L’INDUSTRIE DES ÉOLIENNES EN CRISE

En 2019, l’éolien a produit 7,2% de l’électricité consommée.

Mme la Ministre Elisabeth Borne, en avait-elle été informée avant de signer  en catimini  le décret concernant la  Programmation Pluriannuelle de l’Énergie  basée sur l’éolien ?

L’industrie des éoliennes traverse une crise grave, des  fabricants majeurs de  turbines se désengagent d’une  filière qu’ils considèrent sans avenir.
Une succession d’annonces concordantes  indique que les leaders européens de la filière éolienne licencient et opèrent actuellement des désengagements. (3)
Cette tendance de fond importante  en 2019 a été amplifiée par la crise du covid, qui a mis en évidence l’extrême fragilité des industriels du vent  dont la rentabilité artificielle dépend depuis plus de 15 ans de subventions européennes ou nationales.

La situation  de l’électricité en France peut devenir  critique
Le graphique des parts de marché des constructeurs d’éoliennes indique globalement aujourd’hui la mainmise  des fabricants Danois et  Allemands. (1)
Aucune des 8000 éoliennes disséminées actuellement sur la France,  n’a été  fabriquée sur le territoire et elles ont  toutes été importées pour un montant que l’on peut évaluer à 30 milliards d’euros. Elles ne vivent que de subventions au détriment des consommateurs.(2)

Les  8.000 à 10.000 éoliennes supplémentaires prévues par nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) signée  en catimini le 11 juin 2020 par Madame la Ministre Elisabeth  Borne devront elles aussi être importées. Compte tenu de cette situation ,il ne serait pas impossible que  ce soient  les chinois qui prennent un jour  le contrôle de la production d’électricité éolienne française et qu’ils  mettent sous tutelle ainsi  l’indépendance énergétique du  territoire national et compte tenu  de la dispersion des implantations des parcs éoliens, il n’est pas exclu  qu’ils prennent progressivement à terme  le contrôle le financier de milliers  communes rurales.

La décision de Mme la Ministre était déjà structurellement incompréhensible puisqu’elle  a engagé la sécurité du territoire en  remplaçant  des sources de production d’électricité fiables et pilotables,  par des sources  intermittentes et imprévisibles. (3)

Mais en constatant  de surcroit qu’elle   a  confié l’avenir de la production d’électricité de la France à  des producteurs de machines virtuellement en faillite, on peut légitimement  s’interroger pour savoir si elle  avait  été mise au courant de cette situation  et si des informations exactes lui avaient  été transmises par le ministère de la transition écologique et solidaire et l’Agence de maitrise de l’Energie (ADEME)  dont l’indépendance vis-à-vis des lobbys industriels éoliens a depuis des années été dénoncée par le Fédération Environnement Durable (FED) .

La filière éolienne française est train de se construire sur des ruines de l’industrie française de l’électricité pour laisser d’autres ruines…

Pour toutes ces raisons la Fédération Environnement Durable est six autres Fédérations nationales ont déposé une requête en conseil d’état pour faire annuler le décret de la PPE.

Annexes :

(2)
Question écrite du 23 juin 2020 de Mme la député Madame Bérengère POLETTI
à Madame la Ministre de la Transition écologique et solidaire sur les tarifs subventionnés aux industriels producteurs des énergies électriques éoliennes intermittentes.)        
https://epaw.org/documentspdf/QST-AN-15-30570QE.pdf

(3)
Électricité : La sécurité du territoire désormais en danger       
https://epaw.org/documentspdf/CP-securit%C3%A9%20du%20territoire-def.pdf

(4)
Fabricants de turbines

VESTAS
Vestas en difficulté licencie 400 employés
Vestas lays off 400, halts some R&D projects          

April 20, 2020 /
COPENHAGEN   (Reuters) –
Vestas wws.CO on Monday it will lay off around 400 employees and halt certain research and development projects with immediate effect as a result the economic impact of the new coronavirus outbreak.
“We’re in a period of high uncertainty and by making a strategic decision on our product portfolio and reduce complexity, we sustain our competitiveness in the future and ensure we can adjust quickly to COVID-19 challenges,” Chief Executive Henrik Andersen said in a statement.
The layoffs will mostly affect staff in Denmark, Vestas said.

ENERCON
Enercon  pertes financières massives        
https://www.energiesdelamer.eu/publications/105-eolien/6363-enercon-en-difficulte
Allemagne – Vendredi 03/01/2020 – energiesdelamer.eu. L’industrie éolienne allemande rencontre des difficultés. Après le groupe Senvion, dont une partie est définitivement passée sous l’aile de Siemens Gamesa en décembre, les pertes massives rencontrées en 2019 par Enercon obligent le groupe à entamer des pourparlers de restructuration avec des financiers.
Le directeur financier indique à Recharge que la perte d’Enercon pourrait dépasser 500 millions d’euros en 2019, tandis qu’un redressement pourrait prendre trois ans.  

Enercon en difficulté a licencié 3000 emplois en 2019 et a fermé la société de construction de mats en béton sur le territoire français près de Compiègne qui vient d’avoir lieu 70 emplois perdus.
Pourtant, cette usine était le projet industriel phare de l’OFATE, (Office franco-allemand pour la transition énergétique-Deutsch-französisches Büro für die Energiewende)  montré en exemple sur leur site.       

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/oise/usine-productrice-mats-eoliennes-ferme-longueil-sainte-marie-70-salaries-menaces-licenciement-1845804.html

NORDEX
Vente imminente de la filiale développement           
https://www.greenunivers.com/2020/06/vente-imminente-de-la-filiale-developpement-de-nordex-239653/

Les grandes manoeuvres dans le secteur des énergies renouvelables ne faiblissent pas, même en période de crise sanitaire. La vente de la filiale développement de Nordex est imminente, selon nos informations. Une transaction qui concerne directement la France puisque les bureaux de cette filiale de 40 personnes sont situés à Saint-Denis, en région parisienne. Son portefeuille de 3 GW de projets éoliens européens à divers stades de développement cherche preneur. 
Nordex …. toujours dans le rouge              
https://www.greenunivers.com/2020/03/turbiniers-nordex-dynamique-mais-toujours-dans-le-rouge-229833/
24 mars 2020
Son free cash flow 2019 est en effet sérieusement déficitaire et aura du mal à être longtemps prolongé. …

SENVION
En faillite, le fabricant allemand d’éoliennes Senvion sera vendu à la découpe
6 septembre 2019
https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/06/en-faillite-le-fabricant-allemand-d-eoliennes-senvion-sera-vendu-a-la-decoupe_5507069_3234.html

L’entreprise n’a pas trouvé d’acquéreur pour la sauver du démantèlement. Quelque 4 000 emplois sont menacés.

SIEMENS
Siemens lâche turbines et éoliennes
07/06/2020

https://www.usinenouvelle.com/article/siemens-lache-turbines-et-eoliennes.N970756
Mais, comme annoncé en mai 2019, le groupe allemand va bien se séparer de 55 % de ses parts dans Siemens Energy lors d’une introduction en Bourse prévue le 28 septembre 2020. Et 12 à 18 mois plus tard, il prévoit de procéder à nouveau à une réduction significative du nombre de ses parts. Siemens aura alors quasiment tourné la page de la production des grands équipements énergétiques

Aérodynamique des éoliennes

Aérodynamique des éoliennes

Il s’agit d’une page qui peut s’avérer assez technique pour les personnes qui n’ont pas de base en physique ou en ingénierie. Néanmoins, cette page n’est pas absolument nécessaire à une compréhension d’ensemble du fonctionnement d’une éolienne. En effet, en pratique, il n’est pas obligatoire de comprendre les phénomènes physiques exacts qui rentrent en jeu, à partir du moment où l’on sait ce que l’on peut récupérer comme puissance et énergie électrique de la part de son éolienne. Néanmoins, afin d’être complet et de permettre aux personnes intéressées d’avoir une vue plus pointue ou complète, les bases de l’aérodynamique des éoliennes sont introduites ci-dessous.

La portance et la trainée

Pour comprendre le mode de fonctionnement d’une éolienne, il faut introduire quelques concepts d’aérodynamique. Parmi ceux-ci, les notions de trainée et de portance jouent un rôle majeur. Pour commencer, on simplifie le problème. En effet, lorsque l’on regarde une aile, qu’il s’agisse d’une aile d’avion ou d’éolienne, il s’agit d’un corps à 3 dimensions spatiales. En effet, une aile possède une certaine longueur de corde (direction “x”), une certaine cambrure (direction “y”) ainsi qu’une certaine envergure (direction “z”). De manière générale, il est assez difficile de considérer ces trois dimensions simultanément. On prend uniquement les deux dimensions (2-D) qui contiennent le phénomène physique dominant. Il s’agit de la dimension de la cambrure et de la corde. Ensuite, les aérodynamiciens intégreront la troisième dimension, c’est-à-dire l’envergure, comme étant une superposition de comportements en deux dimensions (2D) le long de l’envergure.

   

À droite, illustration du concept d’aile en trois dimensions avec une cambrure (direction”y”), une envergure L (direction “z”) et une corde (direction “x”).  Le profil d’aile (surface grisée) est obtenu en “découpant” une section de l’aile en un point le long de l’envergure. À droite, vue de profil d’une pale d’éolienne qui donne un bon aperçu d’un profil d’aile. Ici, il s’agit du profil en bout d’aile.

On analyse donc les phénomènes physiques au moyen de profils 2D d’aile. Ce profil est constitué, d’une part, d’un bord d’attaque et d’un bord de fuite, et d’autre part, d’une corde qui relie ces deux extrémités (voir figures ci-dessous). Dans le cas d’une aile complète en trois dimensions, la corde, c, varie généralement en fonction de la position de long de l’envergure. En outre, la forme du profil peut varier avec cette distance. C’est souvent le cas pour les grandes éoliennes dans la mesure où la vitesse du rotor près du moyeu est nettement plus faible qu’en bout de pale. Il n’est pas nécessaire de tenir compte de cette propriété pour comprendre le principe de fonctionnement d’une éolienne voire d’un avion.

