Les 10 startups qui ont levé le plus de fonds en janvier 2020

Par Léa Taieb et Alix Publie |  mis à jour le 03/02/2020
Avec 600 millions d’euros levés, startups françaises démarrent force l’année.
Avec près de 600 millions d’euros levés, les startups françaises démarrent en force l’année. @Getty Images

Chaque mois, les Echos START recense les plus grosses levées de fonds réalisées par les startups françaises.

Nous avons réalisé ce TOP 10 des plus grosses levées de fonds de janvier 2020, grâce à la “base des deals” de nos confrères de Capital Finance. Avec près de 600 millions d’euros levés en ce début d’année, les startups françaises démarrent en force l’année. En comparaison, la French Tech avait levé 248 millions d’euros en janvier 2019. 2020, année riche ?

1- EcoVadis, la plateforme de notation de la RSE qui s’internationalise : 180 millions d’euros

Née en 2007, EcoVadis a développé une plateforme permettant aux sociétés d’évaluer la responsabilité sociétale (RSE) de leurs fournisseurs sur différents indicateurs : respect de l’environnement et conditions de travail, notamment.

Jeudi 9 janvier, l’entreprise française a annoncé avoir levé 180 millions d’euros, une somme qu’elle doit à CVC Growth Partners, la branche growth Equity de CVC Capital Partners. En 2016 déjà, la jeune pousse avait levé 30 millions d’euros auprès de Partech Ventures.

EcoVadis compte aujourd’hui 60.000 clients dans 155 pays différents et “connaît une croissance annuelle de 40% par an sur les cinq dernières années” informe le communiqué de presse. En France, la plateforme collaborative travaille avec de nombreux groupes du CAC 40. L’Oréal, Axa, Alstom, Nestlé et Heineken ou encore LVMH (propriétaire du groupe Les Echos) figurent parmi ses clients.

Avec cette nouvelle levée de fonds, EcoVadis mise sur une meilleure implantation aux États-Unis et en Asie et promet de recruter 200 salariés à travers le monde (la société en compte 600) en 2020.

2- ManoMano, le spécialiste du bricolage et du jardinage, à la conquête de l’Europe : 125 millions d’euros

Depuis son lancement en 2013, ManoMano, spécialiste de la vente en ligne de produits de bricolage et de jardinage n’a cessé de grossir. En l’espace de six ans, la startup a levé en tout 311 millions d’euros et cette année, l’entreprise tape fort avec 125 millions d’euros levés, de quoi lui donner une longueur d’avance sur le marché européen.

En 2019, les ventes chez nos voisins européens représentaient un tiers de ces 620 millions d’euros de chiffre d’affaires de la plateforme.

Aujourd’hui, ManoMano revendique plus de 3 millions de références, plus de 3,5 millions de clients actifs à travers l’Europe et 370 employés dans six pays d’Europe. Depuis peu, le site internet est membre du Next40, l’indice français des startups qui pourraient se transformer en licornes.

3- Qonto, la néobanque bientôt établissement bancaire : 104 millions d’euros

Qonto vient de réaliser une levée de fond spectaculaire pour une Fintech française de 104 millions d’euros. Ce succès repose sur des investisseurs fidèles et sur de nouveaux actionnaires comme le géant chinois Tencent.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Le retail, nouveau secteur phare pour les startups du French Tech 120

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Grâce à cette augmentation de capital, Qonto pourra se transformer en un véritable établissement bancaire et cela à l’échelle européenne. Pour mener à bien cet objectif ambitieux, la jeune pousse prévoit de recruter une centaine de personnes, de quoi atteindre le nombre symbolique de 300 salariés. Aujourd’hui, la jeune pousse compte 65.000 PME clientes dans toute l’Europe, mais espère doubler ce nombre d’ici fin 2020.

Depuis début 2019, son chiffre d’affaires  a été multiplié par quatre et son implantation chez nos voisins européens s’est largement renforcée.

4 – LumApps, l’Intranet qui facilite la vie de bureau  : 63 millions d’euros

Depuis sa création en 2012, LumApps propose aux entreprises un Intranet “intelligent, social et mobile”, pensé pour informer et fédérer les collaborateurs. En ce début d’année, l’entreprise a levé 63 millions d’euros auprès d’investisseurs historiques comme Bpifrance ou Idinvest Partners.

