Dérives dangereuses

 Jan2018
Alors que des femmes se battent en Algérie, en Arabie Saoudite, en Iran, en Indonésie, partout dans le monde musulman, pour le droit à la libre disposition de leur corps dans tous les moments de la vie, nous défendons chez nous le droit à la différence qui conduit au communautarisme et à la différence des droits.

Alors que nous nous sommes battus, pendant des siècles, contre l’absolutisme meurtrier de l’Eglise catholique, qui a inventé sa propre technique de torture (la Question), qui a terrorisé des populations entières avec sa propre Gestapo (l’Inquisition), qui a exterminé des peuples entiers au nom de l’évangélisation, qui a exercé une véritable dictature morale jusqu’au milieu du XXe siècle, qui encore aujourd’hui s’oppose à de nouveaux droits qui ne s’imposent à personne, nous invoquons le danger de stigmatiser une communauté religieuse pour tolérer ce que nous avons combattu ici et ce que combattent là-bas ces femmes qui se battent pour leur liberté. Au prix de leur vie.

Je suis radicalement hostile à toute forme de discrimination ; je respecte toutes les croyances même si je n’en pratique aucune ; j’estime avoir le droit de critiquer le principe des religions tout en respectant les croyants ; j’entends qu’aucune religion ne s’impose à moi ni à toute personne qui n’y adhère pas librement ; je suis bien à l’aise dans une société vraiment multiculturelle (à ne pas confondre avec une mosaïque de ghettos communautaires comme en Grande-Bretagne où la loi commune n’est plus appliquée partout), à une véritable mixité si, et seulement si, elle se construit AU NOM DE L EGALITE.

La France n’est pas un pays où le Chef de l’Etat est le chef d’une Eglise ; la France n’est pas un pays où des textes religieux dictent la législation ; la France n’est pas un pays où la référence à un dieu est omniprésente jusqu’à se retrouver sur chaque billet de banque ; la France n’est pas un pays où l’on est obligé de prêter serment sur un livre religieux tout en invoquant une divinité ; la France n’est pas un pays qui a abandonné certains de ses territoires à une législation religieuse ; la France est un pays où il n’y a aucune obligation d’adhérer à un culte et d’en pratiquer les rites ; la France est un Etat laïc.

J’ai connu, dans ma Belgique natale, le temps où ne pas aller à la messe, où ne pas célébrer les grandes fêtes catholiques, où refuser le baptême, le mariage religieux, les funérailles religieuses valaient aux miens d’être montrés du doigt et stigmatisés.

J’ai vécu l’arrivée au  d’évangélistes américains déclarant sans rire que si les Cambodgiens avaient subi les Khmers rouges, c’était parce qu’ils ignoraient le vrai dieu.

J’ai refusé une carrière universitaire aux Etats-Unis parce que l’omniprésence du religieux qui j’y ai ressenti m’était insupportable.

Le fondamentalisme religieux est une agression majeure contre la liberté. Il doit susciter une vigilance de tous les instants. Qu’il s’agisse des chrétiens hostiles au nom de leur bible au mariage pour tous, des juifs orthodoxes qui revendiquent l’application stricte de la torah ou des musulmans intégristes qui exigent l’application de la charia, les religions monothéistes dans leur stricte orthodoxie sont des entreprises liberticides. D’ailleurs, chaque fois qu’elles en ont l’occasion (à l’ONU, par exemple), elles s’unissent pour brimer les libertés. A commencer par celles des femmes.

La liberté de croire ne peut en aucune façon signifier l’obligation de croire. La liberté de manifester son opinion, fut-elle religieuse, ne peut d’aucune manière, se traduire par l’obligation de subir la manifestation de cette opinion. La libre expression des opinions s’arrête là où commence le prosélytisme.

Ce que j’exprime n’a rien à voir avec le droit de s’habiller comme chacun l’entend. Le débat vestimentaire, chez les uns et les autres, est une diversion pour éviter l’essentiel et pour exacerber les tensions. Les bonnes âmes chrétiennes qu’un voile effarouche aujourd’hui s’accommodaient fort bien avant 1963 de voir nos rues noircies du spectacle des curés en soutane et des religieuses voilées. Et les athées ne se sentaient pas pour autant agressés.

La communauté nationale doit être l’espace d’un commun épanouissement dans l’égalité des droits et des devoirs et dans l’exercice d’une liberté respectueuse de l’autre.