Notre profil d’aile est placé dans un écoulement, par exemple, on place le profil au centre d’une soufflerie. L’air présente une certaine vitesse, V, mesurée loin devant le bord d’attaque. En effet, les vitesses que prend l’air autour d’une éolienne sont toujours inférieures à la vitesse du son. On dit qu’elles sont subsoniques. Dans ce cas, les informations peuvent remonter le courant parce qu’elles se propagent plus vite. En fait, l’information se déplace sous forme d’ondes de pression qui ont cette vitesse du son. Du coup, si l’écoulement est subsonique, l’information peut atteindre toutes les directions de l’espace. En pratique, qu’est-ce que cela veut bien dire ? Et bien tout simplement que l’air est déjà perturbé par la présence d’un avion ou d’une éolienne avant même de l’avoir touché. Autre exemple, lorsque vous soufflez sur votre doigt, l’air est perturbé par la présence de votre doigt avant même de l’atteindre. Cela se traduit par des trajectoires courbes des filets de courant (en gros, il s’agit de la trajectoire du fluide). On voit clairement dans les figures suivantes qu’ils sont déviés bien avant d’avoir atteint le bord d’attaque. Par conséquent pour avoir une bonne idée de la vitesse à laquelle on soumet notre profil, il faut le mesurer bien loin devant le bord d’attaque, suffisamment loin pour qu’il ne soit pas perturbé par la présence du profil. Dans le jargon de l’aérodynamique, on parle de vitesse infini amont.

   

Retournons à notre profil d’aile placé dans une soufflerie. De manière générale, la corde présente un certain angle avec la vitesse de l’air en amont, V. Cet angle s’appelle l’angle d’attaque (AOA pour “angle of attack”). Plus cet angle est important, plus les filets d’air sont déviés par le profil. En d’autres termes, la présence de l’aile réorganise localement l’écoulement de l’air (autour du profil). La partie du profil entre le bord d’attaque et de fuite orientée vers le haut est appelée, extrados, tandis que l’autre moitié orientée vers le bas est appelée, intrados. Du côté de l’extrados, l’aile a fait accélérer l’écoulement. Par contre, elle a ralenti l’écoulement côté intrados. La physique nous apprend qu’une telle accélération est accompagnée d’une diminution de pression alors que la décélération engendre une augmentation de la pression. Comme la pression est différente au-dessus et en dessous de l’aile, les forces de pression sur l’aile ne sont pas identiques au-dessus et en dessous. Il en résulte une force globalement orientée vers le haut. C’est cette force qui permet aux oiseaux ou aux avions de voler. Elle est d’autant plus importante que l’angle entre l’axe du profil, c’est-à-dire la corde, et la vitesse de l’air amont, V, est important, ou dit plus brièvement, plus l’angle d’attaque est important. Il y a une limite à ce raisonnement que nous introduirons plus tard (notion de décrochage).

La force sur l’aile peut, comme toute force, se décomposer en plusieurs composantes. Dans notre cas, on considère la composante dans la direction de l’écoulement, la force de trainée (D comme “drag”), et la force dans la direction perpendiculaire à l’écoulement, la force de portance (L comme “lift”).

Illustration des concepts dans le cas d’un avion volant horizontalement à vitesse constante.

Pour illustrer l’ensemble de ces considérations, voyons ce que cela donne dans le cas d’un avion. Supposons qu’il vole en ligne droite à une certaine vitesse constante, V, dans une direction que l’on prend dans un plan horizontal. En fait, supposons que nous nous déplacions à la même vitesse que l’avion. Par définition, nous ne le verrions pas bouger. Par contre l’air qui était au repos avant le passage de l’avion (vu par un observateur situé au sol), acquiert une certaine vitesse, V, si on le regarde à partir de l’avion. De manière plus rigoureuse, on dira que l’on met son repère sur l’avion et que l’on regarde les vitesses relatives à la vitesse de l’avion, V.  Son aile principale présente un certain angle avec la direction de vol, l’angle d’attaque. Il s’ensuit une force de portance verticale et une force de trainée horizontale appliquée à l’aile et donc à l’avion entier. La première permet de vaincre la force de gravité due à la masse de l’avion complet tandis que la seconde freine l’avion :

  • Dans le cas d’un planeur, l’avion n’a pas de moteur. La trainée a donc tendance à ralentir l’avion. Pour pouvoir maintenir sa vitesse et donc continuer à voler dans une atmosphère au repos, il doit toujours descendre progressivement en altitude (notion de taux de chute) pour maintenir sa vitesse. Dans la réalité, on sait que les planeurs tirent profit de mouvements d’air plus globaux au niveau de l’atmosphère. Ces mouvements naturels peuvent générer des vents ascensionnels qui permettent au planeur de prendre de l’altitude. Néanmoins, un planeur aura toujours intérêt à avoir une trainée la plus faible possible. Cette conclusion nous permettra de rebondir plus loin lors de nos explications sur les éoliennes.
  • Dans le cas d’un avion motorisé. La vitesse est maintenue constante grâce à l’action des moteurs. Ils exercent une force de poussée (T comme “thrust”) qui s’oppose à la trainée.

Le décrochage

Dans la section précédente, on a mis en évidence le phénomène physique qui générait la portance et la trainée d’un profil d’aile. On a aussi indiqué que cette force augmentait avec l’angle d’attaque du profil. Comme introduit précédemment, il y a une limite à cette croissance. Nous expliquons maintenant ce phénomène bien connu de décrochage (ou “stall” en anglais).

Courbe de portance en fonction de l’angle d’attaque pour un profil NACA.

Sur base de la courbe ci-dessus qui reprend l’évolution de la portance en fonction de l’angle d’attaque, on voit que cette force augmente progressivement jusqu’à un certain angle au-delà duquel la portance chute brusquement. Ce phénomène est appelé décrochage et l’angle à partir duquel il intervient, l’angle de décrochage. On voit qu’une fois l’angle de décrochage dépassé, les performances aérodynamiques du profil sont nettement dégradées. On imagine assez facilement ce que cela peut engendrer dans le cas d’un avion : une perte de portance brusque risque simplement d’engendrer une chute de l’appareil. A priori, on pourrait croire qu’il est assez farfelu d’introduire un tel phénomène dans le cas des éoliennes, mais comme cela sera expliqué, dans ce domaine d’application, le décrochage est parfois mis à profit pour contrôler la vitesse de rotor.

Explication du phénomène de décrochage

Le lecteur curieux aura peut-être envie d’en savoir un peu plus sur le principe du décrochage. Un élément de réponse simple est donné ci-dessous. Il n’a pas vocation d’être complet ou particulièrement rigoureux. Il cherche plutôt à démystifier le phénomène. Dans le cas d’un profil à angle d’attaque inférieur à la limite de décrochage, les trajectoires du fluide, à savoir l’air, sont infléchies par la présence du profil. Comme expliqué précédemment, on a une accélération côté extrados et une décélération côté intrados, accompagnée d’une diminution et une augmentation de pression, respectivement. Cette différence de pression sur les deux faces du profil est la base de la génération de portance.

   

Différence de la nature de l’écoulement entre un écoulement attaché et décroché.

Lorsque le profil décroche, les angles d’attaques sont trop importants et le fluide ne parvient plus prendre les trajectoires imposées par le profil (fortement incliné). Les trajectoires de fluides ont tendance à rester plus proches de leur situation initiale (avant que l’aile ne passe). Comme il y a moins de déformation de trajectoire, il y a moins d’accélération du fluide côté extrados du profil. Du coup, la dépression est moins importante et, sans surprise, la portance devient moins importante.

Pour augmenter l’angle d’attaque admissible avant de décrocher l’écoulement d’air, un dispositif aérodynamique, un générateur de vortex, peut être installé sur les ailes. Sans entrer dans les détails, ces petits appendices vont permettre de créer des tourbillons contrôlés de manière volontaire. Cette dynamique va plaquer le flux d’air contre la surface de l’aile permettant ainsi d’augmenter l’angle d’attaque admissible avant que la pale ne décroche.


Les forces aérodynamiques sur le rotor d’une éolienne

La première section nous a permis d’introduire les notions nécessaires pour comprendre les phénomènes physiques majeurs qui s’appliquent sur le rotor d’une éolienne. On a introduit la notion de profil d’aile, de corde, d’angle d’incidence ainsi que de trainée et de portance. Lorsque l’on considère une éolienne, le problème se complexifie un peu. En effet, il faut considérer en plus la vitesse de rotation des pales qui, en pratique, est de loin plus élevée comparée à la vitesse du vent. Dans la suite, on fait l’hypothèse d’une éolienne à axe horizontal.

            

Vitesses et forces exercées sur un profil d’une éolienne. On introduit l’angle d’incidence (alpha), de calage (beta) ainsi que la vitesse relative Va dans la figure de gauche. La résultante des forces engendrée par la vitesse du vent et la rotation de l’éolienne est illustrée dans la figure de droite.

Influence de la vitesse de rotation sur l’angle d’attaque et l’intensité de la vitesse

Considérons un profil d’une pale de notre éolienne obtenu en “coupant” l’aile à une certaine hauteur, r, comprise entre le moyeu et l’extrémité de la pale. Vu du haut, cela donne approximativement la figure ci-dessus (à gauche) où la grande flèche noire indique le sens de rotation.  Si l’éolienne a une vitesse de rotation de n (Hz ou tours/seconde), alors à la hauteur du profil, la vitesse tangentielle de la pale induite par la rotation, U, est de

U = n.(2*pi*r) en [m/s],

toujours dans le sens de rotation. On voit clairement que la vitesse augmente proportionnellement avec la hauteur le long de la pale. La vitesse tangentielle maximale sera obtenue en bout d’aile. En plus de la vitesse de rotation, on a toujours la vitesse du vent, V, mesurée loin en amont de l’éolienne. Comme expliqué précédemment, l’écoulement est déjà influencé par la présence de l’éolienne avant d’arriver au niveau du rotor si bien qu’il est partiellement freiné avant d’atteindre celui-ci. En pratique, la vitesse aura idéalement diminué d’un tiers si bien qu’on se retrouvera avec 2/3 de V dans la direction perpendiculaire au plan de rotation, la direction axiale. Comme on l’a fait ci-dessus en considérant un avion, on place notre repère de vitesse sur le profil d’aile. Il faut alors combiner la vitesse de rotation de l’éolienne, U, à cette hauteur, à la vitesse 2/3 V du vent pour obtenir la vitesse du vent relative rencontrée par le profil de l’éolienne, Va. C’est cette vitesse qu’il faut connaître pour pouvoir estimer la force qui sera exercée sur le profil de la pale. En effet, on connaît maintenant la vitesse de l’écoulement (la norme du vecteur Va) mais aussi son angle d’attaque. Comme on l’a introduit ci-dessus, il ne suffit pas de connaître la vitesse du vent, V. La vitesse tangentielle, U, induite par la rotation influence significativement l’écoulement qui sera reçu par le profil.

