LA PRESSION ÉTRANGÈRE SUR L’ÉOLIEN INDUSTRIEL EN FRANCE

En 2019, l’éolien a produit 7,2% de l’électricité consommée.

Article coécrit avec André Posokhow, expert financier membre du Conseil d’Administration de la  Fédération Environnement Durable

Le 21 avril  dernier, en pleine épidémie du Covid, le gouvernement a fait paraitre en catimini un décret relatif à la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) qui annonce ce que doit être l’avenir énergétique de la France.

Pour la PPE l’avenir de notre énergie est très éolien

La PPE annonce un objectif de doublement de la puissance éolienne industrielle en  France (35 GW contre environ 16 GW à fin 2019) en neuf ans. Cela pourrait représenter un quasi doublement du nombre d’éoliennes qui est aujourd’hui de 8000. Ce seront des machines de plus en plus monstrueuses dont la taille, plus de 200 mètres aujourd’hui, se rapproche de celle de la tour Eiffel.

Disette et appétit des promoteurs allemands.

En Allemagne la transition énergétique, décidée il y a près de 10 ans, se trouve en crise.

Senvion, important fabricant de turbines en Allemagne et 3ème constructeur de parcs éoliens en France, a déposé son bilan et sera vendu à la découpe. La cause en est l’effondrement du marché de l’éolien terrestre en Allemagne.

Le marché français, déjà largement maîtrisé par l’étranger, apparait ainsi aux acteurs, extérieurs et surtout allemands, de l’éolien comme un grand  marché de remplacement.

Les armes multiples de l’offensive éolienne.

La connivence des pouvoirs publics.

Depuis la Loi de la transition énergétique les pouvoirs publics ont fait  le choix des Energies renouvelables (ENR) et en priorité de l’éolien industriel.

Le Ministère de l’Ecologie et les administrations responsables sont influencées et pénétrées au plus haut niveau par des partisans de l’éolien.

Les obstacles juridiques à la propagation de ces machines industrielles sur tout notre territoire ont été abaissés puis souvent abattus par des lois et décrets d’oppression.

Les campagnes de propagande et d’endoctrinement des ONG.

Fabien Bouglé a dénoncé dans son livre : « Eoliennes, la face noire de la transition énergétique »,  la caisse de résonnance  intarissable de la propagande en faveur de la dislocation de notre système énergétique et du démembrement d’EDF que représentent les grandes ONG internationales et autres associations écologistes.

Il cible en particulier WWF, et surtout Greenpeace.

Le chevalier blanc Greenpeace, désigné par Thibault Kerlirzin comme un« un mercenaire vert », dans son ouvrage « Greenpeace, une ONG à double fond(s) »,  est partenaire de Vestas société danoise, leader mondial de fabrication des éoliennes via sa filiale  Greenpeace Energy, propriétaire de centrales éoliennes.

Le terme de conflit d’intérêts apparait comme un timide euphémisme.

La financiarisation.

C’est notre propre système bancaire qui finance la colonisation et la pollution de nos territoires par des machines industrielles inutiles,  peu productives, mais tellement rentables pour les prédateurs éoliens.

C’est le cas d’OSEO qui, en 2013, sur l’ensemble de la France, finançait une éolienne sur trois. Concernant les partenaires, Oseo travaillait avec les constructeurs Gamesa, Siemens, Repower, Enercon.

Le mécénat.

Le mécénat est de plus en plus pratiqué par les développeurs éoliens.

Certes, il n’est pas question, en l’occurrence, d’évoquer une forme de corruption même s’il a été établi, notamment par le SCPC (service central de prévention de la corruption), que l’éolien est un vecteur de corruption.

Cependant Il s’agit bien de s’attirer les bonnes grâces des collectivités locales et de les soudoyer par des contributions qui peuvent prendre différentes formes. Actuellement il semble que les opérateurs éoliens allemands comme le groupe Ostwind fassent  un effort sensible dans ce sens.

En Haute Vienne, une opération de restauration de l’église d’Oradour saint Genest est portée par la Fondation du patrimoine et la commune en partenariat avec les établissements Leclerc et Ostwind.

Il en va de même au Dorat, en Haute Vienne, où la commune a entrepris de restaurer la Collégiale Saint Pierre.

Nul doute que nous verrons fleurir les projets éoliens en Haute-Vienne grâce aux actions de mécénat de ce groupe allemand.

L’influence prégnante de groupements d’intérêt puissants : l’exemple de l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE).

Officiellement l’OFATE un Office franco-allemand de coopération et d’échange

Il s’agit d’un groupement d’intérêt et d’influence composé de syndicats professionnels comme le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) et France Energie Eoliennes et leurs semblables allemands et d’entreprises de l’éolien industriel. D’une manière surprenante ce réseau d’influence compte aussi le ministère de l’Ecologie français et le ministère de l’Economie et de l’Energie allemand dans son comité de pilotage.

Deux bureaux, l’un à Berlin, l’autre à la Défense dans les bureaux du Ministère de l’Ecologie  hébergent  cet Office qui est ainsi financé par la puissance publique elle-même.

En réalité l’OFATE est un organisme qui se trouve largement entre les mains de l’industrie éolienne allemande et œuvre dans l’intérêt de ses entreprises.

Il s’agit d’une association de droit allemand. Son siège est à Berlin. Le directeur s’appelle Sven Rösner et est visiblement allemand. Au sein du comité de pilotage 2017-2018, on dénombre 14 entreprises dont 9 appartiennent à un groupe allemand et 3 seulement sont françaises.

Economiquement ce sont les entreprises allemandes qui retirent un profit de l’action d’influence de ce que l’on peut appeler une entente ou un cartel éolien. La France, quant à elle, n’en retire guère un avantage économique et sa balance commerciale en souffre énormément.

Un constat de la domination étrangère et d’Outre-Rhin.

L’éolien industriel terrestre. L’occupation et le saccage de notre territoire.

En matière d’éolien terrestre, il n’existe pas de constructeur français significatif. Les constructeurs étrangers détiennent une quasi-exclusivité : en 2019, six entreprises, toutes étrangères, ont capté le marché de la construction et de l’installation.

Si la plus importante est la danoise Vestas, la part du lion revient à l’ensemble constitué par 4 constructeurs allemands qui ont édifié environ les deux tiers du parc éolien français :

La capacité des parcs éoliens terrestres exploités en France s’est élevée en 2019 à  15 820 MW et connait une progression qui s’est nettement accélérée en 5 ans

Les sociétés étrangères  (hors allemandes) exploitent environ 24% de cette capacité. Les exploitants allemands représentent 21%  avec VSB  et Volkswind. soit au total près de la moitié de la puissance de l’éolien terrestre exploité en France.

 L’éolien marin : un nouveau mur de l’Atlantique ?

Il existe sept projets éoliens en cours de montage. Leur puissance prévisionnelle totale et d’environ 3GW .

Les tours de table des consortiums sont majoritairement étrangers. La construction des turbines et l’installation des parcs se trouvent quasi-entièrement aux mains de sociétés étrangères et plus particulièrement du constructeur allemand Siemens.

En conclusion.