Raoul M. Jennar

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Discour de Martin Luther King le 28 Août 1963

D’après l’excellente BD de Ho che Anderson : « KING »

2014 TH 8

Présentation de Mahalia Jackson :

« I’ve been buked and I’ve been scorned, yes

Tryin’ to make this journey all alone … »

Présentation de Charlton Heston :

« En opprimant les humbles, nous opprimons notre pays. La parole du père n’a de sens que si le père se montre juste. Nous devons prendre en compte l’histoire de notre pays… »

Présentation de A. Philip Randolph :

« Mes chers compagnons, tout d’abord merci pour la patience dont vous témoignez aujourd’hui, et merci pour offrir à tout le pays une telle image de dignité. Voici la plus grande manifestation de toute l’histoire du peuple noir. Vous l’avez voulu pacifique, vous avez voulu montrer au monde entier combien vous étiez nombreux à y croire. Mais il faut que le monde entier sache que nous sommes loin d’être tous présents. Nous ne sommes que les porte-parole d’une révolution : celle de la liberté du travail, celle de la liberté, tout simplement. Il est presque trois heures, et je sais que beaucoup d’entre vous attendent celui que je vais maintenant annoncer. Je ne vous ferez pas attendre plus longtemps. Mesdames et messieurs… Le leader moral de notre peuple … Martin Luther King : »

 

« Un célèbre américain, qui jette aujourd’hui sur nous son regard bienveillant, a signé il y a un siècle la Déclaration d’Emancipation. Ce texte essentiel, porteur de lumière et d’espérance, sortait de l’esclavage des millions de noirs asservis sous le joug d’une criante injustice.

Mais un siècle plus tard, nous nous devons hélas de constater que l’homme noir est toujours asservi. Ses entraves se nomment aujourd’hui ségrégation, ses chaînes discrimination. Un siècle plus tard, l’homme noir n’a toujours pas accès aux immenses richesses de notre pays.

Un siècle plus tard l’homme noir reste un exilé sur sa terre, un rebut de sa propre société. Alors, si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour mettre en lumière notre condition inhumaine. Si nous sommes venus à Washington, c’est pour réclamer ce qui nous est dû.

Quand les fondateurs de notre République ont écrit ces textes sublimes de la constitution et de la déclaration des droits d’indépendance, ils se sont engagés vis-à-vis de tous ceux qui les soutiendraient.

Ils ont promis que chaque homme jouirait de droits inaliénables : le droit de vivre, de vivre libre, et de vivre heureux. Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a manqué à son serment vis-à-vis des citoyens de couleur.

Au lieu d’honorer sa promesse sacrée, l’Amérique a donné à ses citoyens noirs un véritable chèque en bois. Mais nous refusons de croire que la banque de la justice soit en faillite …

Alors nous venons réclamer notre dû, nos richesses : notre droit à la liberté et à la justice.

Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est que nous ne voulons pas attendre.

Il n’est plus temps de calmer les esprits, ni de réfléchir tranquillement aux possibles solutions. Mais il est temps de tenir les promesses de la démocratie. Il est temps de quitter les ténèbres de la ségrégation pour la lumière de la justice entre tous les hommes.

Il est temps d’ouvrir les portes de la chance à tous les enfants de dieu. Temps de tirer notre pays de l’enlisement, de le mener vers les rivages de la fraternité.

Mais dans cette lutte pacifique pour la justice, il me faut mettre en garde mon peuple.

Nous n’obtiendrons pas gain de cause en nous rendant coupables, à notre tour, d’actes injustes. Notre soif de liberté ne doit pas s’étancher de l’amertume ni de la haine.

Nous devons mener notre lutte la tête haute, avec dignité et rigueur. Nous ne pouvons laisser nos aspirations se muer en violence. Nous devons toujours opposer la force morale à la force physique, et placer le débat au plus haut niveau.

La communauté noire aujourd’hui unie et déterminée, ne doit pas à son tour se montrer sectaire. Nous voyons bien que certains de nos frères blancs, par leur présence dans cette assemblée, veulent eux aussi lier leur destinée à la notre.

Certains demandent aux défenseurs des droits civiques : « Jusqu’où irez-vous? ». Mais nous ne pouvons être satisfaits tant que les noirs subissent des brutalités policières. Nous ne pourrons être satisfaits tant que nous ne serons pas libres d’aller et venir, et de prendre une chambre dans n’importe quel hôtel.

