ne sert à rien et les propositions de la Commission Lecornu, dont l’objectif est de favoriser les implantations d’usines éoliennes en bafouant les droits des citoyens, sont néfastes pour notre pays.

UNE POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE QUI MÉCONNAÎT LA SCIENCE
Posons-nous tout d’abord une simple question : l’hypothèse arbitraire, non prouvée, de l’action mesurable du CO2 sur la température, peut-elle être suffisamment robuste pour servir de socle aux projections des modèles numériques et aux politiques énergétiques ? Voyons si cette hypothèse est validée par l’observation.

Depuis 130 ans, la seule période connue de co-variation CO2 -température est 1978-1997. De 1950 à 1977 (approximativement) la température a légèrement baissé alors que nous étions dans les Trente Glorieuses et que nos émissions de gaz satanique étaient en plein essor.

Auparavant, de 1910 à 1940, la température avait augmenté, avec la même pente que sur 1978-1997, mais avec une très faible croissance du taux de CO2 atmosphérique.

Un autre exemple plus lointain : au Cambrien (-500 à -600 millions d’années) le taux de CO2 a été de plusieurs milliers de ppm, et, de -100 Ma à -500 Ma (avec un minimum de quelques centaines de ppm autour de -300 Ma), la moyenne a été de 2000 ppm, sans que cela ne génère un réchauffement cataclysmique.

Si les modèles numériques tournaient avec en entrée un taux de CO2 de quelques milliers de ppm, ils prévoiraient un emballement incontrôlé et exponentiel de la température, ce qui ne s’est pas produit dans le monde réel. Il est donc légitime de douter de la pertinence de la politique climat-énergie de notre pays.

N’oublions pas que le CO2, quelle que soit son origine, est gaz de la Vie sur Terre : sans lui, pas de photosynthèse, donc pas de végétation, pas de phytoplancton, pas d’oxygène. Il est donc incompréhensible de le considérer comme un polluant et de le taxer. Taxer le gaz de la Vie, n’est-ce pas absurde ?

Cela étant, selon le rapport AR5 du GIEC/IPCC, nos émissions de CO2 ne sont que de 4 à 6% du total des émissions. On nous dit que le CO2 d’origine anthropique s’accumule dans l’atmosphère, son temps de séjour étant estimé par le GIEC/IPCC à une centaine d’années (notons que cette estimation, curieusement, est la seule, 40 autres, provenant de publications scientifiques, mais négligées par le GIEC/IPCC, l’estimant à 8 ans en moyenne).

En fait, le temps de séjour du CO2 dans l’atmosphère, quelle que soit son origine, naturelle ou anthropique, n’est que de 5 à 6 ans environ, et la part de CO2 anthropique dans l’air n’est que d’environ 6% (delta C13).

Donc, même si le CO2 avait une action mesurable sur la température, notre politique climat-énergie, censée agir sur 1% environ du total des émissions mondiales, n’aurait aucun effet, si ce n’est procurer des avantages déraisonnables aux promoteurs de l’éolien (et du solaire), d’augmenter la précarité énergétique, de détruire de l’emploi et de réduire le pouvoir d’achat des ménages. Faire plus absurde, est-ce possible ?

10 mesures nécessaires pour libérer l’énergie éolienne

AURÉLIE BARBAUX EOLIEN , TRANSITION ÉNERGÉTIQUE PUBLIÉ LE 20/01/2018 À 09H00

Après trois mois de réunions, le groupe de travail sur l’éolien a dévoilé dix propositions pour accélérer la concrétisation des projets et améliorer leur acceptabilité au niveau local.
10 mesures nécessaires pour libérer l’énergie éolienne © Aurélie Barbaux

Pourquoi la France est en retard dans les renouvelables
Quelle place pour le renouvelable dans le mix énergétique en 2030?

Installé en octobre 2017, le groupe de travail sur l’éolien terrestre avait pour objectif de trouver des solutions pour gagner du temps sur la durée de projets, simplifier les procédures et apaiser les relations avec les riverains afin, in fine, de doubler la capacité de production issue de l’éolien terrestre entre 2016 et 2023. Aujourd’hui, monter un projet de parc éolien prend de 7 à 9 ans, contre 3 à 4 ans en Allemagne. La France s’est fixée comme objectif d’installer d’ici 2023 entre 21,8 et 25 gigawatts (GW) de capacités de production d’électricité à partir d’éolien. À fin 2017, 13,7 GW étaient installés. Le groupe de travail, piloté par Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, a présenté le 18 janvier dix mesures pour atteindre ce triple objectif.