Le secteur économique de l’éolien industriel se trouve très largement maîtrisé par les constructeurs (à près de 100%) et des opérateurs étrangers malgré l’exploitation de parcs par EDF et ENGIE.

Les entreprises éoliennes allemandes jouent déjà un rôle important dans ce secteur économique en France. Appuyées par les ONG du type Greenpeace, elles bénéficient du soutien institutionnalisé   que les pouvoirs publics français accordent à l’éolien industriel grâce à la PPE.

Ce soutien est concrétisé par l’existence de l’OFATE, office qui se veut au service de la transition énergétique franco-allemande. Celle-ci n’existerait que si les intérêts étaient communs et équitables. Or les  intérêts français, même s’ils sont bafoués par ceux qui sont payés pour les défendre, sont différents de ceux de nos voisins.

La collaboration qu’implique une telle ambition ne peut que rappeler celle du cheval et de son cavalier. Les entreprises allemandes plantent leurs mats et en tirent chiffre d’affaire et profits et les Français bradent leurs terroirs et creusent encore plus leur déficit commercial.

La cour constitutionnelle allemande vient-elle de sceller le sort de l’euro et de l’Union ?

 

euro qui brule

La Cour constitutionnelle allemande vient de tirer un gros coup de canon en direction de la BCE. Elle a accusé la cour européenne d’enfreindre les traités européens, déclenchant ainsi un combat de titans pour la suprématie judiciaire dans l’Union.

Dans son jugement explosif, la Cour constitutionnelle allemande a indiqué que la BCE avait outrepassé son mandat légal. Elle a « manifestement » enfreint le principe de proportionnalité avec ses achats obligataires massifs, qui ont atteint désormais 2,2 trillions et qui vont continuer d’augmenter de façon dramatique. La banque s’est égarée, s’éloignant de ses prérogatives monétaires pour s’engager sur le terrain des politiques économiques.

La cour affirme que la Bundesbank peut continuer à acheter des obligations durant une période de transition de 3 mois. Mais, au-delà, elle devra se désister de toute implication dans « l’implémentation et l’exécution » de ces mesures illégales jusqu’à ce que la BCE soit en mesure de justifier ses actions et de répondre aux objections de la Cour. La Cour constitutionnelle a en outre indiqué que la Bundesbank doit également clarifier comment elle va vendre les obligations qu’elle possède déjà.

« Pour la première fois de l’histoire, la Cour constitutionnelle a jugé que les actions et les décisions d’entités européennes ont été au-delà de leurs compétences légitimes, et qu’elles n’ont donc pas de validité en Allemagne », a déclaré le président de la Cour, Andreas Vosskhule.

Aucun autre pays n’a osé s’engager sur ce terrain depuis la création de la Communauté en 1957. Il s’agit d’un moment charnière crucial pour le projet européen.

Olaf Scholz, le ministre des Finances allemand, a déclaré que la Cour avait défini des « limites très claires ». L’Europe va donc devoir trouver d’autres méthodes pour maintenir l’Union monétaire sur les rails.

La Cour de Karlsruhe a donné la leçon à la Cour européenne de justice. Elle estime que son attitude dédaigneuse à propos de la question de la proportionnalité est « incompréhensible » et non conforme dans son approche « avec virtuellement toutes les lois européennes ». Les juges européens ont agi de façon ultra vires, en ignorant les traités européens.

Dans un passage virulent, la Cour constitutionnelle rappelle aux juges européens qu’ils sont les garants des traités, et non l’inverse. Si les cours nationales doivent valider à l’aveugle les décisions des institutions européennes, on risque de se retrouver sur une pente savonneuse qui menace les fondements de la démocratie.

La Cour constitutionnelle allemande n’a jamais accepté l’assertion de la Cour européenne qui s’estime au-dessus des cours nationales. Elle s’était toujours réservé le droit de dénoncer des lois européennes en contravention avec la loi allemande. Elle n’avait jamais mis à exécution ses menaces… jusqu’à aujourd’hui. La cour allemande a notamment insisté sur le fait que le traité de Lisbonne ne mentionne pas cette préséance, et que l’Union européenne n’est pas un État fédéral.

La Cour constitutionnelle allemande a indiqué qu’elle n’est pas liée par les jugements précédents de la Cour européenne en ce qui concerne les achats obligataires de la BCE. Autrement dit, l’Allemagne vient de réaffirmer sa souveraineté. C’est du très lourd.

« Ce jugement vient de libérer de nombreux génies dangereux de la lampe. La base constitutionnelle entière du rôle de l’Allemagne dans l’intégration européenne est bouleversée par ceci », a déclaré David Marsh, président de l’Official Monetary and Financial Institutions Forum et auteur d’un livre sur l’histoire de la Bundesbank.

« Cela fait des années qu’on moque ces actions en justice en affirmant qu’elles sont intentées par des populistes et qu’elles n’ont aucune importance. Et voilà que tout à coup, la cour leur donne raison », a-t-il indiqué.

Andrew Duff, le président du Spinilli Group mais aussi vétéran de Bruxelles, estime que le jugement allemand est scandaleux : « Lorsque Karlsruhe dit que la Cour de Luxembourg agit de façon ultra vires et en contravention avec les traités, c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Statuer sur la conformité des lois européennes n’est pas dans son champ de compétence. C’est également très nuisible. »

Lucas Gutenberg du Centre Jacques Delors affirme que la Cour a vu rouge. Elle vient de fixer les limites de l’intervention de la BCE. « Nous ne pouvons pas construire notre système de gestion des crises autour d’une BCE qui fait le plus gros du travail. Il est temps pour les politiciens de prendre leurs responsabilités », a-t-il déclaré.

Si le jugement réfère à un programme d’achats obligataires précédent, il lève également des questions implicites concernant le dernier « QE pandémie » lancé en mars afin de combattre la dépression. Ces nouveaux achats couvrent l’explosion du déficit italien et d’autres États qui risquent d’être exclus des marchés obligataires.

Le « QE pandémie » expire en décembre. Le consensus estime qu’il sera insuffisant pour maintenir la cohésion de l’Union monétaire face à un tel choc économique. Les marchés ont été réconfortés la semaine dernière lorsque la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a promis d’augmenter ses achats « autant que nécessaire, et pendant le temps qu’il faudra ». Mais ces mots sont vides sans le soutien inconditionnel de l’Allemagne.

Si d’autres banques centrales européennes peuvent compenser temporairement le retrait de la Bundesbank, la confiance globale dans le projet européen s’effondrerait si la plus grosse puissance économique et le plus gros créditeur européen refusait de participer.

On ignore également si la Bundesbank va continuer d’étendre indéfiniment ses crédits à ses pairs via TARGET2. Cette somme est sur le point de dépasser le trillion d’euros. Ce support prend la forme d’un sauvetage fiscal par des moyens détournés. Toute suspension du système TARGET2 engendrerait immédiatement une crise systémique de la liquidité.