On introduit un nouvel angle de première importance, l’angle de calage (“pitch angle” en anglais). Il se définit comme étant l’angle entre le plan de rotation et la corde du profil. Contrairement à l’angle d’attaque, il ne dépend pas de conditions de l’écoulement. Il s’agit d’un paramètre géométrique que l’on peut adapter. En effet, l’angle d’attaque dépend des conditions de fonctionnement. Dans le cas de notre éolienne, il dépend de la vitesse du vent, de la vitesse de rotation ainsi que de l’orientation de la corde du profil (autrement dit de l’angle de calage).

Représentation schématique de la variation de l’angle de calage des pales d’une éolienne.

On peut faire varier l’angle de calage en faisant tourner la pale autour de son axe, tel qu’illustré dans la figure ci-dessus. On voit qu’en modifiant cet angle, on modifie l’angle d’attaque et par conséquent la force qui sera exercée sur le rotor. Le pivotement des pales peut être réalisé par des actionneurs électromécaniques ou par un système hydraulique.

Vrillage de l’aile

Comme la vitesse relative, Vr, augmente avec la hauteur de long de la pale, la géométrie de celle-ci est adaptée à cette augmentation de vitesse. On voit notamment la diminution de l’angle de calage avec la hauteur pour garder l’angle d’attaque comparable tout le long de la pale. C’est cette variation qui donne un aspect vrillé à la pale.

Diminution de l’angle de calage avec la hauteur le long de la pale : effet de vrillage. On voit que Vr augmente entre le pied et la tête de la pale. Pour maintenir un angle d’attaque, alpha, constant, l’angle de calage, Theta, est modifié.

Caractéristiques de la force exercée sur le profil d’une éolienne

On voit, dans la deuxième figure sur la décomposition des forces (placée un peu plus haut), que la vitesse relative caractérisée par une certaine intensité et une direction décrite par l’angle d’attaque, induit une force sur le profil. Cette force F, se décompose en une composante tangentielle, FT qui contribue positivement à la rotation de l’éolienne, c’est l’effet utile recherché (du moins pour toutes éoliennes basées sur la portance), et une composante axiale FN perpendiculaire au plan de rotation qui n’a aucun effet utile. Au contraire, cette force axiale soumet l’éolienne par sa poussée à une contrainte mécanique importante. C’est l’élément dominant lors du dimensionnement du mât d’une éolienne. Si on décompose la force aérodynamique selon sa composante de portance et de trainée, on en déduit les propriétés suivantes :

  • La portance L, contribue positivement à la rotation de l’éolienne. En d’autres termes, elle induit une force dans le sens de rotation, c’est l’effet utile recherché. C’est aussi pourquoi on dit que ces éoliennes sont basées sur la portance.
  • La trainée, D, contribue négativement à la rotation de l’éolienne. En d’autres termes, elle induit une force dans le mauvais sens, c’est un effet parasite. Elle diminue le rendement de conversion de l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique sur le rotor. C’est pourquoi, tout comme un planeur, les pales d’une éolienne sont conçues pour minimiser la trainée et obtenir ainsi les meilleurs rendements.

Le réglage de la puissance : calage et décrochage

Pour faire fonctionner une éolienne correctement, on doit pouvoir jouer sur les paramètres aérodynamiques des pales pour contrôler la vitesse de rotation ainsi que la puissance soutirée au vent :

  • Dans le cas de vents importants, le rotor peut être soumis à des forces mécaniques qui peuvent dépasser les contraintes admissibles. En outre, la puissance fournie par le rotor est limitée par la puissance maximale de la génératrice.
  • Dans le cas de fonctionnement normal, on doit pouvoir fonctionner à la vitesse de rotation souhaitée ou du moins, prédéfinie.

Il y a deux grandes manières de faire varier, et donc de contrôler, la force aérodynamique sur le rotor d’une éolienne : changer l’angle d’attaque et diminuer la surface au vent balayée par l’éolienne. La deuxième solution s’obtient en décalant le rotor (“yawing” en anglais) par rapport à la direction du vent (selon un axe vertical pour un décalage gauche-droite, ou selon un axe horizontal pour mettre incliner le rotor vers l’horizontal). On s’attardera ici sur la première solution basée sur l’angle d’attaque.

Modification de l’angle d’attaque via l’angle de calage d’une pale

La manière la plus efficace de modifier l’angle d’attaque est de jouer sur l’angle de calage.  Celui-ci peut être modifié en faisant pivoter la pale le long de son axe. Pour contrôler la force appliquée, on peut procéder de deux manières distinctes :

  • On peut augmenter l’angle de calage pour diminuer la puissance ou le réduire pour augmenter cette puissance (“pitch control” en anglais). A la limite si l’on souhaite réduire au maximum les forces exercées sur les pales pour garantir leur intégrité, notamment en présence de grands vents, on peut les placer en drapeau par rapport à la direction du vent (“feathering” en anglais).
  • Une autre manière de limiter la puissance est de dépasser rapidement l’angle de décrochage ce qui induit une diminution significative de la portance (“stall control” en anglais). Hormis pour certaines réalisations, cette seconde méthode est moins efficace que la première. Elle serait apparemment moins précise et les forces appliquées aux pales seraient plus intermittentes (dû au caractère fortement instationnaire du phénomène de décrochage).

Illustration de la variation de la force aérodynamique : diminution par réduction de l’angle de calage (centre) ou par décrochage (droite).


La trainée induite : aile d’envergure finie

Dans les développements précédents, on a essentiellement considéré les phénomènes physiques sur base de profils d’aile. En d’autres termes, on a tenu compte de deux dimensions de l’espace, c’est-à-dire la direction axiale (sens de l’écoulement pour une éolienne à axe horizontal) et tangentielle (plan de rotation). D’un point de vue purement théorique, c’est équivalent à considérer une aile infiniment longue. Pas simple de convaincre le lecteur de cette assertion, mais cela semblera sans doute plus clair par la suite. En réalité, tout le monde sait qu’une aile, que ce soit d’avion ou une pale d’éolienne, n’est pas infiniment grande. Elle a en effet une certaine envergure. Cela peut sembler trivial, mais, comme on va l’expliquer, cette limite va nous obliger à tenir compte de la troisième dimension spatiale dans notre raisonnement. Il s’agit de la direction radiale pour une éolienne à axe horizontal.

Photographie d’un tourbillon de sillage induit par un avion.

Tourbillons de bout d’aile : l’origine du phénomène

Comme on l’a expliqué précédemment en introduisant le phénomène de portance, une aile présente une certaine surpression à l’intrados et dépression à l’extrados. Que se passe-t-il en bout d’aile ? En bout d’aile, on a une région de haute pression (dans le cas d’un avion, en bas) et de basse pression (dans le cas d’un avion, en haut) qui sont voisines et non séparées par l’aile. En conséquence, l’air va se déplacer de la zone haute pression vers la zone basse pression dans un mouvement de contournement du bout d’aile. L’air se met donc globalement en rotation. Il crée un mouvement “cohérent” de rotation que l’on appelle “tourbillon”. Comme, il y a deux extrémités à une aile, on trouve deux tourbillons. Ceux-ci tournent en sens opposés l’un par rapport à l’autre.  Ce phénomène de tourbillon est clairement visible sur la photographie ci-dessus où l’on voit que l’air est mis en rotation au niveau des bouts d’aile après le passage de l’avion. Ce comportement n’a lieu que si l’aile a une certaine envergure. Si elle avait été infiniment grande, on n’aurait pas rencontré ce phénomène. Cela explique la distinction que nous avons introduite en début de section.

Ce phénomène de tourbillon est clairement visible au passage d’un avion à réaction dans un ciel bleu. En effet, la combustion qui a lieu dans un moteur d’avion rejette principalement de l’eau sous forme de vapeur et du CO2. Comme les avions volent à relativement haute altitude, la température de l’air à cette hauteur est largement négative (en °C). Du coup, l’eau qui est éjectée par les moteurs à l’état de vapeur se condense pour former de fins cristaux de glace. C’est la trainée blanche que l’on voit derrière un avion. En effet, l’eau à l’état de vapeur n’est pas visible. Par contre, une fois condensée, elle interagit avec la lumière. Revenons à nos moutons en ce qui concerne les deux tourbillons de bout d’aile. L’eau rejetée par les moteurs est capturée par les deux tourbillons de bout d’aile (phénomène dit d’ “enroulement”). Par conséquent, cela rend ces deux tourbillons visibles (parce que l’eau dans un état visible est capturée par les tourbillons). Ce sont les deux longues trainées blanches que vous voyez par ciel bleu derrière un avion de ligne. Vous remarquerez que, même si l’avion à quatre moteurs, in fine, il reste toujours deux trainées. Cela montre bien que les deux tourbillons capturent le “panache” des moteurs.

On peut se rendre compte que le même phénomène a bien lieu dans le cas d’éolienne. La figure suivante montre l’émission d’un tourbillon en bout de pale qui est translaté en aval par le vent.

 

Visualisation par dégagement d’un traceur (fumée) du sillage d’une éolienne expérimentale bi-pale.

Tourbillons de bout d’aile : augmentation de la trainée

Le phénomène de tourbillon de bout d’aile génère quelques problèmes. Nous retiendrons uniquement ici la contribution à la trainée. En effet, les tourbillons génèrent un mouvement de l’air global vers le bas juste en aval de l’aile. Ce mouvement induit par les tourbillons modifie les angles d’attaque des ailes si bien que la force est décalée vers l’arrière, augmentant ainsi la trainée. La contribution de la trainée induite est non négligeable, surtout à basse vitesse (ce qui est le cas des éoliennes). Du coup, il faut chercher à minimiser ces tourbillons de bout d’aile.

Vue de la composante verticale du champ de vitesse derrière un avion.

Retenons simplement que la forme de l’aile à une importance majeure. Un paramètre de première importance est l’allongement relatif qui est le rapport entre l’envergure et la corde moyenne d’une aile (ou d’une pale). Plus ce rapport est grand et plus la trainée induite est faible. C’est typiquement la raison pour laquelle les planeurs ont de grandes ailes allongées. En effet, ils n’ont pas de moteur si bien qu’ils sont conçus pour minimiser la trainée. En outre, ils volent à basse vitesse si bien que la trainée induite est non négligeable. En ce qui nous concerne, c’est une des raisons qui permettent d’expliquer pourquoi les éoliennes ont des pales si allongées.

 photo avion.    Photo éolienne.

Pour réduire la traînée induite par les tourbillons de bout d’ailes, le monde éolien s’est inspiré de l’aéronautique. Le monde de l’aviation et aujourd’hui celui de l’éolien utilisent un dispositif biomimétique : le winglet, sorte de petite cassure perpendiculaire située en bout de pale qui permet d’augmenter l’allongement effectif de l’aile et ainsi de réduire la traînée induite par les vortex de bout de pale.