1 Supprimer un niveau de juridiction pour les contentieux

2 Figer automatiquement les moyens au bout de 2 mois

3 Clarifier les règles pour les projets de « repowering »

4 Réévaluer les zones propices à l’éolien

5 Supprimer l’approbation d’ouvrage électrique

6 Réduire les balisages clignotant

7 Mieux intégrer l’éolien dans les paysages

8 Réserver 20 % de l’IFER éolien aux communes

9 Editer un guide des bonnes pratiques

10 Inciter le financement participatif

https://www.usinenouvelle.com/article/10-mesures-necessaires-pour-liberer-l-energie-eolienne.N640758

Voir aussi :

« Un plan en 10 points pour développer l’éolien en France ».
Portail environnement :

https://www.actualites-news-environnement.com/37717-eolien-…

« 10 mesures nécessaires pour libérer l’énergie éolienne ».
L’usine nouvelle :
https://www.usinenouvelle.com/…/10-mesures-necessaires-pour…

« Dix propositions pour développer l’éolien terrestre ».
Caisse des dépôts du territoire :

https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/…/ContentSer…/…

« L’horizon se dégage pour les éoliennes »
Le point :

http://www.lepoint.fr/…/l-horizon-se-degage-pour-les-eolien…

« Eolien terrestre: dix mesures à venir pour simplifier les règles » .
Le moniteur.fr :

https://www.lemoniteur.fr/…/eolien-terrestre-dix-mesures-a-…

« France: le gouvernement annonce des mesures pour lever les freins à l’éolien terrestre ».
Challenge S :

https://www.challenges.fr/…/france-le-gouvernement-annonce-…

« Nous allons gagner deux à trois ans sur les procédures ».
Les Echos.

https://www.lesechos.fr/…/0301163874501-sebastien-lecornu-e…

Eoliennes : le vent et l’argent du vent

 

 

http://www.economiematin.fr/news-le-vent-et-l-argent-du-vent

 

Tout monopole fermé conduit au suicide économique. La filière éolienne française prend tout droit le chemin du vaste cimetière français des projets absurdes.

La ligne Maginot,  les abattoirs de la Villette, les satellites TDF1, le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier, le GAN, le vaccin H1N1, les portiques de l’écotaxe, etc….ont englouti autant de milliards en pure perte, sauf pour quelques uns…

Constat implacable en novembre 2017 et immense déception du célèbre quotidien écologiste Reporterre qui a réalisé une importante  enquête approfondie sur la filière éolienne française:  jugée tout sauf alternative, dont des membres vont jusqu’à utiliser les codes sexistes les plus lourds du marketing classique pour vendre à n’importe quel prix. Sa conclusion :  « les soucis écologiques pèsent finalement bien peu, les objectifs de réductions de consommation d’énergie semblent bien lointains. Et les problèmes posés par la technologie éolienne restent, eux, au second plan. » 

L’éolien est la solution la plus marginale, la plus discutable, la plus intermittente des énergies renouvelables, mais la plus prisée des spéculateurs financiers. Pourquoi cet engouement malsain ?… Les nouvelles filières émergentes d’énergies renouvelables zéro émission développent des solutions bien plus performantes au niveau économique et technique. Le succès des turbines éoliennes urbaines de Londres ou d’Essen le démontre, comme celui des éoliennes sans mât. L’autoconsommation réduit la facture d’électricité, alors que l’éolien la multiplie par 3 en tarif de production. Injecter une énergie intermittente dans le réseau pour qu’elle revienne à son point de départ est un non-sens technologique et économique.  L’impôt du contribuable va directement enrichir démesurément des promoteurs éoliens, et sans contrepartie. Pourquoi cette injustice?… Un petit noyau d’opérateurs a accumulé en seulement quelques années un pactole privé personnel de près de dix milliards grâce à une taxe publique qui est même payée par les ménages non imposables sur le revenu.

Le loup a trempé sa patte dans la farine, le financier s’est repeint en vert. Créé depuis dix ans, un petit syndicat entre soi, fait de cabinets financiers et d’industriels aux procédés incertains, s’est emparé d’une manne subventionnée à 100%. De nombreux  parlementaires ont qualifié ses méthodes de « discutables ». Grâce à ce monopole et avec quelques connivences politiques et administratives, il a pu négliger toute technique innovante, tout nouvel acteur soucieux du public, pour s’occuper essentiellement de la prospérité fermée de ses membres, faire croire qu’il n’existait qu’une sorte d’énergie renouvelable, la pire. En quelques années, des fortunes considérables y ont été amassées grâce à une taxe obligatoire, payée par les ménages les plus modestes. Bien pire, ces fortunes de l’éolien, totalement subventionnées par le contribuable français, sont souvent logées à l’étranger en toute impunité. Un comble : le nom d’EDF a même été utilisé pour constituer au Luxembourg la fortune la plus insolente d’entre elles.