La BCE a joué avec le feu. Son économiste en chef, Philip Lane, a déclaré ouvertement sur un blog la semaine dernière que le « QE pandémie » sert à resserrer les écarts sur des « marchés souverains individuels », particulièrement sur ceux en danger en raison « de l’échelle prospective de leurs émissions ». Il a ainsi presque avoué que la BCE renfloue l’Italie. Selon Goldman Sachs, 35 à 45 % des achats récents ont servi à soutenir le marché obligataire italien.

Ceci dit, la Cour a rejeté le grief principal des plaignants. Elle a en effet estimé que les achats obligataires ne violent pas en tant que tel l’article 123 du traité de Lisbonne qui interdit le financement des déficits.

« Le jugement est meilleur qu’anticipé. En bref, la Cour est d’accord avec notre plainte, mais elle n’a pas le courage d’aller plus loin et de faire respecter la loi. Nous, les Allemands, n’avons plus cette qualité, a déclaré le professeur Gunnar Beck, député du parti anti euro AfD et avocat des plaignants. Désormais, je pense que nous allons assister à des efforts visant à changer les traités afin de légitimer ces actions illégales. »

La question de savoir si les achats obligataires sont proportionnels est critique. (…) La Cour constitutionnelle a suggéré que les achats obligataires seront inacceptables si la BCE outrepasse sa règle des 33 % pour chaque émission, s’écarte des clés de répartition (par rapport au PIB) ou fait l’acquisition d’obligations risquées. « Cela limite les possibilités d’achat d’obligations italiennes », a expliqué Clemens Fuest, patron de l’institut IFO.

Ce jugement tue dans l’œuf toute velléité de créer des obligations européennes ou des obligations communes. Cela exigerait un changement des traités européens et de la loi allemande. Le soutien des pays du Club Med pourrait devoir se matérialiser exclusivement via des prêts formels du mécanisme européen de stabilité (MES), sujets au cilice du pacte budgétaire européen à la sortie de la crise.

On ignore si un leader italien pourrait recourir au MES sans perdre son poste. Les Italiens considèrent ce mécanisme comme un cheval de Troie pour la prise de pouvoir de technocrates européens.

Les marchés ont réagi à ce tremblement de terre en bâillant. Le spread italien n’a quasiment pas bougé. Les bourses européennes ont fortement grimpé sur fond d’optimisme concernant le déconfinement.

Les investisseurs parient que l’Union trouvera un stratagème pour permettre à la BCE d’acheter des quantités illimitées de dette italienne. Ils ont peut-être sous-estimé l’énormité de ce jugement.

Les 10 startups qui ont levé le plus de fonds en janvier 2020

Par Léa Taieb et Alix Publie |  mis à jour le 03/02/2020
Avec 600 millions d’euros levés, startups françaises démarrent force l’année.
Avec près de 600 millions d’euros levés, les startups françaises démarrent en force l’année. @Getty Images

Chaque mois, les Echos START recense les plus grosses levées de fonds réalisées par les startups françaises.

Nous avons réalisé ce TOP 10 des plus grosses levées de fonds de janvier 2020, grâce à la “base des deals” de nos confrères de Capital Finance. Avec près de 600 millions d’euros levés en ce début d’année, les startups françaises démarrent en force l’année. En comparaison, la French Tech avait levé 248 millions d’euros en janvier 2019. 2020, année riche ?

1- EcoVadis, la plateforme de notation de la RSE qui s’internationalise : 180 millions d’euros

Née en 2007, EcoVadis a développé une plateforme permettant aux sociétés d’évaluer la responsabilité sociétale (RSE) de leurs fournisseurs sur différents indicateurs : respect de l’environnement et conditions de travail, notamment.

Jeudi 9 janvier, l’entreprise française a annoncé avoir levé 180 millions d’euros, une somme qu’elle doit à CVC Growth Partners, la branche growth Equity de CVC Capital Partners. En 2016 déjà, la jeune pousse avait levé 30 millions d’euros auprès de Partech Ventures.

EcoVadis compte aujourd’hui 60.000 clients dans 155 pays différents et “connaît une croissance annuelle de 40% par an sur les cinq dernières années” informe le communiqué de presse. En France, la plateforme collaborative travaille avec de nombreux groupes du CAC 40. L’Oréal, Axa, Alstom, Nestlé et Heineken ou encore LVMH (propriétaire du groupe Les Echos) figurent parmi ses clients.

Avec cette nouvelle levée de fonds, EcoVadis mise sur une meilleure implantation aux États-Unis et en Asie et promet de recruter 200 salariés à travers le monde (la société en compte 600) en 2020.

2- ManoMano, le spécialiste du bricolage et du jardinage, à la conquête de l’Europe : 125 millions d’euros

Depuis son lancement en 2013, ManoMano, spécialiste de la vente en ligne de produits de bricolage et de jardinage n’a cessé de grossir. En l’espace de six ans, la startup a levé en tout 311 millions d’euros et cette année, l’entreprise tape fort avec 125 millions d’euros levés, de quoi lui donner une longueur d’avance sur le marché européen.

En 2019, les ventes chez nos voisins européens représentaient un tiers de ces 620 millions d’euros de chiffre d’affaires de la plateforme.

Aujourd’hui, ManoMano revendique plus de 3 millions de références, plus de 3,5 millions de clients actifs à travers l’Europe et 370 employés dans six pays d’Europe. Depuis peu, le site internet est membre du Next40, l’indice français des startups qui pourraient se transformer en licornes.

3- Qonto, la néobanque bientôt établissement bancaire : 104 millions d’euros

Qonto vient de réaliser une levée de fond spectaculaire pour une Fintech française de 104 millions d’euros. Ce succès repose sur des investisseurs fidèles et sur de nouveaux actionnaires comme le géant chinois Tencent.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Le retail, nouveau secteur phare pour les startups du French Tech 120

https://start.lesechos.fr/innovations-startups/top-startups/le-retail-nouveau-secteur-phare-pour-les-startups-du-french-tech-120-17245.php

Grâce à cette augmentation de capital, Qonto pourra se transformer en un véritable établissement bancaire et cela à l’échelle européenne. Pour mener à bien cet objectif ambitieux, la jeune pousse prévoit de recruter une centaine de personnes, de quoi atteindre le nombre symbolique de 300 salariés. Aujourd’hui, la jeune pousse compte 65.000 PME clientes dans toute l’Europe, mais espère doubler ce nombre d’ici fin 2020.

Depuis début 2019, son chiffre d’affaires  a été multiplié par quatre et son implantation chez nos voisins européens s’est largement renforcée.

4 – LumApps, l’Intranet qui facilite la vie de bureau  : 63 millions d’euros

Depuis sa création en 2012, LumApps propose aux entreprises un Intranet “intelligent, social et mobile”, pensé pour informer et fédérer les collaborateurs. En ce début d’année, l’entreprise a levé 63 millions d’euros auprès d’investisseurs historiques comme Bpifrance ou Idinvest Partners.

Grâce à ces nouvelles ressources, LumApps aura les moyens de perfectionner son interface, voire de l’enrichir grâce à l’intelligence artificielle et le machine learning. Elle prévoit aussi de doubler le nombre de ses salariés (pour atteindre environ 400 salariés) et réfléchit à de possibles fusions et acquisitions.