Grâce à ces nouvelles ressources, LumApps aura les moyens de perfectionner son interface, voire de l’enrichir grâce à l’intelligence artificielle et le machine learning. Elle prévoit aussi de doubler le nombre de ses salariés (pour atteindre environ 400 salariés) et réfléchit à de possibles fusions et acquisitions.

La jeune pousse réalise plus de 50% de son chiffre d’affaires aux États-Unis. Décidée à conquérir le monde, l’entreprise investit le continent asiatique, et prévoit d’ouvrir des bureaux en Allemagne, au Canada et à Singapour. Début 2020, elle revendique plus de 260 clients (comme Airbus, Auchan ou Colgate), 4 millions d’utilisateurs et vise les 10 millions d’ici 2022.

5 – Lydia Solutions, l’app pour rembourser ses potes : 40 millions d’euros

Lancée en 2013, l’application de paiement mobile a bien grandi. Il s’agit désormais d’une interface qui permet de réaliser tous ses paiements via Lydia et non plus via une application bancaire.

Aujourd’hui, 25% des Français entre 18 et 30 ans possèdent un compte Lydia, avance la Fintech. La startup revendique d’ailleurs plus de 3 millions d’utilisateurs, dont la plupart sont français.

L’arrivée du chinois Tencent dans son capital lui a permis de lever 40 millions d’euros en ce début d’année. Grâce à cette somme, Lydia pourra accélérer son implantation sur le marché des services financiers et conquérir le coeur d’autres pays d’Europe.

Pour devenir “le Paypal de la nouvelle génération mobile”, entre 50 et 100 nouvelles recrues pourraient rejoindre la jeune pousse qui compte déjà 90 salariés.

6- Eyevensys, la biotech qui vous aide à y voir plus clair :  27 millions d’euros

Eyevensys, fondé en 2008, créée des solutions ophtalmologiques non invasives et durables pour traiter les maladies oculaires et ainsi répondre aux limitations des solutions actuelles telles les opérations ou les injections dans l’oeil. Développée par la docteure Francine Behar-Cohen et co-dirigée par Patricia Zilliox, la biotech parisienne fait partie des 3% des startups dirigées exclusivement par des femmes. A ce deuxième tour de fonds s’invitent Boehringer Ingelheim Venture Fund, Global Health Sciences Fund et Pureos Bioventures pour une somme totale de 27 millions d’euros.

Avec ces nouveaux fonds récoltés, la startup peut ainsi commencer la deuxième phase clinique de son produit aux Etats-Unis. En plus de son produit phare, la startup développe deux autres produits pour traiter des maladies dégénératives de l’oeil telles la rétinite pigmentaire, et la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

7- HomeLoop, l’OpenDoor français qui révolutionne le marché de l’immobilier :  20 millions français

La proptech française, créée en 2016, propose de racheter et de revendre les biens immobiliers de ses clients. Elle s’occupe de tout le processus, de l’offre d’achat générée par un algorithme à la signature de la vente, offrant ainsi un service rapide, fiable, sécurisé et adapté au client.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Logement : devenez un propriétaire pépère grâce à ces startups

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Avec un volume de biens supérieur à 18 millions d’euros en 2019, la jeune pousse ambitionne de passer les 100 millions d’euros en 2020 grâce à cette nouvelle levée de fonds entièrement financée par Crescendix. Actuellement présente en Ile-de-France, à Lille et à Nantes, HomeLoop compte bien s’étendre à d’autres grandes villes françaises.

8- Euralis Semences, un des leaders mondiaux des semences : 20 millions

La filiale du groupe coopératif agricole français Euralis créée en 1950 est une des plus grosses sociétés une des plus grosses de semences européennes. Ses cultures phares, le maïs, le tournesol, le colza, le sorgho et le soja, réparties sur plus de 3,3 millions d’hectares, font d’elle un des leaders mondiaux en la matière. La filiale travaille avec 1.150 professionnels de l’agriculture, à tous les niveaux, de la recherche jusqu’à à la commercialisation.

Euralis Semences se tourne vers la Russie avec cette nouvelle levée de 20 millions d’euros menée par ses actionnaires Unigrains et Sofiprotéol, pour un projet de construction d’une usine de production de semences. Leur but : doubler les quantités de semences vendues chaque année en Russie d’ici 2025. Un beau projet pour la filiale qui enregistre un chiffre d’affaires de 210 millions d’euros pour son activité 2018-2019, un chiffre en hausse de 8 %, et un bénéfice opérationnel à 29 millions d’euros, également en hausse.