Schéma principe du winglet.Photo de winglet.

De Daniel Rome, ce recueil d’expressions formulées par un individu indigne de la fonction qu’il occupe :

Raoul Marc Jennar  22 juin, 14:45

Le mépris de classe dans les petites phrases odieuses de Macron

1 « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »
2 « Il y a dans cette société (Doux) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées.»
3 « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler.
4 « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants »
5 « Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés »
6 « Je pense qu’il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. »
7 Tous ses conseillers présentent le même profil, jeune et diplômé : « J’assume. Les maréchaux d’Empire étaient jeunes et ce n’étaient pas des paysans »
8 « Certains au lieu de foutre le bordel feraient mieux d’aller regarder s’il peuvent pas avoir des postes »
9 « Les salariés français sont trop payés »
10 « Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »
11 Le compte pénibilité ? « Je n’aime pas le terme donc je le supprimerais car il induit que le travail est une douleur »
12 « Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité »
13 « Ceux qui défendent les emplois aidés sont ceux qui n’en voudraient pas pour eux »
14 « Je vais faire un CICE durable »
15 « La tranche d’impôt de Hollande à 75 % ? C’est Cuba sans le soleil »
16 « Je n’aime pas ce terme de modèle social. »
17 « Je suis pour une société sans statuts »
18 « Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs »
19 « Dans les motifs de rupture du contrat de travail, [la rupture conventionnelle] est aujourd’hui le premier»
20 « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »
21 « 35 h pour un jeune, ce n’est pas assez »
22 « Les jeunes générations veulent être entrepreneurs, pas fonctionnaires »
23 « Je dis aux jeunes : « ne cherchez plus un patron cherchez des clients »
24 « Les pauvres d’aujourd’hui sont souvent moins les retraités que les jeunes »
25 « Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus ».
26 : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains »
27 « Une start-up nation est une nation ou chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ».
28 « Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher »
29. « Le libéralisme est une valeur de gauche »
30 « Je ne céderais rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes, ni aux égoïstes, ni aux pessimistes » qui se dressent contre les ordonnances anti travail.
31 « Dans les gares, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien »
32 « J’ai été élu par des gens qui ne m’ont pas choisi »
33. « Être élu est un cursus d’un ancien temps. »
34 « La démocratie ne se fait pas dans la rue »
35 « Etre populaire ne m’intéresse pas, mon pays doit avant tout être réformé car nous avons 10 % de chômage ».
36 Les fainéants ce sont « ceux qui n’ont pas fait les réformes pendant 15 ans pas les Français »
37 « La France n’est pas un pays qui se reforme parce qu’on se cabre, on résiste, on contourne, nous sommes ainsi faits ».
38 « Tu sais, quand tu es président de la République, ce n’est pas le moment où tu gagnes le plus d’argent »
39 « La France est en deuil d’un roi »
40 « Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel »
41 : « La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est »
42 : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne électorale » « La politique c’est mystique »
43 « Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »
44 Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa 1° loi (308 articles dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux » ou de « fainéants ».
45 « Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation. Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet. » « Pas de frondeurs »
46 « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »
47 « Il n’y a pas de culture française mais des cultures »
48 « Le kwassa kwassa pêche peu, il amène du comorien »
49 A propos des critiques à la suppression de l’impôt sur la fortune « La passion triste de la France, la jalousie ».
50 « Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbre […] Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c’est toute la cordée qui dégringole »
Rajoutons en une, particulièrement remarquable, datée du 13 novembre 2017 : « Je ne sais pas ce que c’est une politique pour les riches ». Cet homme doit, en plus de tout, tenter de masquer à lui-même et aux autres ce qu’il incarne.

La presse a par ailleurs relevé quelques perles que je partage : « Si on ne pense pas le cadre des changements technologiques, Schumpeter va très rapidement devenir Darwin » …locution latine « pacta sunt servanda » (les accords doivent être respectés)….« Adolescent, j’ai compris un peu mieux Baudelaire grâce à un philosophe allemand » « « Certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n’est pas loin de chez eux. » « Des Gaulois réfractaires au changement » « On met un pognon de dingue dans les minimas sociaux » Les femmes salariées de Gad, « pour beaucoup illettrés » Le bus pourra « bénéficier aux pauvres » « Vous pouvez parler très librement, la seule chose qu’on n’a pas le droit de faire, c’est de se plaindre » « Le jour où tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même, d’accord ? Et à ce moment-là, tu iras donner des leçons aux autres » Emmanuel Macron a déclaré mardi vouloir « responsabiliser » les personnes en situation de pauvreté car « il y en a qui font bien » et d’autres « qui déconnent », Christophe Dettinger, le « boxeur gilet jaune », « n’a pas les mots d’un gitan

LA PRESSION ÉTRANGÈRE SUR L’ÉOLIEN INDUSTRIEL EN FRANCE

En 2019, l’éolien a produit 7,2% de l’électricité consommée.

Article coécrit avec André Posokhow, expert financier membre du Conseil d’Administration de la  Fédération Environnement Durable

Le 21 avril  dernier, en pleine épidémie du Covid, le gouvernement a fait paraitre en catimini un décret relatif à la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) qui annonce ce que doit être l’avenir énergétique de la France.

Pour la PPE l’avenir de notre énergie est très éolien

La PPE annonce un objectif de doublement de la puissance éolienne industrielle en  France (35 GW contre environ 16 GW à fin 2019) en neuf ans. Cela pourrait représenter un quasi doublement du nombre d’éoliennes qui est aujourd’hui de 8000. Ce seront des machines de plus en plus monstrueuses dont la taille, plus de 200 mètres aujourd’hui, se rapproche de celle de la tour Eiffel.

Disette et appétit des promoteurs allemands.

En Allemagne la transition énergétique, décidée il y a près de 10 ans, se trouve en crise.

Senvion, important fabricant de turbines en Allemagne et 3ème constructeur de parcs éoliens en France, a déposé son bilan et sera vendu à la découpe. La cause en est l’effondrement du marché de l’éolien terrestre en Allemagne.

Le marché français, déjà largement maîtrisé par l’étranger, apparait ainsi aux acteurs, extérieurs et surtout allemands, de l’éolien comme un grand  marché de remplacement.

Les armes multiples de l’offensive éolienne.

La connivence des pouvoirs publics.

Depuis la Loi de la transition énergétique les pouvoirs publics ont fait  le choix des Energies renouvelables (ENR) et en priorité de l’éolien industriel.

Le Ministère de l’Ecologie et les administrations responsables sont influencées et pénétrées au plus haut niveau par des partisans de l’éolien.

Les obstacles juridiques à la propagation de ces machines industrielles sur tout notre territoire ont été abaissés puis souvent abattus par des lois et décrets d’oppression.

Les campagnes de propagande et d’endoctrinement des ONG.

Fabien Bouglé a dénoncé dans son livre : « Eoliennes, la face noire de la transition énergétique »,  la caisse de résonnance  intarissable de la propagande en faveur de la dislocation de notre système énergétique et du démembrement d’EDF que représentent les grandes ONG internationales et autres associations écologistes.

Il cible en particulier WWF, et surtout Greenpeace.

Le chevalier blanc Greenpeace, désigné par Thibault Kerlirzin comme un« un mercenaire vert », dans son ouvrage « Greenpeace, une ONG à double fond(s) »,  est partenaire de Vestas société danoise, leader mondial de fabrication des éoliennes via sa filiale  Greenpeace Energy, propriétaire de centrales éoliennes.

Le terme de conflit d’intérêts apparait comme un timide euphémisme.

La financiarisation.

C’est notre propre système bancaire qui finance la colonisation et la pollution de nos territoires par des machines industrielles inutiles,  peu productives, mais tellement rentables pour les prédateurs éoliens.

C’est le cas d’OSEO qui, en 2013, sur l’ensemble de la France, finançait une éolienne sur trois. Concernant les partenaires, Oseo travaillait avec les constructeurs Gamesa, Siemens, Repower, Enercon.

Le mécénat.

Le mécénat est de plus en plus pratiqué par les développeurs éoliens.

Certes, il n’est pas question, en l’occurrence, d’évoquer une forme de corruption même s’il a été établi, notamment par le SCPC (service central de prévention de la corruption), que l’éolien est un vecteur de corruption.

Cependant Il s’agit bien de s’attirer les bonnes grâces des collectivités locales et de les soudoyer par des contributions qui peuvent prendre différentes formes. Actuellement il semble que les opérateurs éoliens allemands comme le groupe Ostwind fassent  un effort sensible dans ce sens.

En Haute Vienne, une opération de restauration de l’église d’Oradour saint Genest est portée par la Fondation du patrimoine et la commune en partenariat avec les établissements Leclerc et Ostwind.

Il en va de même au Dorat, en Haute Vienne, où la commune a entrepris de restaurer la Collégiale Saint Pierre.

Nul doute que nous verrons fleurir les projets éoliens en Haute-Vienne grâce aux actions de mécénat de ce groupe allemand.

L’influence prégnante de groupements d’intérêt puissants : l’exemple de l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE).

Officiellement l’OFATE un Office franco-allemand de coopération et d’échange

Il s’agit d’un groupement d’intérêt et d’influence composé de syndicats professionnels comme le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et France Energie Eoliennes et leurs semblables allemands et d’entreprises de l’éolien industriel. D’une manière surprenante ce réseau d’influence compte aussi le ministère de l’Ecologie français et le ministère de l’Economie et de l’Energie allemand dans son comité de pilotage.

Deux bureaux, l’un à Berlin, l’autre à la Défense dans les bureaux du Ministère de l’Ecologie  hébergent  cet Office qui est ainsi financé par la puissance publique elle-même.

En réalité l’OFATE est un organisme qui se trouve largement entre les mains de l’industrie éolienne allemande et œuvre dans l’intérêt de ses entreprises.

Il s’agit d’une association de droit allemand. Son siège est à Berlin. Le directeur s’appelle Sven Rösner et est visiblement allemand. Au sein du comité de pilotage 2017-2018, on dénombre 14 entreprises dont 9 appartiennent à un groupe allemand et 3 seulement sont françaises.

Economiquement ce sont les entreprises allemandes qui retirent un profit de l’action d’influence de ce que l’on peut appeler une entente ou un cartel éolien. La France, quant à elle, n’en retire guère un avantage économique et sa balance commerciale en souffre énormément.

Un constat de la domination étrangère et d’Outre-Rhin.

L’éolien industriel terrestre. L’occupation et le saccage de notre territoire.