La jeune pousse réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires aux États-Unis. Décidée à conquérir le monde, l’entreprise investit le continent asiatique, et prévoit d’ouvrir des bureaux en Allemagne, au Canada et à Singapour. Début 2020, elle revendique plus de 260 clients (comme Airbus, Auchan ou Colgate), 4 millions d’utilisateurs et vise les 10 millions d’ici 2022.

5 – Lydia Solutions, l’app pour rembourser ses potes : 40 millions d’euros

Lancée en 2013, l’application de paiement mobile a bien grandi. Il s’agit désormais d’une interface qui permet de réaliser tous ses paiements via Lydia et non plus via une application bancaire.

Aujourd’hui, 25% des Français entre 18 et 30 ans possèdent un compte Lydia, avance la Fintech. La startup revendique d’ailleurs plus de 3 millions d’utilisateurs, dont la plupart sont français.

L’arrivée du chinois Tencent dans son capital lui a permis de lever 40 millions d’euros en ce début d’année. Grâce à cette somme, Lydia pourra accélérer son implantation sur le marché des services financiers et conquérir le coeur d’autres pays d’Europe.

Pour devenir “le Paypal de la nouvelle génération mobile”, entre 50 et 100 nouvelles recrues pourraient rejoindre la jeune pousse qui compte déjà 90 salariés.

6- Eyevensys, la biotech qui vous aide à y voir plus clair :  27 millions d’euros

Eyevensys, fondé en 2008, créée des solutions ophtalmologiques non invasives et durables pour traiter les maladies oculaires et ainsi répondre aux limitations des solutions actuelles telles les opérations ou les injections dans l’oeil. Développée par la docteure Francine Behar-Cohen et co-dirigée par Patricia Zilliox, la biotech parisienne fait partie des 3% des startups dirigées exclusivement par des femmes. A ce deuxième tour de fonds s’invitent Boehringer Ingelheim Venture Fund, Global Health Sciences Fund et Pureos Bioventures pour une somme totale de 27 millions d’euros.

Avec ces nouveaux fonds récoltés, la startup peut ainsi commencer la deuxième phase clinique de son produit aux Etats-Unis. En plus de son produit phare, la startup développe deux autres produits pour traiter des maladies dégénératives de l’oeil telles la rétinite pigmentaire, et la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

7- HomeLoop, l’OpenDoor français qui révolutionne le marché de l’immobilier :  20 millions français

La proptech française, créée en 2016, propose de racheter et de revendre les biens immobiliers de ses clients. Elle s’occupe de tout le processus, de l’offre d’achat générée par un algorithme à la signature de la vente, offrant ainsi un service rapide, fiable, sécurisé et adapté au client.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Logement : devenez un propriétaire pépère grâce à ces startups

https://start.lesechos.fr/au-quotidien/logement/logement-devenez-un-proprietaire-pepere-grace-a-ces-startups-17315.php

Avec un volume de biens supérieur à 18 millions d’euros en 2019, la jeune pousse ambitionne de passer les 100 millions d’euros en 2020 grâce à cette nouvelle levée de fonds entièrement financée par Crescendix. Actuellement présente en Ile-de-France, à Lille et à Nantes, HomeLoop compte bien s’étendre à d’autres grandes villes françaises.

8- Euralis Semences, un des leaders mondiaux des semences : 20 millions

La filiale du groupe coopératif agricole français Euralis créée en 1950 est une des plus grosses sociétés une des plus grosses de semences européennes. Ses cultures phares, le maïs, le tournesol, le colza, le sorgho et le soja, réparties sur plus de 3,3 millions d’hectares, font d’elle un des leaders mondiaux en la matière. La filiale travaille avec 1.150 professionnels de l’agriculture, à tous les niveaux, de la recherche jusqu’à à la commercialisation.

Euralis Semences se tourne vers la Russie avec cette nouvelle levée de 20 millions d’euros menée par ses actionnaires Unigrains et Sofiprotéol, pour un projet de construction d’une usine de production de semences. Leur but : doubler les quantités de semences vendues chaque année en Russie d’ici 2025. Un beau projet pour la filiale qui enregistre un chiffre d’affaires de 210 millions d’euros pour son activité 2018-2019, un chiffre en hausse de 8 %, et un bénéfice opérationnel à 29 millions d’euros, également en hausse.

9- ValueState, les experts de l’investissement hôtelier : 25 millions d’euros

ValueState, fondée en 2010, est spécialisée dans les investissements immobiliers et la gestion d’hôtels franchisés. Son portefeuille se constitue d’une dizaine d’hôtels entre 3 et 5 étoiles se situant principalement en centre-ville, à Paris, Lyon, Marseille ou encore Courchevel et Chambéry. La société immobilière compte déjà plus de 535.000 clients.

ValueState jusqu’ici soutenue par des family offices vient de lever 25 millions d’euros grâce au soutien de trois nouveaux actionnaires minoritaires, Idia Capital Investissement, Bpifrance et Socadif Capital Investissement. Avec ce capital au compteur, ValueState compte doubler son chiffre d’affaires pour 2025.

10- Alderaan Biotechnology, la biotech qui veut battre le cancer : 18,5 millions

La biotech parisienne fondée en 2017 par Advent France Biotechnology (AFB) et deux professeurs spécialisés en immunologie, a su lever 18,5 millions d’euros auprès des fonds pan-européens Medicxi Ventures et AFB. La startup développe actuellement deux solutions, une pour le traitement des cancers du foie, du sein et des ovaires et l’autre pour les cancers de la cerveau, du cou et des reins.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Bricolage : Mon Coach Brico, Hemea et Bricoco, 3 startups à suivre

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Cette levée va permettre à la biotech de continuer à développer les solutions avec pour objectif d’atteindre les premiers essais cliniques avant 2022 pour sa première solution. La startup compte cinq membres, ses deux fondateurs chercheurs à l’hôpital Saint-Louis à Paris et à l’Institut Paoli Calmette à Marseille ainsi que son dirigeant Arnaud Foussat.

PAR LÉA TAIEB ET ALIX PUBLIE

La nouvelle financiarisation de la fourchette et de la fourche ?

 

Chambres d’agriculture France

La nouvelle financiarisation de la fourchette et de la fourche ?

La pénétration d’acteurs non agricoles dans la sphère agricole est un phénomène étudié de longue date, et qui a trouvé un écho particulièrement important depuis la crise économique et financière de 2007-2008. Une nouvelle forme de financiarisation de l’agriculture et de l’alimentation a récemment fait son apparition et pourrait, à terme, bouleverser certains équilibres dans la gouvernance des systèmes alimentaires.

DÉFINITIONS

chapitre 1

[1] Clapp, J. (2019). The rise of financial investment and common ownership in global agrifood firms. Review of International Political Economy, 1-26.

chapitre 2

[1] Valoral Advisors (2018). Global food & agriculture investment outlook.

[2] Par exemple, 93 % de ces investissements concernent des exploitations agricoles dans la région Océanie.

[3] Magnan, A. (2015). The financialization of agri-food in Canada and Australia: Corporate farmland and farm ownership in the grains and oilseed sector. Journal of Rural Studies, 41, 1-12.