Et surtout… ça ne marche pas… à prix d’or ! L’Institut Montaigne note dans une analyse de juin 2017:« aucun champion mondial de la fabrication d’éoliennes ou de panneaux photovoltaïques n’a émergé en France, malgré les cinq milliards d’euros de taxes que paient annuellement les consommateurs d’électricité pour soutenir les renouvelables »

Tout cela pour à peine 5% de l’électricité française et même 3.9% seulement selon RTE, le distributeur officiel, avec un rendement annuel ridicule de 20% de la puissance installée…au gré aléatoire…du vent…  sans jamais savoir quand elle arrive. Il faut cinq éoliennes du vieux procédé à hélices pour obtenir la puissance d’ une seule, la pire forme d’électricité et le plus mauvais rapport qualité prix, aux créations d’emplois plus supposées que constatées.  Les sites éoliens sont des déserts télésurveillés de l’étranger sans un seul emploi sur place. Jamais les soi disants emplois créés n’ont été confirmés par aucune statistique officielle, et ils font souvent double emploi avec d’autres activités classiques; conseil, BTP, gestion immobilière, négoce, puisqu’ils sont autodéclarés…! Ainsi que le remarque le quotidien La Croix:  les quelques fabricants français comme Vergnet, Franceole, sont en grande difficulté, de redressements judiciaires en cessation de paiements. Les participations pourtant conséquentes de la BPI accroissent encore l’effort du contribuable vers des risques marqués, car les autres banques refusent désormais de les cautionner. Une grande partie de ces activités est en conversion urgente vers la construction métallique et la serrurerie.

Vers des Jurassic parcs éoliens

Pour  4 à 5 % de son  électricité, la France condamne entre un quart et un tiers de son espace naturel à des engins spéculatifs obsolètes qui deviendront des friches rouillées comme 14 000 autres aux USA (American Thinker), puisque ce sont les mêmes financiers qui les gèrent. Grâce au démarchage de petits maires naïfs, comme l’avaient prédit d’éminents Sénateurs le 21 novembre 2009, et sans créer d’emplois locaux, des centaines de millions d’Euros de mouvements financiers visent avant tout la défiscalisation et la spéculation, avec des marges colossales sur opérations publiques. Le territoire rural français devient une colonie financière, gravement mitée en gruyère sans aucune coordination administrative de monstres de 150 m de haut qui « marchent » l’équivalent d’ 1 jour sur 5 dans l’année et ne créent aucun emploi local.  Et pourtant, le moindre permis de construire d’un garage, d’un poulailler ou d’une fenêtre dans les mêmes périmètres demande des mois de formalités et des dizaines de documents, quand il est accepté.

Bien pire, le service anti corruption du Ministère de la Justice a consacré un long chapitre à ce secteur de l’éolien, assorti d’exemples très parlants, en soulignant qu’il était sans doute l’un des plus exposés à la corruption et à la prise illégale d’intérêts.Toutes ces opérations se font de gré à gré, hors procédure publique de passation de marché. La complaisance inexplicable envers le secteur éolien, si elle se poursuit, nous mènera tout droit en zone grise, proche des dangers des ententes illicites et des pratiques mafieuses, même si une partie de cette profession souhaite l’éviter. On le voit déjà en Italie, en Espagne, au Portugal et dans certaines régions du Royaume Uni, où de nombreux scandales ont éclaté. Une mystérieuse banque arabe, inconnue en Europe, a récemment fait en France l’acquisition de l’un des opérateurs de ce secteur, alors pourtant qu’elle est connue dans son pays pour avoir été impliquée dans d’importants scandales de corruption, selon des sources incontestées comme le Financial Times.

