Le jeûne séquentiel, un « élixir de jeunesse », assure le docteur Frédéric Saldmann

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Frédéric Saldmann4:59
Le jeûne séquentiel, un « élixir de jeunesse » selon le docteur Frédéric Saldmann

Invité sur Europe 1, le docteur Frédéric Saldmann est venu parler du jeûne séquentiel et de ses bienfaits, à l’occasion de la sortie de son livre « On n’est jamais mieux soigné que par soi-même, la santé sans tabou », paru le 30 janvier aux éditions Plon. Selon l’expert, le jeûne séquentiel quotidien d’une dizaine d’heure permettrait au corps de se régénérer.

Le docteur Frédéric Saldmann a partagé au micro d’Europe 1 les secrets du jeûne séquentiel. Invité de l’émission « La bande d’Anne Roumanoff », pour la sortie de son livre On n’est jamais mieux soigné que par soi-même, la santé sans tabou, l’expert a partagé les secrets de cette pratique alimentaire. « Il s’est passé un événement fin 2019. Une étude scientifique est sortie sur le jeûne séquentiel. En fait, on a découvert l’élixir de jeunesse. Comment rajeunir de l’intérieur », explique le docteur. Le jeûne séquentiel, c’est-à-dire cesser de manger tous les jours à une certaine heure durant, au moins, 14 heures, serait bon pour la santé. C’est ce que Frédéric Saldmann explique de façon détaillée dans son nouvel ouvrage.L’idée est de passer de trois à deux repas par jour : « On dîne et on attend 13 heures le lendemain pour déjeuner. » La boisson est toutefois autorisée pendant la période à jeun, « de l’eau, du thé, du café », énumère-t-il. Et pour les débutants, pas d’inquiétude explique le docteur, il existe deux coupes-faims naturels :  « De l’eau avec de l’agar-agar » ou encore « manger un gâteau basse calorie avec de l’eau et de l’agar-agar », pour avoir l’impression de sortir de table.
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Lutter contre « l’obsolescence programmée du corps »

Selon le docteur Frédéric Saldmann, le jeûne séquentiel n’est rien de moins qu’une « révolution » :  « C’est comme si dans une vie on avait un nombre de repas à prendre. Manger, ce n’est pas rien, c’est faire travailler le foie, le rein, des hormones, des enzymes et à un moment donné, qu’est-ce qui se passe ? Le corps fatigue un petit peu. »

L’idée est donc d’économiser notre corps et les résultats sont bluffants selon le médecin. « Quand on pratique ce jeûne séquentiel on baisse l’inflammation du corps qui est la porte d’entrée de toutes les maladies.  On monte à fond l’immunité, débarrassée des cellules cancéreuses qu’on produit tous les jours, des virus, des bactéries et des toxiques aussi. En plus, on monte l’hormone de croissance anti-vieillissement jusqu’à 3.000 % (…)  On lutte contre notre obsolescence programmée. »

Selon l’expert, il faut trois mois au corps pour s’habituer à ce rythme de prise de repas. Attention toutefois, précise le médecin, ce régime n’est pas pour les enfants, les adolescents, les femmes enceintes et si contre indication médicale.

Par Olfa Ayed

Dans le Centre, «on voit resurgir des pathologies disparues depuis 15 ans»

25 DÉCEMBRE 2015 | PAR CAROLINE COQ-CHODORGE Médiapart
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La ministre de la santé vient de faire passer sa loi de santé, et le tiers payant généralisé. Mais Marisol Touraine n’a pas résolu le problème des déserts médicaux, qui continuent de se vider, déstabilisant toute l’offre de santé, de la médecine générale à l’hôpital. Reportage dans la région Centre, l’attache politique de la ministre, et en particulier dans l’Indre, où l’impuissance publique creuse la fracture sanitaire.

Châteauroux, envoyée spéciale. – L’essentiel de l’action politique de la ministre de la santé est désormais derrière elle. Une séquence politique tumultueuse s’achève avec l’adoption, jeudi 17 décembre, de la loi de santé, sans concessions majeures au féroce lobbying de la médecine libérale. « Ce texte garantit l’accès de tous à des soins de qualité, a déclaré Marisol Touraine à l’issue du vote. C’est un texte contre l’immobilisme et la résignation. Un texte qui vise à offrir à chacun les mêmes droits, les mêmes chances, pour vivre le plus longtemps possible en bonne santé. » Cette loi comprend un volet sur la prévention, un autre sur la réorganisation des soins de proximité autour du médecin généraliste, ainsi qu’un renforcement des droits des patients. Son objectif est de réduire les inégalités sociales de santé, béantes, en France : il y a sept ans de différence d’espérance de vie entre un homme cadre et un homme ouvrier en France, c’est l’écart le plus important parmi tous les pays développés, une hérésie au pays de l’assurance maladie la plus solidaire. Cette loi s’articule avec le « pacte territoire santé », initié en 2012, et dont Marisol Touraine a annoncé le deuxième volet fin novembre. Il comprend des mesures incitatives à l’installation des jeunes médecins dans les zones désertées.