L’étude de l’évolution de la financiarisation de l’agriculture s’est souvent concentrée sur les achats de terres agricoles (« land-grabbing ») et la présence de fonds spéculatifs sur les marchés à termes agricoles. Mais un nouveau type d’acteur, principalement représenté par les fonds d’investissement, semble émerger dans la sphère agricole et alimentaire. Or, cette discrète évolution de la financiarisation des systèmes alimentaires prend une ampleur de plus en plus croissante sur ces dix dernières années avec l’introduction de ces fonds d’investissement ou de sociétés de gestion d’actifs (« asset managment ») dans la propriété des entreprises et des exploitations agricoles.

1 – Quand les fonds d’investissements dictent les choix des IAA

Certaines de ces sociétés, qui ont d’ailleurs fait récemment irruption dans l’actualité sociale telles que la multinationale BlackRock, détiennent des parts non négligeables dans le capital de grandes entreprises agroalimentaires et sont capables de peser dans les décisions stratégiques de ces entreprises.  Dans un article [1] publié dans la Revue of International Political Economy, l’économiste canadienne Jennifer Clapp étudie le poids de ces sociétés dans le capital social de plusieurs firmes multinationales de l’agroalimentaire (FMNA) telles que Coca-Cola, Nestlé ou Danone, mais également de firmes situées à l’extrême amont de la chaîne de valeur agroalimentaire comme DuPont, Bayer ou Monsanto (Graphique).

La valeur des fonds gérés par BlackRock (première société de gestion d’actifs à l’international) et directement liées au secteur agroalimentaire sur l’année 2018 a atteint près de 1,5 milliards de dollar au second semestre 2018, ceci à travers les différentes prises de participation dans l’actionnariat des 20 premières FMNA. Les autres fonds d’investissement du top 5 mondial que sont Vanguard, State Street, Capital Group et Fidelity ne sont pas en reste non plus, avec parfois une détention des parts actionnariales qui dépasse les 10 % comme dans le cas de Capital Group avec la société d’agrochimie DuPont. DuPont, qui a fusionné en décembre 2015 avec un autre géant de l’agrochimie, Dow Chemicals, et dont Capital Group détient également 4 % du capital.

Ces prises de participation croisées de ces sociétés de gestion d’actifs, et leur présence conjointe dans l’actionnariat des FMNA, révèlent des mécanismes et des stratégies d’influence qui pèsent sur les décisions de ces firmes. Si les récentes opérations de fusions-acquisitions dans le secteur de l’agrochimie (Dow-Dupont, Bayer-Monsanto, ChemChina-Syngenta) ont été justifiées par la conjoncture des marchés et le besoin de restructurer le secteur, les fonds de gestion d’actifs ont eu une influence considérable dans ces opérations de concentration. Dans le cadre d’une stratégie concertée de ces fonds pour accroître la valorisation des entreprises dans lesquelles ils détiennent des parts (valorisation qui va conditionner le versement de dividendes aux actionnaires que sont les clients des fonds de gestion), elles peuvent peser de tout leur poids dans les votes des assemblées générales. Par exemple, la part cumulée des cinq premiers fonds d’investissement dans des sociétés comme Dupont et CF Industries dépassent les 30 %, ce qui est suffisant pour obliger un directoire à composer avec les représentants de ces sociétés et de leurs intérêts.

2 – La finance proche des champs

Le contrôle actuel exercé par les fonds d’investissement sur les entreprises agroalimentaires est le fruit d’une orientation stratégique visant à saisir réelle une opportunité de diversification des portefeuilles d’actifs, et d’investissement dans un secteur d’avenir dont la rentabilité suit un sentier de croissance stable sur le long terme à l’échelle mondiale : croissance de la demande mondiale, utilisation des nouvelles technologies, émergence de nouvelles tendances de consommation. Le nombre de fonds spécialisés dans le secteur agroalimentaire est ainsi passé de 38 à 530 entre 2005 et 2018, pour une capitalisation totale de 83 milliards de dollars d’actifs contre 18 milliards de dollars en 2010 [1]. Si ces investissements se concentrent dans des entreprises de l’agroalimentaire ou de l’agrochimie, les exploitations agricoles sont également de plus en plus ciblées par ces sociétés, jusqu’à représenter le maillon de la chaîne de valeur alimentaire le plus attractif dans certaines régions pour ces capitaux [2]. D’après le Rapport 2018 de Valoral Advisors, le nombre de fonds dédiés uniquement aux investissements dans les exploitations agricoles s’élevaient à 145 en 2017 contre 17 en 2005, principalement centré sur l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Océanie. 60 % de ces fonds sont orientés vers des exploitations en grandes cultures [3], et prennent souvent la forme de la création d’une agro-holding qui détient les terres pour les louer ensuite à des agriculteurs, tout en leur fournissant les intrants, l’itinéraire technique et en gérant la commercialisation de la production.

Ces formes de financiarisation émergentes dans les systèmes agricoles et alimentaires posent de nombreux enjeux pour le devenir des agriculteurs dans cette nouvelle décennie qui s’ouvre. Faut-il s’adapter, adopter ou résister à ce nouveau mode de financement ? Existe-t-il un risque de perte de contrôle de l’appareil de production agricole ? D’autant plus que ces entreprises sont toujours plus concentrées en amont comme en aval… Des questions, essentielles, mais qui semblent encore très éloignées des débats politiques, en France comme dans l’Union européenne.

La Lettre économique des Chambres d’agriculture du mois de janvier 2020 – Quentin MATHIEU –  l’APCA

https://www.pleinchamp.com/actualites-generales/actualites/la-nouvelle-financiarisation-de-la-fourchette-et-de-la-fourche

Tout ce qu’il faut savoir sur le CETA

« En évitant soigneusement les questions majeures : Est-il prudent de se rendre dépendant d’un pays outre Atlantique pour des questions alimentaires la situation énergétique étant ce qu’elle est ? Qui d’autre que les multinationnales trouve un intérêt à cet accord ? Ne s’agit-il pas de la mise en place d’un énorme gaspillage ? Veut-on vraiment aller jusqu’au bout de la privatisation de nos services publiques ? Veut-on vraiment donner tous les pouvoirs aux firmes et abandonner notre système démocratique (déjà très mal en point) ? La politique, la vraie, ne consisterait-elle pas à mettre en place ce qu’il est utile de faire (créer une agriculture qui nous donne une autonomie alimentaire, redéfinir les besoins des individus et constituer une société qui puisse les satisfaire, créer un contre-pouvoir aux volontés hégémoniques des firmes, …) ? Il est clair, avec un minimum d’objectivité, que la signature du CETA emmène le monde à l’opposé de ces intérêts et de nos intérêts. Il ne s’en cache même pas, c’est seulement les observateurs qui s’efforcent de ne pas le voir. »

P

PTout ce qu'il faut savoir sur le CETA

Publié le
Les agriculteurs avancent beaucoup de raisons pour expliquer leur colère. Mais ces dernières semaines, c’est le vote en faveur du Ceta à l’Assemblée nationale du 23 juillet dernier qui a remis le feu aux poudres. Qu’implique cet accord entre l’Union Européenne et le Canada ? Pourquoi inquiète-t-il à ce point nos agriculteurs ? Éléments de réponse.
P

Qu’est-ce que le Ceta ?