9- ValueState, les experts de l’investissement hôtelier : 25 millions d’euros

ValueState, fondée en 2010, est spécialisée dans les investissements immobiliers et la gestion d’hôtels franchisés. Son portefeuille se constitue d’une dizaine d’hôtels entre 3 et 5 étoiles se situant principalement en centre-ville, à Paris, Lyon, Marseille ou encore Courchevel et Chambéry. La société immobilière compte déjà plus de 535.000 clients.

ValueState jusqu’ici soutenue par des family offices vient de lever 25 millions d’euros grâce au soutien de trois nouveaux actionnaires minoritaires, Idia Capital Investissement, Bpifrance et Socadif Capital Investissement. Avec ce capital au compteur, ValueState compte doubler son chiffre d’affaires pour 2025.

10- Alderaan Biotechnology, la biotech qui veut battre le cancer : 18,5 millions

La biotech parisienne fondée en 2017 par Advent France Biotechnology (AFB) et deux professeurs spécialisés en immunologie, a su lever 18,5 millions d’euros auprès des fonds pan-européens Medicxi Ventures et AFB. La startup développe actuellement deux solutions, une pour le traitement des cancers du foie, du sein et des ovaires et l’autre pour les cancers de la cerveau, du cou et des reins.

À LIRE AUSSI : ARTICLE : Bricolage : Mon Coach Brico, Hemea et Bricoco, 3 startups à suivre

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Cette levée va permettre à la biotech de continuer à développer les solutions avec pour objectif d’atteindre les premiers essais cliniques avant 2022 pour sa première solution. La startup compte cinq membres, ses deux fondateurs chercheurs à l’hôpital Saint-Louis à Paris et à l’Institut Paoli Calmette à Marseille ainsi que son dirigeant Arnaud Foussat.

PAR LÉA TAIEB ET ALIX PUBLIE

La nouvelle financiarisation de la fourchette et de la fourche ?

 

Chambres d’agriculture France

La nouvelle financiarisation de la fourchette et de la fourche ?

La pénétration d’acteurs non agricoles dans la sphère agricole est un phénomène étudié de longue date, et qui a trouvé un écho particulièrement important depuis la crise économique et financière de 2007-2008. Une nouvelle forme de financiarisation de l’agriculture et de l’alimentation a récemment fait son apparition et pourrait, à terme, bouleverser certains équilibres dans la gouvernance des systèmes alimentaires.

DÉFINITIONS

chapitre 1

[1] Clapp, J. (2019). The rise of financial investment and common ownership in global agrifood firms. Review of International Political Economy, 1-26.

chapitre 2

[1] Valoral Advisors (2018). Global food & agriculture investment outlook.

[2] Par exemple, 93 % de ces investissements concernent des exploitations agricoles dans la région Océanie.

[3] Magnan, A. (2015). The financialization of agri-food in Canada and Australia: Corporate farmland and farm ownership in the grains and oilseed sector. Journal of Rural Studies, 41, 1-12.

L’étude de l’évolution de la financiarisation de l’agriculture s’est souvent concentrée sur les achats de terres agricoles (« land-grabbing ») et la présence de fonds spéculatifs sur les marchés à termes agricoles. Mais un nouveau type d’acteur, principalement représenté par les fonds d’investissement, semble émerger dans la sphère agricole et alimentaire. Or, cette discrète évolution de la financiarisation des systèmes alimentaires prend une ampleur de plus en plus croissante sur ces dix dernières années avec l’introduction de ces fonds d’investissement ou de sociétés de gestion d’actifs (« asset managment ») dans la propriété des entreprises et des exploitations agricoles.

1 – Quand les fonds d’investissements dictent les choix des IAA

Certaines de ces sociétés, qui ont d’ailleurs fait récemment irruption dans l’actualité sociale telles que la multinationale BlackRock, détiennent des parts non négligeables dans le capital de grandes entreprises agroalimentaires et sont capables de peser dans les décisions stratégiques de ces entreprises.  Dans un article [1] publié dans la Revue of International Political Economy, l’économiste canadienne Jennifer Clapp étudie le poids de ces sociétés dans le capital social de plusieurs firmes multinationales de l’agroalimentaire (FMNA) telles que Coca-Cola, Nestlé ou Danone, mais également de firmes situées à l’extrême amont de la chaîne de valeur agroalimentaire comme DuPont, Bayer ou Monsanto (Graphique).