Nous ne serons pas satisfaits tant que les noirs n’auront comme choix que de troquer un ghetto contre un autre, tant que le noir du Mississipi ne pourra pas voter, tant que celui de New-York n’aura personne pour le représenter.

Mais je veux vous dire, mes amis, que malgré les embûches sur notre chemin et les frustrations engendrées par notre lutte, j’ai un rêve. Un rêve frère du rêve américain.

Je rêve qu’un matin, cette nation mettra en œuvre le vrai sens de son crédo : « Les hommes naissent égaux. »

Je rêve qu’un jour, les fils d’esclaves et les fils de planteurs des collines de terre rouge de Gèorgie s’assiéront ensemble à la table de la fraternité.

Je rêve qu’un jour, même l’état du Mississipi, aujourd’hui terre d’injustice et d’oppression, deviendra une oasis de liberté et de justice.

Je rêve que mes quatre enfants vivront dans un pays où ils seront jugé d’après leur personnalité, plus d’après leur couleur.

Je rêve qu’un jour l’état d’Alabama, dont le gouverneur actuel est un de nos plus farouches adversaires, verra garçons et filles, Noirs et Blancs, se tenir la main et marcher ensemble comme frères et sœurs. J’ai un rêve aujourd’hui.

Je rêve qu’un jour les gouffres soient comblés, montagnes et collines aplanies, rugosités adoucies et chemins tortueux rectifiés, pour qu’enfin la gloire de dieu soit visible partout et pour tous.

Voilà notre espoir, voilà notre foi, et c’est avec cet espoir, avec cette foi que je rentre dans le Sud. Ils nous aideront à transformer des montagnes de désespoir, et les fausses notes de notre nation en une symphonie de fraternité.

Avec cette foi, nous pourrons travailler ensemble, prier, nous battre ensemble et même être emprisonnés, en sachant qu’un jour nous serons libres.

Un jour viendra où tous les enfants de dieu pourront entonner ensemble : « Mon pays terre de liberté, je te chante. Terre de mes pères, fierté des pèlerins, laisse chanter ta liberté ! » Et cela sera vrai.

Et si l’Amérique est une grande nation, ce moment arrivera. Alors laissons chanter la liberté des collines du New Hampshire ! La liberté des montagnes de New-York ! La liberté des Alleghenies de Pennsylvanie !

Laissons chanter la liberté des Stone Mountains de Georgie ! Des Lookout mountains du Tennessee ! Laissons chanter la liberté !

Quand la liberté chantera dans tous les villages et tous les hameaux, dans toutes les villes et tous les états, alors arrivera le jour ou tous les enfants de dieu, Noirs et Blancs, Juifs et Goys, Protestants et Catholiques, se prendront par la main pour entonner les paroles de ce vieux chant noir : Enfin libres ! Enfin libres ! »

 

Ou l’on voit le visage de la haine raciale aux niveaux des citoyens, des responsables et des autorités policières :

2014 TH 5 2014 TH 6_0001 2014 TH 6_0002 2014 TH 7_0001 2014 TH 7_0002 2014 TH 7_0003 2016 8 discour MLKing 1963 2016 8 discour MLKing 1963_0001 2016 8 discour MLKing 1963_0002 2016 8 discour MLKing 1963_0003

Droits de l’homme

Droits à la terre et à une agriculture paysanne :
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2015/05/07/droit-a-la-terre-et-agriculture-paysanne/

Les droits culturels, brochure élaborée par Melik Ozden et Simon Brunschwig CETIM :
une-triple-obligation-des-etats-respecter-proteger-et-mettre-en-oeuvre/

Le droit à la sécurité sociale CETIM :
Un bien social et non un simple instrument de politique économique ou financière

La lutte contre la pauvreté et les droits humains, Francine Mestrum et Melik Özden, CETIM Cahier critique N° 11 :
La pauvreté est un déni des droits humains (civils, politiques, économiques, sociaux et culturels)

Sociétés transnationales acteurs majeurs dans les violations des droits humains, Alejandro Teitelbaum et Melik Özden : CETIM Cahier critique N° 10 :
L’implication (directe ou indirecte) des STN dans les violations des droits humains n’est plus à démonter

Pour le respect des droits de tous les travailleurs migrants, Melik Özden : CETIM Cahier critique N° 9 :
La criminalisation de la migration irrégulière provoque de nombreuses violations graves des droits humains