P

Pourquoi le qualifie-t-on d’accord de «nouvelle génération» ?

Cette expression est employée depuis 2011 et le début des négociations pour l’accord en l’UE et la Corée du Sud, bouclé en 2015. Elle signifie que contrairement aux anciens accords commerciaux, la «nouvelle génération» ne se limite pas à la simple réduction des droits de douane entre les États que l’accord concerne. Les nouveaux accords réduisent également ce qu’on appelle les «obstacles non-tarifaires». Dans le cas du Ceta, ça veut dire que l’accord va également faciliter l’échange de services, ouvrir davantage les marchés publics aux candidatures étrangères ou encore harmoniser les normes de toute nature afin de limiter les démarches de certification de conformité à l’exportation.

PQui est contre et pourquoi ?

À l’échelle de l’Europe, les réticences gouvernementales ont été assez faibles dans un premier temps. Seule la Belgique, en 2016, à cause du refus de trois gouvernements régionaux, a fait reporter de quelques jours la ratification du traité par le Parlement européen. Aujourd’hui, d’autres pays posent problème, au premier rang desquels l’Italie, qui a promis à plusieurs reprises à ses agriculteurs que l’accord ne passerait pas chez eux. L’Irlande et la Pologne font aussi partie des pays où le travail législatif n’a pas commencé. En l’état, 90 % du contenu de l’accord – la partie qui ne nécessitait que la ratification de l’UE – est déjà entré en vigueur. Mais si l’Italie ou n’importe quel autre parlement national ou régional des 28 États membres refuse de ratifier la partie de l’accord qui dépend de l’État et qui concerne les tribunaux d’arbitrage, alors c’est la globalité du Ceta, sous cette forme, qui devra être abandonné. En France, les critiques viennent principalement de deux secteurs pourtant souvent en opposition : agriculteurs et écologistes. Les premiers craignent une nouvelle concurrence déloyale venue d’Outre-Atlantique, puisque l’accord prévoit une très importante augmentation des quotas d’importation de produits canadiens comme le bœuf, le porc, le blé ou le maïs. Problème : les agriculteurs canadiens sont soumis à beaucoup moins de contraintes de production que leurs homologues français. Leurs prix sont donc plus compétitifs. Du côté des écologistes, on regrette cette augmentation d’échanges commerciaux qui va fatalement avoir un impact sur l’environnement via le transport de marchandises.

PQui est pour et pourquoi ?

La majorité des pays de l’UE sont favorables au Ceta. D’ailleurs, en plus de la France, 13 des 28 États membres ont déjà ratifié l’accord (Autriche, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni et Suède). En France, même s’il subsiste des réserves, les producteurs de fromage doivent pouvoir bénéficier de l’augmentation des quotas d’exportation. La reconnaissance sur le sol canadien de 143 appellations géographiques européennes (sur un total de 1 500), dont 42 pour la France, est également une bonne nouvelle. Mais les principaux bénéficiaires pourraient être les grandes entreprises comme Alstom ou Bouygues, qui lorgnent l’ouverture des marchés publics canadiens à la concurrence européenne (de 10 % à 30 %).

Depuis des années, la colère monte

«Suicides», «endettement», «sécheresse», «loup», «CETA», «Mercosur», «retraites», «ZNT», «prix», «végans». Dans les allées du Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand vendredi dernier, Emmanuel Macron a pu apprécier sur les pancartes tous les motifs de griefs des agriculteurs, qui se cumulent depuis des années. Et il y en a eu d’autres ! Souvenez-vous l’hiver 2017-2018. À la fin du mois de janvier, les agriculteurs, révoltés contre la diminution des zones agricoles défavorisées, avaient multiplié les actions d’envergure. Dans la région en particulier : à Toulouse, une vaste opération de blocage du périphérique avait eu lieu, point d’orgue de plusieurs semaines de grogne au bout desquelles ils avaient obtenu gain de cause. Mais encore ? L’ours, la grippe aviaire… La liste est très longue.

 Lucas Serdic

Température mondiale : 2e mois de septembre le plus chaud. Par Johan Lorck

Source : Global Climat, Johan Lorck, 02-10-2019

Avec +0,632°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de septembre 2019 se classe au 2e rang depuis 1948, date du début de l’archive NCEP-NCAR. L’année 2019 est pour le moment à la deuxième place derrière 2016.

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement publiées, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-octobre).

Le top 10 des mois de septembre les plus chauds

Avec +0,632°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de septembre 2019 est le 2e plus chaud des annales NCEP-NCAR, derrière 2016 (+0,68°C). Depuis 1948, sur les cinq mois de septembre les plus chauds, on trouve dans dans l’ordre 2016, 2019, 2015, 2017 et 2013. L’anomalie de température mondiale est en hausse par rapport à août 2019 (+0,56°C).

Top 10 des mois de septembre les plus chauds depuis 1948. Anomalies par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

On peut voir ci-dessous l’évolution de la température mondiale en septembre avec une tendance de fond au réchauffement depuis 1948. La tendance est de +0,158°C par décennie depuis le début de l’archive, avec une accélération sur les 20 dernières années à +0,236°C/décennie.

Anomalies de température mondiale en septembre par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

2019 pour le moment la deuxième année la plus chaude des archives

Dans ce classement provisoire, les neuf premiers mois de 2019 sont comparés à des années pleines. 2019 devrait faire partie des trois années les plus chaudes et se positionne pour le moment à la deuxième place, juste devant 2017. Après un petit El Niño, des conditions neutres prévalent désormais dans le Pacifique.

Top 10 des années les plus chaudes depuis 1948. Anomalies par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales en septembre 2019

La moyenne globale reste élevée malgré le refroidissement qui continue au niveau des Tropiques. Les anomalies positives se confirment dans l’Arctique, tandis que l’Antarctique renoue avec des valeurs inférieures à la normale.

Carte d’anomalies pour le mois de septembre 2019. D’après NCEP-NCAR.

+1,175°C en septembre 2019 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +1,175°C en septembre 2019, donc sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

Source : Global Climat, Johan Lorck, 02-10-2019

https://www.les-crises.fr/temperature-mondiale-2e-mois-de-septembre-le-plus-chaud-par-johan-lorck/

 

Nicolas Dupont-Aignan en visite « éclair » à Aurillac (Cantal)

Publié le 24/04/2019 à 17h15

Nicolas Dupont-Aignan en visite "éclair" à Aurillac (Cantal)

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, et Emmanuel de Grully, chargé de mission du parti pour le Cantal. © bruno leroy

Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, était en visite rapide ce mercredi 24 avril à Aurillac (Cantal).

Le temps d’un déjeuner avec des militants et sympathisants de son parti. On vous explique sa visite en trois points.

Pourquoi Nicolas Dupont-Aignan était-il à Aurillac ?