La valeur des fonds gérés par BlackRock (première société de gestion d’actifs à l’international) et directement liées au secteur agroalimentaire sur l’année 2018 a atteint près de 1,5 milliards de dollar au second semestre 2018, ceci à travers les différentes prises de participation dans l’actionnariat des 20 premières FMNA. Les autres fonds d’investissement du top 5 mondial que sont Vanguard, State Street, Capital Group et Fidelity ne sont pas en reste non plus, avec parfois une détention des parts actionnariales qui dépasse les 10 % comme dans le cas de Capital Group avec la société d’agrochimie DuPont. DuPont, qui a fusionné en décembre 2015 avec un autre géant de l’agrochimie, Dow Chemicals, et dont Capital Group détient également 4 % du capital.

Ces prises de participation croisées de ces sociétés de gestion d’actifs, et leur présence conjointe dans l’actionnariat des FMNA, révèlent des mécanismes et des stratégies d’influence qui pèsent sur les décisions de ces firmes. Si les récentes opérations de fusions-acquisitions dans le secteur de l’agrochimie (Dow-Dupont, Bayer-Monsanto, ChemChina-Syngenta) ont été justifiées par la conjoncture des marchés et le besoin de restructurer le secteur, les fonds de gestion d’actifs ont eu une influence considérable dans ces opérations de concentration. Dans le cadre d’une stratégie concertée de ces fonds pour accroître la valorisation des entreprises dans lesquelles ils détiennent des parts (valorisation qui va conditionner le versement de dividendes aux actionnaires que sont les clients des fonds de gestion), elles peuvent peser de tout leur poids dans les votes des assemblées générales. Par exemple, la part cumulée des cinq premiers fonds d’investissement dans des sociétés comme Dupont et CF Industries dépassent les 30 %, ce qui est suffisant pour obliger un directoire à composer avec les représentants de ces sociétés et de leurs intérêts.

2 – La finance proche des champs

Le contrôle actuel exercé par les fonds d’investissement sur les entreprises agroalimentaires est le fruit d’une orientation stratégique visant à saisir réelle une opportunité de diversification des portefeuilles d’actifs, et d’investissement dans un secteur d’avenir dont la rentabilité suit un sentier de croissance stable sur le long terme à l’échelle mondiale : croissance de la demande mondiale, utilisation des nouvelles technologies, émergence de nouvelles tendances de consommation. Le nombre de fonds spécialisés dans le secteur agroalimentaire est ainsi passé de 38 à 530 entre 2005 et 2018, pour une capitalisation totale de 83 milliards de dollars d’actifs contre 18 milliards de dollars en 2010 [1]. Si ces investissements se concentrent dans des entreprises de l’agroalimentaire ou de l’agrochimie, les exploitations agricoles sont également de plus en plus ciblées par ces sociétés, jusqu’à représenter le maillon de la chaîne de valeur alimentaire le plus attractif dans certaines régions pour ces capitaux [2]. D’après le Rapport 2018 de Valoral Advisors, le nombre de fonds dédiés uniquement aux investissements dans les exploitations agricoles s’élevaient à 145 en 2017 contre 17 en 2005, principalement centré sur l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Océanie. 60 % de ces fonds sont orientés vers des exploitations en grandes cultures [3], et prennent souvent la forme de la création d’une agro-holding qui détient les terres pour les louer ensuite à des agriculteurs, tout en leur fournissant les intrants, l’itinéraire technique et en gérant la commercialisation de la production.

Ces formes de financiarisation émergentes dans les systèmes agricoles et alimentaires posent de nombreux enjeux pour le devenir des agriculteurs dans cette nouvelle décennie qui s’ouvre. Faut-il s’adapter, adopter ou résister à ce nouveau mode de financement ? Existe-t-il un risque de perte de contrôle de l’appareil de production agricole ? D’autant plus que ces entreprises sont toujours plus concentrées en amont comme en aval… Des questions, essentielles, mais qui semblent encore très éloignées des débats politiques, en France comme dans l’Union européenne.

La Lettre économique des Chambres d’agriculture du mois de janvier 2020 – Quentin MATHIEU –  l’APCA

https://www.pleinchamp.com/actualites-generales/actualites/la-nouvelle-financiarisation-de-la-fourchette-et-de-la-fourche

Interview : Échange touristique à sens unique 

Pour Bernard Duterme, sociologue, directeur du Centre tricontinental et coordinateur du livre La domination touristique, le tourisme international tend à creuser les écarts entre le Nord et le Sud, les visiteurs et les visités, l’homme et l’environnement. Propos recueillis par Sophie Chyrek pour Le Journal des activités sociales de l’énergie (CCAS, Paris, novembre-décembre 2019).