Les dommages collatéraux s’accumulent – une éolienne à moins de 7km tue tout tourisme local en France

La France  premier pays touristique au monde grâce à ses paysages typiques, scie joyeusement la branche sur laquelle elle est assise pour un enjeu dérisoireUn récent sondage (AHTI) sur un échantillon représentatif de 1280 personnes réalisé dans la vallée de la Loire, prouve que 90% des touristes ne reviendront pas ou annuleront leur réservation si une éolienne est située à moins de 7km de leur lieu de résidence.  On peut aussi constater le désastre agricole qui s’annonce comme par exemple le long de l’autoroute A10, par désséchement et érosion des sols dans l’une des plaines les plus riches de France, alors qu’une seule éolienne brasse 38 tonnes d’air à la seconde, soit 6 éléphants, par simple vent de 20kmh. Les biens immobiliers ayant chuté de moitié de leur valeur se comptent désormais par milliers, plongeant souvent des ménages dans des situations catastrophiques. Plusieurs études récentes réalisées en France par des professionnels sur des durées longues( Grangé, Sud Morvan),  et l’analyse de plusieurs décisions de justice montrent clairement des dépréciations de 20 à 40% et même le dépeuplement massif de certaines zones par logements vacants. Ce dernier dommage correspond en valeur à la totalité des investissements dans l’éolien …Une compagnie d’assurances (MMA) a mis sur le marché un produit  de couverture de dépréciation pour ce genre d’évènement. Enfin, la filière éolienne est loin d’être écologique avec désormais le problème de pollution du recyclage des pales d’éoliennes en résine qui atteint le million de tonnes, les huiles industrielles, les lanthanides ultra polluantes dont l’extraction pollue plus que le nucléaire, les milliers de tonnes de béton enfouies dans le sol dont les ferrailles vont se réveiller pour acidifier les sols, les décès d’ouvriers maintenance à grande hauteur, les accidents aériens inexpliqués comme celui de ChateauThierry. etc…

Le chant du cygne : l’éolien cherche à ramasser les dernières miettes du festin

Un vice terrible de raisonnement consiste à essayer de faire croire que la France « ne remplit pas ses objectifs » par rapport à Bruxelles. Or, comme le dit très bien la Cour des Comptes dans son rapport de 2015,  il suffit de lire la nouvelle Directive Energie Renouvelables, non encore appliquée en totalité par la France, pour constater qu’elle corrige totalement l’ancienne;  Bruxelles parle d’objectifs d’énergies renouvelables et non plus d’énergie éolienne. L’éolien est la moins performante et la plus infime des énergies renouvelables par rapport à l’hydraulique, à la géothermie, et maintenant aux nouvelles filières zéro rejet CO2. Bien pire, Bruxelles a confirmé que la filière éolienne, telle que gérée en France, n’était pas compétitive et devait rapidement tomber dans le droit commun avec des tarifs normaux à terme, c’est à dire trois fois moins chers. La Cour des Comptes (rapport fev 2015) a utilisé des qualificatifs très durs « laborieux »  « négoce perturbé » et même « chaotique » pour dénoncer le bilan catastrophique de ce secteur depuis des années, en vain, pour quelles raisons?… .La Commission de Régulation de l’Energie a dénoncé depuis 2006 l’incroyable rente servie à ce secteur grace à des tarifs exorbitants non justifiés par la perfomance et payés par le contribuable. La Cour Européenne de Justice a condamné ce système au terme de trois ans d’instruction sur requête du Conseil d’Etat. Des milliers de propriétaires vont se retrouver dans des situations périlleuses gravissimes avec les immenses socles de béton enterrés dans leurs terrains, mystérieusement « oubliés » dans les responsabilités des promoteurs éoliens, contrairement à la Directive européenne pollueur-payeur ou encore au dispositif Reach.

Mais cela ne suffit pas. La bande de l’éolien veut encore plus et plus vite. Sous couvert de l’étude de « simplifications » ce milieu entreprend désormais le gouvernement Philippe pour se plaindre de « recours abusifs » et pouvoir installer ses éoliennes « librement » grâce à ces « simplifications ».

Un ministre responsable peut comprendre qu’il n’y a ni abus ni plaisir dans des recours administratifs complexes menés malgré eux à regret, à leurs frais et sur leur temps personnel par des bénévoles dont l’activité économique, le domicile, ou l’environnement  sont menacés. Un promoteur voulant construire une tour de bureaux à Montmartre, un industriel désireux d’installer une centrale d’épuration au Cap Ferret, ou une décharge publique au château de Chambord, diront la même chose et se plaindront de « recours abusifs ». On a d’ailleurs vu un immense projet éolien au Mont Saint Michel et dans plusieurs parcs naturels. Cette « stratégie du doute » est le propre des entreprises qui exigent une docilité absolue de leur personnel. Elle révèle un appétit de pouvoir et d’argent décidément sans fin… à moins que le politique n’en prenne conscience…Sinon nous allons tout droit à de multiples affrontements locaux de type Bouriège, Sivens ou Notre Dame des Landes. Rien n’est plus vulnérable qu’un site désert d’éoliennes, et déjà les voies de faits se multiplient, même si elles sont étouffées. Qu’en sera t il si l’opinion publique est bridée ?. Cette simplification risque d’être une dernière victoire à la Pyrrhus avant la fin.