Dans le cadre des élections européennes. Il est la tête de la liste « Alliance des conservateurs et réformistes européens (Amoureux de la France) » et parcourt les territoires à la rencontre des militants et sympathisants. Mercredi 24 avril, il est arrivé à Rodez (Aveyron) le matin, en avion, puis il a rejoint Aurillac en voiture pour participer à un déjeuner avec une quinzaine de militants et sympathisants. Dans l’après-midi, il était prévu une étape au barrage du Chastang, avant  de rejoindre Brive-la-Gaillarde (Corrèze).

Qu’a-t-il dit durant son court séjour ?

Avant d’échanger de manière informelle avec les militants et sympathisants, le temps pour Nicolas Dupont-Aignan d’avaler un « steak salade », un rapide moment consacré aux journalistes a permis au président de Debout la France de détailler quelques points de son programme. Sur la privatisation des barrages : « Cet oukaze, cette folie de l’Union européenne acceptée par nos gouvernements à l’époque qui consiste à privatiser les barrages pour faire du fric aux dépens des Français. C’est un scandale absolu. C’est en fait dépecer, piller les barrages pour les donner à des opérateurs privés. Ce scandale illustre les dérives de cette Union européenne » ; les éleveurs : « Les traités comme le Ceta ou le Mercosur vont permettre l’importation de viandes, avec des produits toxiques qui sont pourtant interdits en France, 30% moins chères. On ne peut pas demander à nos éleveurs d’être performants si ils ont une concurrence déloyale. Cela les met aussi en péril » ; les territoires : « sans service publics, c’est la mort. Et on a une Union européenne qui fait tout pour concentrer au niveau des métropoles » ; et plus généralement sur sa vision de l’Europe : « Nous voulons remplacer l’Union européenne par une Europe des Nations libres et des projets concrets. Cela veut dire que chaque nation doit retrouver le contrôle de ses frontières, de ses lois, de ses budgets démocratiquement. Mais qu’en même temps, nous ne sommes pas contre l’idée d’une coopération européenne, mais nous voulons la concentrer sur les grands projets scientifiques, industriels, qui décideront de la hiérarchie des continents à l’aube du XXIe siècle. Nous voulons moins d’Europe dans notre vie quotidienne et plus d’Europe dans les grands projets qui nous permettent d’être forts face à la Chine et les Etats-Unis ».

Nicolas Dupont-Aignan : « Emmanuel Macron est le Président du désordre et de l’injustice » (février 2019)

Au 28 mars, la liste « Alliance des conservateurs et réformistes européens (Amoureux de la France) » comptait 23 candidats seulement, sur les 79 imposés (autant de candidats par liste que de postes de députés pour la France au parlement européen). « Nous avons signé un accord avec vingt-trois partis modérés de vingt-trois pays, mais qui veulent changer radicalement le fonctionnement de l’Union européenne ». Concernant la liste, Nicolas Dupont-Aignan l’affirme :  « Il ne reste que quelques ajustements, mais nous allons déposer notre liste lundi prochain », le 29 avril. L’ensemble des listes doit être déposé avant vendredi 3 mai au ministère de l’Intérieur.

Bruno-Serge Leroy

La durabilité à l’épreuve de l’économie

Posté le 23 avril 2019 par Pierre Thouverez dans Entreprises et marchés

Il est à première vue difficile d’intégrer la notion de durabilité dans le système économique tel qu’on le connaît. En effet, ce dernier obéit à des temporalités courtes, ne se soucie pas a priori de l’état des ressources qu’il consomme, ni plus globalement de la durabilité de ce qu’il finance.

Pour simplifier, dans le système – capitaliste et libéral – qui est le nôtre, l’activité économique détruit l’environnement.

En y ajoutant la notion de durabilité on le rend pérenne. Facile. Sauf que la durabilité est une chose simple à projeter mais extrêmement complexe à mettre en place pratiquement. Parce que l’évaluation de la durabilité économique d’une activité prend en compte l’intégralité de son cycle de vie.

Ainsi les véhicules électriques, s’ils ne produisent pas de CO2 pendant leur fonctionnement, nécessitent pour la fabrication de leur batterie des métaux rares qui, eux, sont très émetteurs de CO2.

Il en est de même dans une certaine mesure pour les éoliennes et les panneaux solaires.

Les crédits carbone sont un autre exemple. Mis en place pour permettre aux industriels de compenser leurs émissions de GES, il est aujourd’hui devenu un instrument de spéculation, et le moyen pour certaines entreprises de s‘acheter une image de durabilité sans rien changer de leurs pratiques non durables.

Des synergies ?

Autre exemple, le recyclage : selon un rapport de l’ADEME datant de 2002, le recyclage est une solution pertinente pour certains matériaux comme l’acier, l’aluminium ou le verre. Par contre, le recyclage du plastique est plus épineux. S’ils se substitue entièrement au plastique vierge dans les produits transformés, le plastique recyclé fait sens. Si le plastique recyclé est utilisé à la place du bois pour fabriquer des meubles, mieux vaut alors l’incinérer. Même chose pour les papiers et cartons : l’utilité écologique de leur recyclage dépend de plusieurs paramètres locaux comme la présence d’un incinérateur par exemple.

Du coup, une question émerge : étant donné que la notion de développement durable oblige à prendre en compte des contraintes – finitude des ressources, besoins – qui constituent des freins au développement économique, le développement durable et l’économie peuvent-ils être synergique ?

La réponse est non. L’économie de marché que nous connaissons se nourrit d’une croissance perpétuelle et régulière dans le temps. Tel quel, il n’est pas adapté, par définition, pour faire émerger des modèles durables soucieux de la gestion des ressources et des impacts environnementaux.

Ce que l’on observe via les exemples évoqués ci-dessus, c’est que les modèles économiques durables mis en place – pour le recyclage par exemple – sont contraints de s’adapter à la réalité économique. Pas le contraire. L’exemple de l’économie circulaire illustre bien cette adaptation.

Cela est connu, et cela ne changera pas. Ou pas assez vite par rapport à l’évolution des problématiques écologiques que nous connaissons.

Une illusion

Ainsi, la vision du développement durable comme une façon de concilier la croissance économique avec la protection de l’environnement et la cohésion sociale est une douce illusion. Et un contresens par définition.

Le cas de l’éolien en France en est le symbole. Longtemps subventionné pour rendre son prix de vente compétitif, l’électricité éolienne est artificiellement “boostée” par l’État dans le cadre de la transition énergétique.

Et même si le prix de l’éolien terrestre en France est aujourd’hui compétitif, l’État continue à garantir l’achat de l’électricité produite pour favoriser le développement de la filière. Cet exemple, loin d’être isolé, montre que beaucoup de solutions durables doivent être “accompagnées” pour pouvoir exister économiquement.

Les subventions destinées à encourager l’achat de véhicules électriques participent du même mouvement.

Mais le tableau n’est pas si noir. Pour une raison : l’innovation. Qui aurait cru il y a 20 ans que l’électricité solaire ou éolienne serait aussi rentable aujourd’hui ? L’innovation dans ces domaines a permis et permettra d’atteindre des niveaux de rendements exceptionnels.