Pourquoi définir le tourisme comme une « domination » ?

Le tourisme international, appréhendé comme un marché où se croisent des offres et des demandes, met en présence des tour-opérateurs, des visiteurs et des visités. En présence asymétrique. Les premiers se concurrencent ou se conglomèrent, les deuxièmes s’imitent ou se distinguent, les derniers se précipitent ou se retirent. Le tout, dans un environnement que les uns et les autres soumettent aux logiques le plus souvent prédatrices de la mise en tourisme, de la « touristification » des territoires. En cela, la dynamique traduit bien un rapport social de domination. Il s’agit de mettre au jour les schémas inégalitaires et les polarisations qui le constituent, les disparités d’accès et les usages du travail qui le sous-tendent.

Le tourisme n’a-t-il pas aidé certaines régions à sortir de la pauvreté ou enclenché des processus de démocratisation ?

Le tourisme international représente de fait la première source de devises pour un tiers des 50 pays les plus pauvres et environ 10% du PIB de tous les pays en développement. Pour autant, l’expansion de l’industrie du dépaysement tend objectivement, dans ses formes dominantes, à creuser les écarts. Par l’injuste répartition des coûts et des bénéfices (socioéconomiques, écologiques, culturels…) qu’elle produit en grande quantité. L’extrême concentration des retombées pécuniaires au sein d’un vaste complexe de groupes multinationaux privés n’en est qu’un aspect. Dans un marché libéralisé et dérégulé à souhait, plus pauvre (et ensoleillée) est la contrée de destination, plus lui échappe les revenus générés par les séjours des vacanciers qu’elle accueille, et plus lui incombe la gestion des « externalités négatives ». Quant à l’effet de contagion démocratique supposé du tourisme en pays autoritaires, il ne convainc plus grand monde là où tour-opérateurs et régimes autocratiques ont pactisé ou pactisent toujours – les exemples ne manquent pas –, dans l’indifférence du touriste béat.

Le tourisme social peut-il cohabiter avec un tourisme mondial plus égalitaire ?

Par définition même, le tourisme social suppose un tourisme plus égalitaire, en cela qu’il vise précisément à étendre à tous l’accès au droit à la mobilité récréative. Or, à l’échelle planétaire, un individu sur quinze seulement (environ 7% de l’humanité) est en position économique, politique, culturelle de visiter les quatorze restants, assignés à résidence. Le bilan est d’autant plus injuste que l’on sait aujourd’hui qu’une démocratisation réelle du tourisme international déborderait les capacités d’absorption écologique du globe. Son empreinte environnementale (gaz à effet de serre inclus) est telle qu’elle met au grand jour son impossible généralisation.

Les touristes « solidaires », « éthiques », « responsables » ouvrent-ils la voie vers un rapport plus équilibré ?

Dans le meilleur des cas, oui. À condition de rompre avec la logique dominante de l’expansion touristique et de garantir une répartition véritablement équitable des coûts et des bénéfices. À condition aussi d’échapper à la récupération commerciale de cette offre dite « alternative », autorégulée et autolabellisée « éthique ». À condition enfin de ne pas nourrir l’illusion qu’une micro-solution peut résoudre un macro-problème, que des choix de consommation personnels – élitistes, réservés de facto à de petits groupes de « bobos » en quête de voyages légitimes – peuvent « sauver le monde » ou « moraliser » le capitalisme touristique.

Les mécanismes de compensations environnementales ont-ils une efficacité ?

Outre qu’ils sont pratiqués pour une part infime des flux touristiques, ils renvoient à ce qu’on a appelé, face au défi climatique, les « fausses solutions », telles que le marché du carbone ou l’achat du droit de polluer… Compenser une dégradation assumée par le financement d’un projet incertain à l’autre bout du monde peut donner « bonne conscience », mais reste bien en deçà des choix politiques à opérer d’urgence en matière de réduction des pollutions et de limitation des flux.

Les récentes faillites peuvent-elles provoquer une prise de conscience ?

J’en doute. Certes la sensibilité des opinions publiques et même de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) aux impacts sociaux et environnementaux de l’industrie touristique est en hausse, mais elle reste peu opérante. La faillite d’un business model fait place à l’émergence d’un autre, plus dérégulé encore, qui tend à accroître l’« airbnbisation » des centres-villes, les emballements inflationnistes, la pression sur les biens communs, les accaparements privatifs, la « gentrification »… au détriment des populations locales.