Le Centre est un bon poste d’observation de l’efficacité de la politique conduite par Marisol Touraine. C’est la région la plus sous-dotée (la Picardie la dépassait de peu, avant de fusionner avec le Nord-Pas-de-Calais, mieux pourvu). Et Marisol Touraine y a ses attaches politiques. Élue en 1977 députée de la troisième circonscription d’Indre-et-Loire, au sud de Tours, elle a également présidé pendant quelques mois, en 2011 et 2012, le conseil général de ce département, avant de devenir ministre de la santé. Sur ses terres, les premiers effets de la politique de Marisol Touraine se font sentir. « Depuis cinq, six ans, on constate de nouvelles installations de jeunes médecins, surtout en Indre-et-Loire, un peu dans le Loir-et-Cher, en remontant vers Paris, explique Alice Perrain, jeune médecin généraliste de 38 ans installée près d’Amboise. Le nombre de jeunes médecins formés à Tours a augmenté : il y a 88 internes en médecine générale dans le Centre, nous étions vingt à mon époque. Et ils sont mieux formés, grâce à de nombreux stages en cabinet. Nous nous organisons aussi différemment : je n’envisageais pas de travailler 60 à 70 heures par semaine. Je partage donc mon cabinet et la semaine de travail, du lundi au samedi matin, avec une autre médecin. » Alice Perrain décrit ici les effets des mesures du pacte territoire santé : augmentation dunumerus clausus des étudiants en médecine dans les régions les plus désertées, développement des stages en cabinet, installations en groupe facilitées, etc.

Mais ces mesures n’ont quasiment aucun effet dans l’est de la région, dans l’Indre et le Cher en particulier, des départements ruraux plus isolés. Christian Moreau, 68 ans, psychiatre retraité, s’agite dans son bureau de l’Ordre départemental des médecins de l’Indre, où il officie en tant que secrétaire général : « Ce qui se passe est très grave, et largement méconnu par les pouvoirs publics. » Il montre des chiffres, des graphiques, des projections, sans appel. Il y a 190 médecins libéraux et salariés pour 100 000 habitants dans l’Indre, contre 347 dans l’Indre-et-Loire. Leur nombre a déjà baissé de 12,5 % dans l’Indre depuis 2007. Et d’ici 2020, l’Ordre prévoit une nouvelle baisse de 8 % des effectifs, alors que la population doit augmenter de 4,5 %. Pour Christian Moreau, ces « extrapolations démographiques » sont encore trop optimistes, car « elles ne prennent pas en compte l’âge du corps médical » : 61 % des médecins généralistes ont plus de 55 ans…

L’Indre est un département de 220 000 habitants essentiellement rural. Ce n’est pas un territoire véritablement isolé : un confortable TER relie la préfecture Châteauroux (45 000 habitants) à Paris en deux heures. Le paysage alterne bocages, forêts touffues et étangs. Les petites villes ont presque toutes leur château, les maisons en tufeau, très blanches, y sont cossues. Mais l’Indre perd des habitants, 30 % ont plus de 60 ans (22 % en France). Si l’économie est atone, la situation sociale est dans la moyenne nationale : 9,4 % de taux de chômage en 2015, 13,5 % de personnes pauvres, selon l’Insee. Les indicateurs de santé sont les plus inquiétants : la mortalité prématurée, avant 65 ans, y très forte, les habitants meurent beaucoup plus des suites de maladies cardio-vasculaires, de tumeurs, de maladies de l’appareil respiratoire.

L'hôpital de Châteauroux © CCC / MPL’hôpital de Châteauroux © CCC / MP

« Tous les jours, des personnes nous contactent parce qu’elles ne trouvent plus de médecins », se désole Christian Moreau, de l’Ordre départemental. Il montre le courrier d’un homme qui souffre d’une pathologie cardiaque, et qui décrit sa « situation intolérable » : son médecin généraliste part en janvier à la retraite et les médecins autour de chez lui refusent de l’accepter comme nouveau patient. Christian Moreau a« honte » de la lettre qu’il lui a adressée en retour, pourtant longue et honnête, où il admet son impuissance. « On voit resurgir des pathologies qu’on ne voyait plus depuis quinze ans : des décompensations cardiaques par manque de surveillance, des AVC pris en charge tardivement, des plaies chroniques qui évoluent vers des ulcères. Et ce n’est que le début », prévient Dominique Cotillon-Dupoux, médecin généraliste et adjointe à la santé du maire (LR) de Châteauroux.