D’ailleurs, le stockage efficace de l’énergie éolienne est probablement l’innovation qui permettra à l’éolien de se faire une place définitive dans le marché énergétique français et mondial, même si des solutions efficientes existent déjà. Entre-temps, il faudra que l’innovation permette à la filière éolienne de résoudre une autre problématique, celle de son empreinte écologique.

On en est loin. Mais si développement durable et économie de marché sont par essence incompatibles, la première option pour intégrer un modèle durable dans l’économie actuelle est bel et bien l’innovation.

Pour aller plus loin

L’éolien à tout prix, une impasse écologique

EDOUARD TETREAU / Associé-gérant de Mediafin Le 06/02 à 07:20
 
Malgré des dizaines de milliards de subventions détournées du pouvoir d’achat des Français (sous forme d’impôts), l’éolien est l’une des énergies les moins rentables du mix énergétique français.
 
CHRONIQUE – D’un côté, les pouvoirs publics encouragent l’installation de coûteuses éoliennes qui défigurent le paysage et ne produisent que par intermittence. De l’autre, Bruxelles décourage l’hydroélectricité en voulant détruire barrages et moulins au nom de la continuité des cours d’eau. Où est la logique écologique ?
C’est un des mystères français les plus intrigants de notre époque : alors que des milliers d’éoliennes fleurissent sur le territoire, des dizaines de milliers de moulins, barrages, retenues d’eau, lacs, écluses et biefs sont voués à la destruction administrative.
 
Pour paraphraser la formule du général de Gaulle, l’écologie étant une affaire bien trop sérieuse pour la confier à des écologistes, tentons de l’aborder ici en novice et sans parti pris.
 
Dans un ouvrage aussi courageux que documenté (*), Pierre Dumont et Denis de Kergorlay détaillent ce naufrage annoncé qu’incarne le parc éolien terrestre français. 7.000 éoliennes, de plus en plus nombreuses (objectif 50.000 à horizon 2050) et de plus en plus grandes, font couler toujours plus de béton dans la terre ; massacrent nos paysages, constitutifs de notre patrimoine et de notre identité ; font la fortune d’une poignée de financiers, d’industriels et d’agriculteurs plus chanceux ou connectés qu’avisés.
 
Frankestein écologique
Avec ces cornes d’abondance de béton et de métal mêlés, viennent leurs corollaires : la prévarication, la pollution des terres, la mise en danger de la faune animale, des oiseaux et des chauve-souris. N’en jetez plus ? Ah, si, un dernier détail : malgré des dizaines de milliards de subventions détournées du pouvoir d’achat des Français (sous forme d’impôts), l’éolien, cerise sur le gâteau, est l’une des énergies les moins rentables du mix énergétique français : deux fois le coût du nucléaire ; 57 % plus cher que le solaire ; et l’intermittence de cette énergie oblige à doter les éoliennes de moyens de production pilotables… émetteurs de CO2 ! En langage de Millennials, cela s’appelle un vent.
 
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Ce Frankenstein écologique est le fruit de deux des pires maux français actuels : d’abord, l’option préférentielle pour l’idéologie et l’affichage politique plutôt que les faits : les éoliennes sont ruineuses et nuisent à l’environnement, et alors ? Ces monuments visibles de « l’action en faveur du climat » – périphrase qui ne signifie rien – sont la preuve vivante que les politiques font de l’écologie. L’objectif est atteint. Ensuite, le jacobinisme bureaucratique, peu importe qu’il soit parisien ou bruxellois, s’impose à la connaissance et l’initiative locales.
 
Alors que se déploient sur tout le territoire ces verrues verticales polluantes, l’on a décidé, entre Paris et Bruxelles, qu’il fallait condamner à mort des milliers d’ouvrages, souvent centenaires et parfaitement intégrés au paysage, produisant une énergie alternative millénaire particulièrement compétitive : l’eau.
 
La France, avec 74 fleuves, 416 rivières, 1.714 canaux et 1.288 torrents, est dotée d’un gigantesque potentiel hydroélectrique . S’il existe un débat d’experts sur le chiffrage exact de ce potentiel (entre 10.000 et 40.000 mégawatts), l’Agence internationale de l’énergie (rapport 2017) l’évalue à 25.000 mégawatts, soit davantage que le potentiel des énergies fossiles ; cinq fois celui du solaire, trois fois celui de l’éolien. Et avec des installations, basses, qui se fondent naturellement dans nos paysages, respectant l’environnement, tout en stimulant l’activité et les centaines de milliers d’emplois de la filière BTP-construction. Des emplois non délocalisables, à la différence des productions de photovoltaïques et d’éoliennes, très loin du territoire français.
 
Des ouvrages menacés
Pourquoi cette ruée vers l’or de l’eau n’a pas encore eu lieu ? D’abord à cause de Bruxelles : au nom du principe de la continuité écologique, la directive-cadre sur l’eau (2000) impose à la France de détruire tout ce qui pourrait faire entrave au cours de l’eau, rivière par rivière. Les ayatollahs de l’écologie politique s’engouffrent dans cette brèche curieuse (imagine-t-on l’équivalent sur la terre ferme, où il faudrait détruire tout ce qui fait « entrave » à la nature ?) et, aidés en cela par des administrations zélées, poussent les services de l’Etat à une véritable frénésie destructrice. En Seine-Normandie, en Artois-Picardie, en Loire-Bretagne, ce sont des milliers d’ouvrages, du simple moulin jusqu’aux barrages de la Sélune, que l’on veut détruire avec l’argent public, le plus souvent contre l’avis des populations locales .
 
Les idéologues, les administrations parisiennes et Bruxelles auront le dernier mot ; et tant pis si la réalité de la nature et le mystère de la vie vont à rebours de ces dogmes : ce n’est pas parce que vous interrompez un cours d’eau que les grenouilles, puis les poissons, ne vont plus s’y déployer en abondance. Au contraire. Simplement, pour comprendre ces phénomènes, il faut non pas tracter, tweeter, ou faire du lobbying rue de Grenelle. Mais aller au contact de la nature ; arpenter les lacs et les rivières ; faire preuve aussi d’une forme d’humilité, si étrangère aux écologistes militants qui veulent façonner le monde et ses habitants à leur image.
 
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Ce deux poids, deux mesures est révélateur. Pour les éoliennes, le pouvoir politique lève les obstacles et promeut une industrialisation des campagnes. Contre l’hydroélectricité, il s’érige en défenseur d’une vision dogmatique de l’écologie où la nature n’est belle que débarrassée de l’empreinte de l’homme, et tant pis si cette empreinte est là depuis des siècles.
 
Le moment est venu, pour ceux qui ont la véritable écologie au coeur – non pas ce militantisme de l’homme et de l’environnement nouveaux, mais bien, étymologiquement, cette « science de la maison », de la terre que nous habitons – de s’investir dans le grand débat. Et de faire valoir une vision plus humaine, plus humaniste et plus respectueuse de notre terre.
 
(*) « Eoliennes : chronique d’un naufrage annoncé », Editions François Bourin, 2018.
 
Edouard Tétreau est associé gérant de Mediafin.
 
Edouard Tétreau