Les acteurs de l’éolien font leur liste de Noël

Les acteurs de l’éolien ont terminé leurs réflexions sur les mesures de simplification à envisager. Tout est entre les mains du gouvernement. L’arbitrage est attendu pour mi-janvier.
 01 décembre 2017 Florence Roussel
Les acteurs de l’éolien font leur liste de Noël
Le groupe de travail sur l’éolien lancé en octobre a terminé ses réflexions. Lors d’une réunion jeudi 30 novembre, ses membres ont présenté au gouvernement une liste de mesures. L’arbitrage est attendu pour mi-janvier 2018. Cinq thématiques étaient à l’ordre du jour : la simplification des procédures, la protection des paysages, l’éolien en mer, la fiscalité et le repowering. Parmi les mesures sur la table, plusieurs font déjà consensus et pourraient être retenues par le ministère. D’autres, portées par les acteurs de l’éolien, sont encore à défendre.
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La fiscalité et le repowering en bonne voie

Le sujet de la fiscalité est l’un des plus consensuels. L’éolien, comme toute activité économique implantée sur un territoire, génère des recettes fiscales au niveau local : taxes foncières, contribution économique territoriale (CET) et imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux (IFER). A l’heure actuelle, l’IFER est transmise aux établissements publics intercommunaux (EPCI), sans obligation de fléchage vers les communes d’implantation. Selon une étude d’Amorce et de l’Ademe, une éolienne de 2 MW rapporte annuellement près de 20.000 euros aux collectivités territoriales. Au niveau national, c’est plus de 100 millions d’euros qui sont versés aux territoires. Aujourd’hui, un consensus assez général se dégage pour octroyer une part de l’IFER à ces communes d’implantation. Mais des questions restent à lever sur la mise en oeuvre. Faut-il augmenter l’IFER ? Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) en est convaincu « A iso-enveloppe, ce fléchage est possible », estime Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER.
Autre sujet qui pourrait avancer rapidement : celui du renouvellement des parcs arrivés en fin de contrat d’achat, avec la mise en place d’une procédure simplifiée pour les prolonger. La procédure du cas par cas plutôt qu’une étude d’impact systématique pourrait être envisagée, avait esquissé Sébastien Lecornu le 20 octobre lors de la première réunion du groupe de travail. « Reste toutefois à définir les seuils », précise Marion Lettry du SER qui demande également « qu’un dispositif économique incitatif pour le renouvellement partiel des parcs éoliens terrestres soit mis en place, afin de permettre une prolongation significative de la durée de vie de ces installations ».

Simplification et souplesse pour les procédures

Concernant le cadre réglementaire, il est question de supprimer un niveau de juridiction afin de raccourcir les délais d’instruction des recours. L’allongement de la durée de réalisation des projets éoliens (6 à 7 ans) s’explique par un traitement de ces recours extrêmement long : deux ans pour obtenir un jugement du Tribunal administratif, un délai un peu moindre pour un arrêt de la Cour administrative d’appel (CAA). L’idée serait de confier une compétence directe aux CAA pour le traitement des contentieux éoliens, comme c’est déjà le cas pour l’éolien offshore.
En matière de raccordement, une série de mesures sont à l’étude par la DGEC pour raccourcir les délais. Le SER demande plus particulièrement une plus grande souplesse sur la révision des schémas régionaux de raccordement (S3REnR) et un rééquilibrage du périmètre des ouvrages entre producteurs et gestionnaires de réseaux..
Pour l’éolien offshore, la discussion est toujours en cours pour dessiner les contours d’une réforme en matière de débat public et des procédures regroupées (permis enveloppe). Dans le cadre du projet de loi pour un Etat au service d’une société de confiance, le gouvernement aura 18 mois pour prendre des ordonnances en la matière. Les mesures actées suite au groupe de travail sur l’éolien seront traduites dans ces ordonnances.
Florence Roussel. Journaliste : Rédactrice en Chef
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