Comment sortir de cette « domination touristique » ?

Par l’« organisation mondiale du tourisme » ! Chance, l’OMT existe déjà. Reste à l’investir d’un pouvoir de régulation. Les leviers du changement se situent en effet dans les marges de manœuvre des États, le contrôle des investissements et la fixation des termes de l’échange. Ainsi que dans l’implication des populations concernées et la définition de politiques coordonnées. Objectif : démocratiser le droit à la mobilité et rendre son exercice viable ! On peut rêver.

Bernard Duterme, Sophie Chyrek

https://www.cetri.be/Echange-touristique-a-sens-unique

https://journal.ccas.fr


Alternatives sud : La domination touristiquedes-mouches-sur-des-tas-de-fumier-recouverts-des-oripeaux-de-glamour-et-de-la-distraction/

Éditorial de Bernard Duterme : Tourisme Nord-Sud : le marché des illusionseditorial-de-bernard-duterme-tourisme-nord-sud%E2%80%89-le-marche-des-illusions/

Interview : Échange touristique à sens unique 

Viande bovineLa FNB veut travailler très vite à l’organisation des producteurs

 | par   |  Terre-net Média

Dans un « contexte morose » de décapitalisation croissante du cheptel allaitant, faute de prix rémunérateurs, la Fédération nationale bovine veut travailler très rapidement sur l’organisation des producteurs et la contractualisation « en marche avant » dans l’espoir d’endiguer « le plan social annuel que connaît la production bovine française ».

Selon le plan de filière viande bovine, les acteurs se sont engagés à ce que 40 % des volumes passent en Label Rouge d'ici 2023.

Selon le plan de filière viande bovine, les acteurs se sont engagés à ce que 40 % des volumes passent en Label Rouge d’ici 2023. (©Terre-net Média)

Les années passent, les attentes restent. L’an passé, à l’occasion de leur congrès 2019 en Lozère, les éleveurs de la fédération nationale bovine s’estimaient sous pression de prix non rémunérateurs et contraints d’observer une décapitalisation importante du troupeau allaitant français.

Un an plus tard, à la veille d’un congrès 2020 qui se tiendra les 5 et 6 février à Anse, au nord de Lyon, rien ne semble avoir changer. « J’ai l’impression de me répéter, mais la situation ne s’améliore pas », a résumé Bruno Dufayet, président de la FNB, lors d’une conférence de presse mercredi 15 janvier. « Les chiffres sont encore plus alarmants que l’an dernier : en moyenne et toutes catégories confondues, on enregistre des prix d’entrée abattoir à 3,60 €/kg, payé 3,45 €/kg à l’éleveur, pour un coût de production qui a encore augmenté, à 4,89 € ! » Autrement dit, à chaque kilo de carcasse vendu, un éleveur de bovins allaitants perd 1,44 €.

À chaque kilo de carcasse vendu, un éleveur de bovins allaitants perd en moyenne 1,44 €.

Mais la FNB veut croire dans des perspectives qui lui semblent pourtant porteuses. « Nous faisons le constat d’un maintien de la consommation française. Nous sommes en reconquête dans la restauration hors domicile, avec 48 % de viande bovine française constatée en 2017, contre 34 % en 2014. » Le marché italien de l’engraissement des broutards s’est lui aussi éclairci, depuis que la Pologne a fait le choix d’engraisser ses propres animaux.

Reste la mise en œuvre du « plan de filière interprofessionnel » qui nécessitera de « bâtir très vite » une nouvelle organisation des producteurs « pour ne plus qu’on se fasse concurrence entre nous », face notamment au leader du marché.

La FNB veut ainsi « très rapidement » travailler sur une AOP (association d’organisation de producteurs, ndlr) ». « Un travail doit aussi être mené avec les coopératives », précisent les représentants du syndicat. « Notre objectif c’est qu’au salon de l’agriculture, fin février, on soit dans une logique de création d’une association d’organisations de producteurs pour réussir à jouer collectif et ainsi imposer des prix rémunérateurs aux éleveurs, face aux acteurs de l’aval de la filière » espère Bruno Dufayet.