En matière d’éolien terrestre, il n’existe pas de constructeur français significatif. Les constructeurs étrangers détiennent une quasi-exclusivité : en 2019, six entreprises, toutes étrangères, ont capté le marché de la construction et de l’installation.

Si la plus importante est la danoise Vestas, la part du lion revient à l’ensemble constitué par 4 constructeurs allemands qui ont édifié environ les deux tiers du parc éolien français :

La capacité des parcs éoliens terrestres exploités en France s’est élevée en 2019 à  15 820 MW et connait une progression qui s’est nettement accélérée en 5 ans

Les sociétés étrangères  (hors allemandes) exploitent environ 24% de cette capacité. Les exploitants allemands représentent 21%  avec VSB  et Volkswind. soit au total près de la moitié de la puissance de l’éolien terrestre exploité en France.

 L’éolien marin : un nouveau mur de l’Atlantique ?

Il existe sept projets éoliens en cours de montage. Leur puissance prévisionnelle totale et d’environ 3GW .

Les tours de table des consortiums sont majoritairement étrangers. La construction des turbines et l’installation des parcs se trouvent quasi-entièrement aux mains de sociétés étrangères et plus particulièrement du constructeur allemand Siemens.

En conclusion.

Le secteur économique de l’éolien industriel se trouve très largement maîtrisé par les constructeurs (à près de 100%) et des opérateurs étrangers malgré l’exploitation de parcs par EDF et ENGIE.

Les entreprises éoliennes allemandes jouent déjà un rôle important dans ce secteur économique en France. Appuyées par les ONG du type Greenpeace, elles bénéficient du soutien institutionnalisé   que les pouvoirs publics français accordent à l’éolien industriel grâce à la PPE.

Ce soutien est concrétisé par l’existence de l’OFATE, office qui se veut au service de la transition énergétique franco-allemande. Celle-ci n’existerait que si les intérêts étaient communs et équitables. Or les  intérêts français, même s’ils sont bafoués par ceux qui sont payés pour les défendre, sont différents de ceux de nos voisins.

La collaboration qu’implique une telle ambition ne peut que rappeler celle du cheval et de son cavalier. Les entreprises allemandes plantent leurs mats et en tirent chiffre d’affaire et profits et les Français bradent leurs terroirs et creusent encore plus leur déficit commercial.

Et si on avait une stratégie industrielle ?

Pour faire face au coronavirus et répondre, dans la durée, aux besoins essentiels. Les manquements frappent aujourd’hui là où nous avons alerté maintes fois. Clémentine Autain chronique la crise du Covid-19.

Comment est-il possible, à l’heure de la crise sanitaire, que nous n’ayons pas les moyens, dans la VIe puissance économique mondiale, de produire autant de masques, de gants ou de gel hydroalcoolique que de besoins ? Pourquoi en décembre 2018 avons-nous laissé l’entreprise Luxfer être délocalisée, cette usine qui produisait des bouteilles à oxygène dans le Puy-de-Dôme qui font maintenant cruellement défaut dans les hôpitaux ? Comment se fait-il que 100% du paracétamol disponible en France soit importé d’Asie, nous mettant face à une potentielle pénurie alors que nous luttons contre le Covid19 ? Quelle improbable stratégie de court terme a pu conduire l’État, il y a dix ans, à détruire les stocks de masques chirurgicaux et FFP2 ? Nous réalisons à quel point les choix d’hier nous mettent dans le mur en pleine crise sanitaire. Ce ne sont pas des questions de spécialistes mais bel et bien des enjeux majeurs de souveraineté et d’anticipation, qui nous concerne toutes et tous.

LIRE AUSSI SUR REGARDS.FR
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 Crise sanitaire : « On a un petit aperçu de la médiocrité de l’État à faire face »

http://www.regards.fr/politique/societe/article/crise-sanitaire-on-a-un-petit-apercu-de-la-mediocrite-de-l-etat-a-faire-face

À plusieurs reprises depuis le début du quinquennat, insoumis ou communistes, nous avons interrogé le gouvernement sur sa stratégie industrielle, en regrettant que, comme leurs prédécesseurs, les macronistes dilapident des entreprises détenues par l’État, soient incapables d’empêcher des délocalisations ou dérégulent l’économie réelle avec de nouvelles batteries de traités commerciaux internationaux. Le défaut de perspective industrielle digne de ce nom est notamment criminel du point de vue de la lutte contre le réchauffement climatique. Comment assurer la transition écologique indispensable si la puissance publique se dépossède de ses leviers industriels, ne sait pas intervenir intelligemment sur ce que l’on produit et comment on le produit ?

Parfois, j’ai eu l’impression de prêcher dans le désert. J’ai regretté, par exemple, que nous n’ayons pas réussi à enclencher une campagne de masse contre le CETA. Ce traité de libre-échange, sur lequel je m’étais engagé pour mon groupe à l’Assemblée nationale, inaugurait l’ère de textes bilatéraux signés à tout va, qui lamine notre souveraineté et, à la faveur de barrières douanières modifiées, organise une jungle de concurrence libre et non faussée. Autant de chèques en blanc signés aux multinationales. Sans grand débat public, ces textes comportant des milliers de pages touchent à notre vie quotidienne, de la santé aux services publics, en passant par la culture. Effrayant.

Le moment est venu de changer de stratégie. Le laisser-faire est une catastrophe. L’intérêt des grands groupes qui cherchent à dégager du profit n’est pas le bon guide pour satisfaire les besoins. En urgence, la France aurait déjà dû réquisitionner des usines pour produire ce dont les hôpitaux ont besoin pour soigner et abaisser rapidement le taux de mortalité. A moyen terme, il faut organiser la relocalisation de l’économie, en commençant par cesser de recourir à la production à l’autre bout du monde de produits que l‘on peut produire en France. Le temps est venu d’ouvrir le débat public sur nos besoins et de chercher à prévoir dans le temps le développement des moyens industriels pour y répondre. C’est un enjeu de santé publique, de responsabilité écologique, de souveraineté et donc de démocratie, de soutien à l’emploi dans notre pays. Nous ne pouvons pas laisser nos vies dans les mains des marchés financiers. Si nous continuons à mettre à mal tous nos moyens d’intervenir dans les choix de production, où allons-nous ? Nous irons de désastre en désastre. La crise du coronavirus pourrait être l’occasion de prendre la mesure des choix à opérer et d’engager une grande bifurcation de modèle économique et industriel.

Au moment où je termine ces lignes, je vois qu’Airbus a décidé de rouvrir partiellement ses usines…. L’urgence ? L’Airbus A320. L’entreprise aurait reçu 20.000 masques. Notre société ne tourne vraiment pas rond…

 

Clémentine Autain

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Les 10 startups qui ont levé le plus de fonds en janvier 2020

Par Léa Taieb et Alix Publie |  mis à jour le 03/02/2020
Avec 600 millions d’euros levés, startups françaises démarrent force l’année.
Avec près de 600 millions d’euros levés, les startups françaises démarrent en force l’année. @Getty Images

Chaque mois, les Echos START recense les plus grosses levées de fonds réalisées par les startups françaises.

Nous avons réalisé ce TOP 10 des plus grosses levées de fonds de janvier 2020, grâce à la “base des deals” de nos confrères de Capital Finance. Avec près de 600 millions d’euros levés en ce début d’année, les startups françaises démarrent en force l’année. En comparaison, la French Tech avait levé 248 millions d’euros en janvier 2019. 2020, année riche ?

1- EcoVadis, la plateforme de notation de la RSE qui s’internationalise : 180 millions d’euros

Née en 2007, EcoVadis a développé une plateforme permettant aux sociétés d’évaluer la responsabilité sociétale (RSE) de leurs fournisseurs sur différents indicateurs : respect de l’environnement et conditions de travail, notamment.

Jeudi 9 janvier, l’entreprise française a annoncé avoir levé 180 millions d’euros, une somme qu’elle doit à CVC Growth Partners, la branche growth Equity de CVC Capital Partners. En 2016 déjà, la jeune pousse avait levé 30 millions d’euros auprès de Partech Ventures.

EcoVadis compte aujourd’hui 60.000 clients dans 155 pays différents et “connaît une croissance annuelle de 40% par an sur les cinq dernières années” informe le communiqué de presse. En France, la plateforme collaborative travaille avec de nombreux groupes du CAC 40. L’Oréal, Axa, Alstom, Nestlé et Heineken ou encore LVMH (propriétaire du groupe Les Echos) figurent parmi ses clients.

Avec cette nouvelle levée de fonds, EcoVadis mise sur une meilleure implantation aux États-Unis et en Asie et promet de recruter 200 salariés à travers le monde (la société en compte 600) en 2020.

2- ManoMano, le spécialiste du bricolage et du jardinage, à la conquête de l’Europe : 125 millions d’euros

Depuis son lancement en 2013, ManoMano, spécialiste de la vente en ligne de produits de bricolage et de jardinage n’a cessé de grossir. En l’espace de six ans, la startup a levé en tout 311 millions d’euros et cette année, l’entreprise tape fort avec 125 millions d’euros levés, de quoi lui donner une longueur d’avance sur le marché européen.

En 2019, les ventes chez nos voisins européens représentaient un tiers de ces 620 millions d’euros de chiffre d’affaires de la plateforme.

Aujourd’hui, ManoMano revendique plus de 3 millions de références, plus de 3,5 millions de clients actifs à travers l’Europe et 370 employés dans six pays d’Europe. Depuis peu, le site internet est membre du Next40, l’indice français des startups qui pourraient se transformer en licornes.

3- Qonto, la néobanque bientôt établissement bancaire : 104 millions d’euros

Qonto vient de réaliser une levée de fond spectaculaire pour une Fintech française de 104 millions d’euros. Ce succès repose sur des investisseurs fidèles et sur de nouveaux actionnaires comme le géant chinois Tencent.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Le retail, nouveau secteur phare pour les startups du French Tech 120

https://start.lesechos.fr/innovations-startups/top-startups/le-retail-nouveau-secteur-phare-pour-les-startups-du-french-tech-120-17245.php

Grâce à cette augmentation de capital, Qonto pourra se transformer en un véritable établissement bancaire et cela à l’échelle européenne. Pour mener à bien cet objectif ambitieux, la jeune pousse prévoit de recruter une centaine de personnes, de quoi atteindre le nombre symbolique de 300 salariés. Aujourd’hui, la jeune pousse compte 65.000 PME clientes dans toute l’Europe, mais espère doubler ce nombre d’ici fin 2020.

Depuis début 2019, son chiffre d’affaires  a été multiplié par quatre et son implantation chez nos voisins européens s’est largement renforcée.