40 % DE LA VIANDE BOVINE FRANÇAISE SOUS LABEL ROUGE D’ICI 2023

Autre enjeu : la contractualisation. Alors qu’aujourd’hui seules 2 % des transactions font l’objet d’une contractualisation formelle, un décret ministériel a rendu obligatoire la contractualisation écrite pour toute transaction commerciale de viande bovine en Label Rouge, en décembre. Or dans le cadre de l’application du plan de filière issu des travaux des EGA, la filière s’est engagée à ce que 40 % de l’offre de viande bovine en 2023 soit en label rouge.

La contractualisation écrite doit donc permettre que « les pratiques commerciales du passé privant l’éleveur d’une juste rémunération n’aient plus lieu d’exister », selon le syndicat. « Le vendeur devra proposer à son acheteur un contrat comportant, notamment, l’indicateur de coût de production interprofessionnel, ainsi qu’un engagement ferme portant sur les volumes prévisionnels, exprimés en têtes d’animaux ou carcasses entières. »

20 % des éleveurs de bovins viande sont dans une situation de trésorerie très précaire.

Selon la FNB, il y a urgence, car la décapitalisation du cheptel allaitant s’est amplifiée en 2019. « Le cheptel a perdu 220 000 têtes l’an passé. » Un contexte qui est, selon Bruno Dufayet, à l’origine du « plan social annuel » que connaît l’élevage allaitant. « Encore en 2019, 1 200 éleveurs ont arrêté le métier et ne sont pas remplacés ». Qu’il s’agisse de départs en retraite ou non, « il n’y a pas de repreneur et les terres partent à l’agrandissement ou sont reprises pour une autre filière ». Et parmi ceux qui poursuivent leur activité, « 20 % sont dans une situation de trésorerie très précaire. »

À la conjoncture nationale s’ajoute un climat international qui inquiète tout autant les leaders de la FNB. « Depuis l’application provisoire du Ceta (l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada, ndlr), les importations de viande bovine canadiennes ont triplé ». Et Bruno Dufayet d’ajouter : « Les Canadiens ne se sont pas battus pour obtenir un contingent de 65 000 t pour finalement n’en exporter que 2 000 t ! Nous ne sommes pas dupes. »

Seule éclaircie au tableau de l’export : l’intérêt des acheteurs chinois pour la viande française. Depuis qu’il s’est rendu en Chine avec une délégation invitée par Emmanuel Macron en octobre dernier, le président de la FNB estime à 50 000 t le volume annuel de viandes de qualité que la France pourrait écouler « à échéance très courte ».

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Tout ce qu’il faut savoir sur le CETA

« En évitant soigneusement les questions majeures : Est-il prudent de se rendre dépendant d’un pays outre Atlantique pour des questions alimentaires la situation énergétique étant ce qu’elle est ? Qui d’autre que les multinationnales trouve un intérêt à cet accord ? Ne s’agit-il pas de la mise en place d’un énorme gaspillage ? Veut-on vraiment aller jusqu’au bout de la privatisation de nos services publiques ? Veut-on vraiment donner tous les pouvoirs aux firmes et abandonner notre système démocratique (déjà très mal en point) ? La politique, la vraie, ne consisterait-elle pas à mettre en place ce qu’il est utile de faire (créer une agriculture qui nous donne une autonomie alimentaire, redéfinir les besoins des individus et constituer une société qui puisse les satisfaire, créer un contre-pouvoir aux volontés hégémoniques des firmes, …) ? Il est clair, avec un minimum d’objectivité, que la signature du CETA emmène le monde à l’opposé de ces intérêts et de nos intérêts. Il ne s’en cache même pas, c’est seulement les observateurs qui s’efforcent de ne pas le voir. »

P

PTout ce qu'il faut savoir sur le CETA

Publié le
Les agriculteurs avancent beaucoup de raisons pour expliquer leur colère. Mais ces dernières semaines, c’est le vote en faveur du Ceta à l’Assemblée nationale du 23 juillet dernier qui a remis le feu aux poudres. Qu’implique cet accord entre l’Union Européenne et le Canada ? Pourquoi inquiète-t-il à ce point nos agriculteurs ? Éléments de réponse.
P

Qu’est-ce que le Ceta ?

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Pourquoi le qualifie-t-on d’accord de «nouvelle génération» ?