4 – LumApps, l’Intranet qui facilite la vie de bureau  : 63 millions d’euros

Depuis sa création en 2012, LumApps propose aux entreprises un Intranet “intelligent, social et mobile”, pensé pour informer et fédérer les collaborateurs. En ce début d’année, l’entreprise a levé 63 millions d’euros auprès d’investisseurs historiques comme Bpifrance ou Idinvest Partners.

Grâce à ces nouvelles ressources, LumApps aura les moyens de perfectionner son interface, voire de l’enrichir grâce à l’intelligence artificielle et le machine learning. Elle prévoit aussi de doubler le nombre de ses salariés (pour atteindre environ 400 salariés) et réfléchit à de possibles fusions et acquisitions.

La jeune pousse réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires aux États-Unis. Décidée à conquérir le monde, l’entreprise investit le continent asiatique, et prévoit d’ouvrir des bureaux en Allemagne, au Canada et à Singapour. Début 2020, elle revendique plus de 260 clients (comme Airbus, Auchan ou Colgate), 4 millions d’utilisateurs et vise les 10 millions d’ici 2022.

5 – Lydia Solutions, l’app pour rembourser ses potes : 40 millions d’euros

Lancée en 2013, l’application de paiement mobile a bien grandi. Il s’agit désormais d’une interface qui permet de réaliser tous ses paiements via Lydia et non plus via une application bancaire.

Aujourd’hui, 25% des Français entre 18 et 30 ans possèdent un compte Lydia, avance la Fintech. La startup revendique d’ailleurs plus de 3 millions d’utilisateurs, dont la plupart sont français.

L’arrivée du chinois Tencent dans son capital lui a permis de lever 40 millions d’euros en ce début d’année. Grâce à cette somme, Lydia pourra accélérer son implantation sur le marché des services financiers et conquérir le coeur d’autres pays d’Europe.

Pour devenir “le Paypal de la nouvelle génération mobile”, entre 50 et 100 nouvelles recrues pourraient rejoindre la jeune pousse qui compte déjà 90 salariés.

6- Eyevensys, la biotech qui vous aide à y voir plus clair :  27 millions d’euros

Eyevensys, fondé en 2008, créée des solutions ophtalmologiques non invasives et durables pour traiter les maladies oculaires et ainsi répondre aux limitations des solutions actuelles telles les opérations ou les injections dans l’oeil. Développée par la docteure Francine Behar-Cohen et co-dirigée par Patricia Zilliox, la biotech parisienne fait partie des 3% des startups dirigées exclusivement par des femmes. A ce deuxième tour de fonds s’invitent Boehringer Ingelheim Venture Fund, Global Health Sciences Fund et Pureos Bioventures pour une somme totale de 27 millions d’euros.

Avec ces nouveaux fonds récoltés, la startup peut ainsi commencer la deuxième phase clinique de son produit aux Etats-Unis. En plus de son produit phare, la startup développe deux autres produits pour traiter des maladies dégénératives de l’oeil telles la rétinite pigmentaire, et la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

7- HomeLoop, l’OpenDoor français qui révolutionne le marché de l’immobilier :  20 millions français

La proptech française, créée en 2016, propose de racheter et de revendre les biens immobiliers de ses clients. Elle s’occupe de tout le processus, de l’offre d’achat générée par un algorithme à la signature de la vente, offrant ainsi un service rapide, fiable, sécurisé et adapté au client.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Logement : devenez un propriétaire pépère grâce à ces startups

https://start.lesechos.fr/au-quotidien/logement/logement-devenez-un-proprietaire-pepere-grace-a-ces-startups-17315.php

Avec un volume de biens supérieur à 18 millions d’euros en 2019, la jeune pousse ambitionne de passer les 100 millions d’euros en 2020 grâce à cette nouvelle levée de fonds entièrement financée par Crescendix. Actuellement présente en Ile-de-France, à Lille et à Nantes, HomeLoop compte bien s’étendre à d’autres grandes villes françaises.

8- Euralis Semences, un des leaders mondiaux des semences : 20 millions

La filiale du groupe coopératif agricole français Euralis créée en 1950 est une des plus grosses sociétés une des plus grosses de semences européennes. Ses cultures phares, le maïs, le tournesol, le colza, le sorgho et le soja, réparties sur plus de 3,3 millions d’hectares, font d’elle un des leaders mondiaux en la matière. La filiale travaille avec 1.150 professionnels de l’agriculture, à tous les niveaux, de la recherche jusqu’à à la commercialisation.

Euralis Semences se tourne vers la Russie avec cette nouvelle levée de 20 millions d’euros menée par ses actionnaires Unigrains et Sofiprotéol, pour un projet de construction d’une usine de production de semences. Leur but : doubler les quantités de semences vendues chaque année en Russie d’ici 2025. Un beau projet pour la filiale qui enregistre un chiffre d’affaires de 210 millions d’euros pour son activité 2018-2019, un chiffre en hausse de 8 %, et un bénéfice opérationnel à 29 millions d’euros, également en hausse.

9- ValueState, les experts de l’investissement hôtelier : 25 millions d’euros

ValueState, fondée en 2010, est spécialisée dans les investissements immobiliers et la gestion d’hôtels franchisés. Son portefeuille se constitue d’une dizaine d’hôtels entre 3 et 5 étoiles se situant principalement en centre-ville, à Paris, Lyon, Marseille ou encore Courchevel et Chambéry. La société immobilière compte déjà plus de 535.000 clients.

ValueState jusqu’ici soutenue par des family offices vient de lever 25 millions d’euros grâce au soutien de trois nouveaux actionnaires minoritaires, Idia Capital Investissement, Bpifrance et Socadif Capital Investissement. Avec ce capital au compteur, ValueState compte doubler son chiffre d’affaires pour 2025.

10- Alderaan Biotechnology, la biotech qui veut battre le cancer : 18,5 millions

La biotech parisienne fondée en 2017 par Advent France Biotechnology (AFB) et deux professeurs spécialisés en immunologie, a su lever 18,5 millions d’euros auprès des fonds pan-européens Medicxi Ventures et AFB. La startup développe actuellement deux solutions, une pour le traitement des cancers du foie, du sein et des ovaires et l’autre pour les cancers de la cerveau, du cou et des reins.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Bricolage : Mon Coach Brico, Hemea et Bricoco, 3 startups à suivre

https://start.lesechos.fr/innovations-startups/top-startups/bricolage-mon-coach-brico-hemea-et-bricoco-3-startups-a-suivre-17280.php

Cette levée va permettre à la biotech de continuer à développer les solutions avec pour objectif d’atteindre les premiers essais cliniques avant 2022 pour sa première solution. La startup compte cinq membres, ses deux fondateurs chercheurs à l’hôpital Saint-Louis à Paris et à l’Institut Paoli Calmette à Marseille ainsi que son dirigeant Arnaud Foussat.

PAR LÉA TAIEB ET ALIX PUBLIE

Viande bovineLa FNB veut travailler très vite à l’organisation des producteurs

 | par   |  Terre-net Média

Dans un « contexte morose » de décapitalisation croissante du cheptel allaitant, faute de prix rémunérateurs, la Fédération nationale bovine veut travailler très rapidement sur l’organisation des producteurs et la contractualisation « en marche avant » dans l’espoir d’endiguer « le plan social annuel que connaît la production bovine française ».

Selon le plan de filière viande bovine, les acteurs se sont engagés à ce que 40 % des volumes passent en Label Rouge d'ici 2023.

Selon le plan de filière viande bovine, les acteurs se sont engagés à ce que 40 % des volumes passent en Label Rouge d’ici 2023. (©Terre-net Média)

Les années passent, les attentes restent. L’an passé, à l’occasion de leur congrès 2019 en Lozère, les éleveurs de la fédération nationale bovine s’estimaient sous pression de prix non rémunérateurs et contraints d’observer une décapitalisation importante du troupeau allaitant français.

Un an plus tard, à la veille d’un congrès 2020 qui se tiendra les 5 et 6 février à Anse, au nord de Lyon, rien ne semble avoir changer. « J’ai l’impression de me répéter, mais la situation ne s’améliore pas », a résumé Bruno Dufayet, président de la FNB, lors d’une conférence de presse mercredi 15 janvier. « Les chiffres sont encore plus alarmants que l’an dernier : en moyenne et toutes catégories confondues, on enregistre des prix d’entrée abattoir à 3,60 €/kg, payé 3,45 €/kg à l’éleveur, pour un coût de production qui a encore augmenté, à 4,89 € ! » Autrement dit, à chaque kilo de carcasse vendu, un éleveur de bovins allaitants perd 1,44 €.

À chaque kilo de carcasse vendu, un éleveur de bovins allaitants perd en moyenne 1,44 €.

Mais la FNB veut croire dans des perspectives qui lui semblent pourtant porteuses. « Nous faisons le constat d’un maintien de la consommation française. Nous sommes en reconquête dans la restauration hors domicile, avec 48 % de viande bovine française constatée en 2017, contre 34 % en 2014. » Le marché italien de l’engraissement des broutards s’est lui aussi éclairci, depuis que la Pologne a fait le choix d’engraisser ses propres animaux.

Reste la mise en œuvre du « plan de filière interprofessionnel » qui nécessitera de « bâtir très vite » une nouvelle organisation des producteurs « pour ne plus qu’on se fasse concurrence entre nous », face notamment au leader du marché.

La FNB veut ainsi « très rapidement » travailler sur une AOP (association d’organisation de producteurs, ndlr) ». « Un travail doit aussi être mené avec les coopératives », précisent les représentants du syndicat. « Notre objectif c’est qu’au salon de l’agriculture, fin février, on soit dans une logique de création d’une association d’organisations de producteurs pour réussir à jouer collectif et ainsi imposer des prix rémunérateurs aux éleveurs, face aux acteurs de l’aval de la filière » espère Bruno Dufayet.

40 % DE LA VIANDE BOVINE FRANÇAISE SOUS LABEL ROUGE D’ICI 2023

Autre enjeu : la contractualisation. Alors qu’aujourd’hui seules 2 % des transactions font l’objet d’une contractualisation formelle, un décret ministériel a rendu obligatoire la contractualisation écrite pour toute transaction commerciale de viande bovine en Label Rouge, en décembre. Or dans le cadre de l’application du plan de filière issu des travaux des EGA, la filière s’est engagée à ce que 40 % de l’offre de viande bovine en 2023 soit en label rouge.

La contractualisation écrite doit donc permettre que « les pratiques commerciales du passé privant l’éleveur d’une juste rémunération n’aient plus lieu d’exister », selon le syndicat. « Le vendeur devra proposer à son acheteur un contrat comportant, notamment, l’indicateur de coût de production interprofessionnel, ainsi qu’un engagement ferme portant sur les volumes prévisionnels, exprimés en têtes d’animaux ou carcasses entières. »

20 % des éleveurs de bovins viande sont dans une situation de trésorerie très précaire.

Selon la FNB, il y a urgence, car la décapitalisation du cheptel allaitant s’est amplifiée en 2019. « Le cheptel a perdu 220 000 têtes l’an passé. » Un contexte qui est, selon Bruno Dufayet, à l’origine du « plan social annuel » que connaît l’élevage allaitant. « Encore en 2019, 1 200 éleveurs ont arrêté le métier et ne sont pas remplacés ». Qu’il s’agisse de départs en retraite ou non, « il n’y a pas de repreneur et les terres partent à l’agrandissement ou sont reprises pour une autre filière ». Et parmi ceux qui poursuivent leur activité, « 20 % sont dans une situation de trésorerie très précaire. »

À la conjoncture nationale s’ajoute un climat international qui inquiète tout autant les leaders de la FNB. « Depuis l’application provisoire du Ceta (l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, ndlr), les importations de viande bovine canadiennes ont triplé ». Et Bruno Dufayet d’ajouter : « Les Canadiens ne se sont pas battus pour obtenir un contingent de 65 000 t pour finalement n’en exporter que 2 000 t ! Nous ne sommes pas dupes. »

Seule éclaircie au tableau de l’export : l’intérêt des acheteurs chinois pour la viande française. Depuis qu’il s’est rendu en Chine avec une délégation invitée par Emmanuel Macron en octobre dernier, le président de la FNB estime à 50 000 t le volume annuel de viandes de qualité que la France pourrait écouler « à échéance très courte ».

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Accords commerciaux : le débat est-il à la hauteur de l’enjeu ?

LIBRE-ÉCHANGE

JULIEN HALLAK
Les négociations d’accords de libre-échange transatlantiques, le TTIP avec les Etats-Unis, le Ceta avec le Canada et maintenant l’accord UE-Mercosur avec l’Amérique latine, ont récemment mobilisé une grande partie de l’opinion publique européenne. Ces mouvements ont réussi à mettre la question des finalités de la politique commerciale sur le devant la scène.

Le rapport 2019 de l’Institut pour le développement de l’information économique et sociale (Idies), qui vient d’être publié, vise à présenter une analyse de la qualité du débat démocratique en France sur les accords commerciaux à partir d’une série d’entretiens qui donnent un aperçu, n’ayant pas vocation à être représentatif, des positions des experts, parties prenantes, journalistes et professeurs sur ce sujet. Nous en donnons les principaux éléments ici.

Un débat mal posé

Au plus fort de la contestation contre le Ceta, Emmanuel Macron évoque une « naïveté libre-échangiste », mais dénonce l’installation d’un « néoprotectionnisme » fondé sur le rejet de l’autre lorsqu’il s’exprime au Conseil européen le 2 juillet dernier. Cette attitude paradoxale, qui consiste à rejeter le « libre-échange » tout en craignant ses alternatives, paralyse le débat démocratique d’une manière particulièrement dangereuse. Ni le protectionnisme agressif à la Donald Trump, ni la maximisation des échanges et des investissements ne sont favorables à une transition écologique et sociale qui se fait de plus en plus urgente.

Par ailleurs, à l’heure où les droits de douane mondiaux sont au plus bas, cette dichotomie entre « ouverture » et « fermeture » n’a plus aucun sens. Pour Jean-Marc Siroën, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine : « La qualification d’accords de libre-échange est totalement à côté de la plaque, même si c’est compréhensible vu la limitation de nos cadres d’analyse ». Pour Mathilde Dupré, co-directrice de l’Institut Veblen pour les réformes économiques : « Le commerce est depuis trop longtemps pensé comme un enjeu séparé des autres dimensions du fonctionnement d’une économie, alors que les accords de commerce ont un impact certain sur nos politiques publiques. Le débat est d’emblée très mal posé ».

Une écoute limitée des parties prenantes

Le jeu en vaut-il la chandelle ? Ces accords tentent-ils de répondre aux besoins de la société civile tout en bénéficiant à l’économie européenne ? Les parties prenantes interrogées sont restées sceptiques sur les deux aspects. Pour la CPME, les petites et moyennes entreprises ne sont pas réellement incitées à bénéficier de ces accords : « Il n’y a pas eu suffisamment d’informations de la part des autorités ». La FNSEA regrette pour sa part une « mise en concurrence des modèles agricoles […] des produits faits dans des conditions de concurrence déloyale peuvent donc arriver sur nos marchés sans aucun problème », pourtant relevée par le rapport commandé en 2017 par le gouvernement sur le Ceta.

Malgré l’introduction d’un chapitre sur le développement durable dans les nouveaux accords, la CFDT demande un « suivi réel de l’application des normes sociales et environnementales et un rôle accru des ONG et des syndicats dans le suivi de la mise en œuvre générale des accords », pour que ceux-ci répondent réellement aux préoccupations de la société. Malgré quelques améliorations, tous les interrogés témoignent de l’opacité des négociations et la difficulté d’avoir assez d’informations, de moyens et de temps pour prendre du recul.

Un manque de recul

Les traités actuels vont bien au-delà du commerce. Ils touchent au fonctionnement de nos économies en général, en mettant en place une coopération sur les règles de protection des investissements, de l’accès aux marchés publics, ainsi que sur les normes techniques, sanitaires, environnementales et sociales. Tout cela explique les inquiétudes du public, qui demande une présentation claire des coûts et bénéfices à signer ces traités.

Les entretiens avec Sébastien Jean, directeur du Cépii, et Pierre Kohler, économiste à la Cnuced, révèlent combien les études d’impacts passent à côté de l’essentiel du contenu de ces accords. Leur caractère limité touche aussi à la fermeture sur elle-même de l’économie en tant que discipline qui, malgré la crise de 2008 et de nombreux appels d’étudiants comme d’intellectuels au débat théorique et à l’interdisciplinarité, campe sur ses positions.

De plus, les économistes proposant des contre-expertises ne sont même pas invités à participer au débat scientifique et institutionnel. Ils se voient marginalisés a priori. Cela provoque pourtant des effets politiques, comme le conclut le rapport du gouvernement sur le Ceta : « Les bénéfices à attendre des accords de libre-échange ont par le passé été surestimés par leurs promoteurs, tandis que les conséquences distributives en ont été minimisées et les externalités négatives tout simplement ignorées. »

Pour une régulation des échanges

Si les accords actuels visent bien à maximiser les échanges entre deux partenaires commerciaux, ils ne sont pas dénués de règles. En ce sens, tous les accords sont des textes de régulation des échangesIl ne s’agit donc pas de se demander si le commerce est un bien ou un mal en soi, mais quelles finalités et quels objectifs sert la politique commerciale. De ce point de vue, la politique commerciale constitue une politique économique comme une autre, et elle doit donc être articulée à des impératifs de transition écologique et sociale. Personne ne défend un retour au chacun pour soi.

Julien Hallak est chargé de mission à l’Institut Veblen.

Le travail de l’Idies sera présenté plus en détail et discuté aux Journées de l’Économie de Lyon le 6 novembre à l’INSEEC Amphi 4, 25 Rue de l’Université, 69007 Lyon, de 14h à 15h30 avec Mathilde Dupré, co-directrice de l’Institut Veblen pour les réformes économiques, Jean-Marc Vittori, éditorialiste Les Echos, Marie Viennot, journaliste à France Culture et Mariano Fandos, secrétaire confédéral CFDT (Plus d’informations et inscription ici).

https://www.alternatives-economiques.fr/accords-commerciaux-debat-a-hauteur-de-lenjeu/00090722

Le point sur le développement de la filière éolienne en France

Maintenance éolienne

Techniciens de maintenance au sommet d’une éolienne à Pontivy dans le Morbihan (©EDF-Hugo Aymar)

L’association France Energie Eolienne, « porte-parole » de la filière au niveau national(1), a publié le 8 octobre son Observatoire annuel de l’éolien(2). Ce qu’il faut en retenir.

Capacités installées, facteur de charge et production

En 2018, 1 552 MW éoliens ont été raccordés au réseau électrique en France (près de 70% des nouvelles éoliennes ont été fournies par les constructeurs Vestas et Enercon). À fin juin 2019, la puissance cumulée du parc éolien français atteignait 15 820 MW.

À titre indicatif, la PPE avait fixé un objectif de 15 GW éoliens installés en France métropolitaine continentale à fin 2018(3), cible qui a été atteinte. À l’horizon 2028, la PPE envisage au moins 34,1 GW de capacités éoliennes terrestres raccordées(4) (auxquelles s’ajoutent les parcs offshore), ce qui implique « d’accélérer (le rythme des installations) à 2 GW raccordés par an », souligne France Energie Eolienne.

Rappelons ici que ces capacités doivent être rapportées aux facteurs de charge des installations (qui varient d’une filière à une autre et d’un site à un autre) afin d’évaluer le volume d’électricité qu’elles permettront in fine de produire.

En 2018, l’éolien a produit 27,8 TWh en France métropolitaine (+ 15,3% par rapport à 2017), soit 5,1% de la production nationale d’électricité selon le gestionnaire de réseau RTE (le facteur de charge de la filière était en moyenne de 21,1% en 2018).

Parc éolien français
Les objectifs de la PPE pour la France métropolitaine continentale – ici indiqués en pointillés pour l’éolien terrestre – doivent être confirmés « par décret d’application à la fin de l’année 2019 », rappelle France Energie Eolienne. (©Connaissance des Énergies, d’après France Energie Eolienne)

Répartition des parcs et développement des installations « de grande hauteur »

À fin juin 2019, la France comptait 7 950 éoliennes réparties entre près de 1 380 parcs (données incluant les territoires ultramarins). À cette date, deux régions disposaient sur leurs territoires de 50% des capacités éoliennes françaises raccordées : les Hauts-de-France (315 parcs éoliens) et le Grand Est (259 parcs).

Précisons par ailleurs que 16 exploitants gèrent plus de 300 MW de capacités éoliennes en France, les premiers d’entre eux étant les grands énergéticiens Engie (2 160 MW à fin juin 2019 en incluant les installations de CNR) et EDF Énergies renouvelables (1 556 MW).

Outre les mesures de simplification du cadre réglementaire, l’essor de l’éolien en France passe entre autres par « l’introduction de machines de dimensions plus grandes et plus performantes » permettant de capter des vents forts et réguliers (notamment dans des zones a priori moins attrayantes pour la filière), souligne France Energie Eolienne. L’association cite en exemples les parcs de Chamole (Jura) et Massay (Cher) qui disposent d’éoliennes atteignant 193 m de haut « en bout de pales » (contre 120 à 155 m en moyenne en France) avec des mâts de 135 m (entre 80 et 100 m en moyenne).

France Energie Eolienne estime que ces projets « de grande hauteur » – fréquents en Allemagne – sont encore « trop rares » sur le territoire français (en raison de barrières d’ordre réglementaire, logistique ou environnementale). Il est notamment « presque impossible d’implanter une éolienne à moins de 30 km d’un radar militaire », ce qui conduit selon l’association à interdire « plus de 50% du territoire […] aux éoliennes de plus de 150 mètres de hauteur ».

Éolien offshore et voisins européens

France Energie Eolienne souligne par ailleurs les attentes relatives à l’éolien offshore en France. Bien que bénéficiant de 3 500 km de côtes et du 2e gisement de vent en Europe après le Royaume-Uni, la France ne dispose toujours pas de parc offshore en service (seule l’éolienne flottante « Floatgen » est en service au large du Croisic).

Parmi les différents projets éoliens offshore en cours de développement en France, les parcs de Courseulles-sur-Mer (75 éoliennes de 450 MW de puissance cumulée) et de Fécamp (83 éoliennes, 498 MW) devraient être les premiers à être mis en service, en 2022 selon le calendrier actuel. En avant-propos de cet Observatoire, la ministre en charge de l’énergie Élisabeth Borne souligne que « le Parlement a renforcé l’ambition de développement de l’éolien en mer en fixant un nouvel objectif de rythme d’attribution de 1GW par an d’ici à 2024 ».

Pour illustrer la compétitivité de la filière offshore, France Energie Eolienne fait référence aux tarifs proposés dans le cadre du dernier appel d’offres à Dunkerque, projet attribué pour « moins de 50 €/MWh » (63 €/MWh pour les derniers appels d’offres relatifs à l’éolien terrestre(5)). Signalons toutefois que la forte baisse du prix annoncé dans le cas de ce projet est autres liée à l’évolution du cadre réglementaire – « inspiré du modèle appliqué en mer du Nord » : le raccordement du parc sera « financé par RTE et refacturé à l’ensemble des consommateurs ».

Pour rappel, la France dispose du 4e parc éolien en Europe après l’Allemagne, l’Espagne et le Royaume-Uni. L’ensemble du parc éolien de l’UE à 28 – d’une puissance de 178,8 GW à fin 2018 (dont près de 18 GW offshore) –  a produit 362 TWh en 2018 selon les données de WindEurope(6).

Energie éolien dans l'Union européenne
En 2018, les facteurs de charge moyens de la filière éolienne dans l’Union européenne ont atteint 22% pour les installations terrestres et 36% pour les parcs offshore. (©Connaissance des Énergies, d’après WindEurope)

Emplois et recettes fiscales

La filière éolienne revendique sa position de premier « employeur ENR en France » : l’ensemble de la chaîne de valeur éolienne employait 18 200 personnes(7) « s’appuyant sur environ 1 000 sociétés »  à fin 2018, soit 6,4% de plus qu’un an plus tôt (+ 1 100 emplois). France Energie Eolienne estime que la filière crée « 1,2 emploi au cœur des territoires pour chaque nouveau MW d’énergie éolienne raccordé ».

L’Observatoire de l’éolien souligne que la filière crée de l’emploi sur l’ensemble du territoire français, « y compris dans les zones rurales » (activités d’exploitation et de maintenance) bien qu’une part très importante des emplois du secteur soit encore concentrée dans « le Bassin parisien (Île-de-France ainsi qu’une partie des régions Centre-Val de Loire et Normandie), regroupant traditionnellement une part importante des sièges sociaux d’entreprises ». L’Observatoire indique par ailleurs que « de nombreux emplois restent à pourvoir dans l’éolien, notamment dans le développement et la maintenance ».

France Energie Eolienne souligne également dans sa publication les recettes fiscales des collectivités associées aux parcs éoliens (imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux, taxes foncières, etc.) : elles avoisineraient « de l’ordre de 10 000 à 15 000 euros par MW raccordé et par an »(8). Selon l’association, l’implantation de parcs éoliens contribue à l’émergence au niveau local d’autres « projets porteurs d’avenir : chaufferies au bois, réhabilitation des bâtiments publics, mise en place de circuits courts d’approvisionnement alimentaire, etc. »

Précisons que la « fin de vie » des parcs éoliens (démontage et recyclage(9)) n’est qu’« abordée » dans ce rapport mais ne fait pas l’objet d’une quantification. L’Observatoire éolien mentionne toutefois 2 exemples de projets de « renouvellement » de parcs (Sainte-Suzanne à la Réunion et Souleilla-Corbières-Treilles dans l’Aude(10)) qui doivent permettre d’augmenter sensiblement les productions.

Emplois dans la filière éolienne française
La branche « Études et développement » compte pour près de 30% des emplois de la filière éolienne en France à fin 2018 selon l’Observatoire de l’éolien 2019. (©Connaissance des Énergies, d’après France Energie Eolienne)

Tout ce qu’il faut savoir sur le CETA

« En évitant soigneusement les questions majeures : Est-il prudent de se rendre dépendant d’un pays outre Atlantique pour des questions alimentaires la situation énergétique étant ce qu’elle est ? Qui d’autre que les multinationnales trouve un intérêt à cet accord ? Ne s’agit-il pas de la mise en place d’un énorme gaspillage ? Veut-on vraiment aller jusqu’au bout de la privatisation de nos services publiques ? Veut-on vraiment donner tous les pouvoirs aux firmes et abandonner notre système démocratique (déjà très mal en point) ? La politique, la vraie, ne consisterait-elle pas à mettre en place ce qu’il est utile de faire (créer une agriculture qui nous donne une autonomie alimentaire, redéfinir les besoins des individus et constituer une société qui puisse les satisfaire, créer un contre-pouvoir aux volontés hégémoniques des firmes, …) ? Il est clair, avec un minimum d’objectivité, que la signature du CETA emmène le monde à l’opposé de ces intérêts et de nos intérêts. Il ne s’en cache même pas, c’est seulement les observateurs qui s’efforcent de ne pas le voir. »

P

PTout ce qu'il faut savoir sur le CETA

Publié le
Les agriculteurs avancent beaucoup de raisons pour expliquer leur colère. Mais ces dernières semaines, c’est le vote en faveur du Ceta à l’Assemblée nationale du 23 juillet dernier qui a remis le feu aux poudres. Qu’implique cet accord entre l’Union Européenne et le Canada ? Pourquoi inquiète-t-il à ce point nos agriculteurs ? Éléments de réponse.
P

Qu’est-ce que le Ceta ?

P

Pourquoi le qualifie-t-on d’accord de «nouvelle génération» ?

Cette expression est employée depuis 2011 et le début des négociations pour l’accord en l’UE et la Corée du Sud, bouclé en 2015. Elle signifie que contrairement aux anciens accords commerciaux, la «nouvelle génération» ne se limite pas à la simple réduction des droits de douane entre les États que l’accord concerne. Les nouveaux accords réduisent également ce qu’on appelle les «obstacles non-tarifaires». Dans le cas du Ceta, ça veut dire que l’accord va également faciliter l’échange de services, ouvrir davantage les marchés publics aux candidatures étrangères ou encore harmoniser les normes de toute nature afin de limiter les démarches de certification de conformité à l’exportation.

PQui est contre et pourquoi ?

À l’échelle de l’Europe, les réticences gouvernementales ont été assez faibles dans un premier temps. Seule la Belgique, en 2016, à cause du refus de trois gouvernements régionaux, a fait reporter de quelques jours la ratification du traité par le Parlement européen. Aujourd’hui, d’autres pays posent problème, au premier rang desquels l’Italie, qui a promis à plusieurs reprises à ses agriculteurs que l’accord ne passerait pas chez eux. L’Irlande et la Pologne font aussi partie des pays où le travail législatif n’a pas commencé. En l’état, 90 % du contenu de l’accord – la partie qui ne nécessitait que la ratification de l’UE – est déjà entré en vigueur. Mais si l’Italie ou n’importe quel autre parlement national ou régional des 28 États membres refuse de ratifier la partie de l’accord qui dépend de l’État et qui concerne les tribunaux d’arbitrage, alors c’est la globalité du Ceta, sous cette forme, qui devra être abandonné. En France, les critiques viennent principalement de deux secteurs pourtant souvent en opposition : agriculteurs et écologistes. Les premiers craignent une nouvelle concurrence déloyale venue d’Outre-Atlantique, puisque l’accord prévoit une très importante augmentation des quotas d’importation de produits canadiens comme le bœuf, le porc, le blé ou le maïs. Problème : les agriculteurs canadiens sont soumis à beaucoup moins de contraintes de production que leurs homologues français. Leurs prix sont donc plus compétitifs. Du côté des écologistes, on regrette cette augmentation d’échanges commerciaux qui va fatalement avoir un impact sur l’environnement via le transport de marchandises.

PQui est pour et pourquoi ?

La majorité des pays de l’UE sont favorables au Ceta. D’ailleurs, en plus de la France, 13 des 28 États membres ont déjà ratifié l’accord (Autriche, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni et Suède). En France, même s’il subsiste des réserves, les producteurs de fromage doivent pouvoir bénéficier de l’augmentation des quotas d’exportation. La reconnaissance sur le sol canadien de 143 appellations géographiques européennes (sur un total de 1 500), dont 42 pour la France, est également une bonne nouvelle. Mais les principaux bénéficiaires pourraient être les grandes entreprises comme Alstom ou Bouygues, qui lorgnent l’ouverture des marchés publics canadiens à la concurrence européenne (de 10 % à 30 %).

Depuis des années, la colère monte

«Suicides», «endettement», «sécheresse», «loup», «CETA», «Mercosur», «retraites», «ZNT», «prix», «végans». Dans les allées du Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand vendredi dernier, Emmanuel Macron a pu apprécier sur les pancartes tous les motifs de griefs des agriculteurs, qui se cumulent depuis des années. Et il y en a eu d’autres ! Souvenez-vous l’hiver 2017-2018. À la fin du mois de janvier, les agriculteurs, révoltés contre la diminution des zones agricoles défavorisées, avaient multiplié les actions d’envergure. Dans la région en particulier : à Toulouse, une vaste opération de blocage du périphérique avait eu lieu, point d’orgue de plusieurs semaines de grogne au bout desquelles ils avaient obtenu gain de cause. Mais encore ? L’ours, la grippe aviaire… La liste est très longue.

 Lucas Serdic