Cette expression est employée depuis 2011 et le début des négociations pour l’accord en l’UE et la Corée du Sud, bouclé en 2015. Elle signifie que contrairement aux anciens accords commerciaux, la «nouvelle génération» ne se limite pas à la simple réduction des droits de douane entre les États que l’accord concerne. Les nouveaux accords réduisent également ce qu’on appelle les «obstacles non-tarifaires». Dans le cas du Ceta, ça veut dire que l’accord va également faciliter l’échange de services, ouvrir davantage les marchés publics aux candidatures étrangères ou encore harmoniser les normes de toute nature afin de limiter les démarches de certification de conformité à l’exportation.

PQui est contre et pourquoi ?

À l’échelle de l’Europe, les réticences gouvernementales ont été assez faibles dans un premier temps. Seule la Belgique, en 2016, à cause du refus de trois gouvernements régionaux, a fait reporter de quelques jours la ratification du traité par le Parlement européen. Aujourd’hui, d’autres pays posent problème, au premier rang desquels l’Italie, qui a promis à plusieurs reprises à ses agriculteurs que l’accord ne passerait pas chez eux. L’Irlande et la Pologne font aussi partie des pays où le travail législatif n’a pas commencé. En l’état, 90 % du contenu de l’accord – la partie qui ne nécessitait que la ratification de l’UE – est déjà entré en vigueur. Mais si l’Italie ou n’importe quel autre parlement national ou régional des 28 États membres refuse de ratifier la partie de l’accord qui dépend de l’État et qui concerne les tribunaux d’arbitrage, alors c’est la globalité du Ceta, sous cette forme, qui devra être abandonné. En France, les critiques viennent principalement de deux secteurs pourtant souvent en opposition : agriculteurs et écologistes. Les premiers craignent une nouvelle concurrence déloyale venue d’Outre-Atlantique, puisque l’accord prévoit une très importante augmentation des quotas d’importation de produits canadiens comme le bœuf, le porc, le blé ou le maïs. Problème : les agriculteurs canadiens sont soumis à beaucoup moins de contraintes de production que leurs homologues français. Leurs prix sont donc plus compétitifs. Du côté des écologistes, on regrette cette augmentation d’échanges commerciaux qui va fatalement avoir un impact sur l’environnement via le transport de marchandises.

PQui est pour et pourquoi ?

La majorité des pays de l’UE sont favorables au Ceta. D’ailleurs, en plus de la France, 13 des 28 États membres ont déjà ratifié l’accord (Autriche, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Malte, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni et Suède). En France, même s’il subsiste des réserves, les producteurs de fromage doivent pouvoir bénéficier de l’augmentation des quotas d’exportation. La reconnaissance sur le sol canadien de 143 appellations géographiques européennes (sur un total de 1 500), dont 42 pour la France, est également une bonne nouvelle. Mais les principaux bénéficiaires pourraient être les grandes entreprises comme Alstom ou Bouygues, qui lorgnent l’ouverture des marchés publics canadiens à la concurrence européenne (de 10 % à 30 %).

Depuis des années, la colère monte

«Suicides», «endettement», «sécheresse», «loup», «CETA», «Mercosur», «retraites», «ZNT», «prix», «végans». Dans les allées du Sommet de l’élevage de Clermont-Ferrand vendredi dernier, Emmanuel Macron a pu apprécier sur les pancartes tous les motifs de griefs des agriculteurs, qui se cumulent depuis des années. Et il y en a eu d’autres ! Souvenez-vous l’hiver 2017-2018. À la fin du mois de janvier, les agriculteurs, révoltés contre la diminution des zones agricoles défavorisées, avaient multiplié les actions d’envergure. Dans la région en particulier : à Toulouse, une vaste opération de blocage du périphérique avait eu lieu, point d’orgue de plusieurs semaines de grogne au bout desquelles ils avaient obtenu gain de cause. Mais encore ? L’ours, la grippe aviaire… La liste est très longue.

 Lucas Serdic

Température mondiale : 2e mois de septembre le plus chaud. Par Johan Lorck

Source : Global Climat, Johan Lorck, 02-10-2019

Avec +0,632°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de septembre 2019 se classe au 2e rang depuis 1948, date du début de l’archive NCEP-NCAR. L’année 2019 est pour le moment à la deuxième place derrière 2016.

Les réanalyses comme NCEP-NCAR intègrent de multiples observations dans un modèle permettant de suivre quasi quotidiennement l’évolution du climat. Les données sont donc immédiatement publiées, contrairement aux bilans mensuels des stations au sol. Les réanalyses permettent ainsi de se faire une idée des futures annonces des agences comme la NASA, la NOAA et le Met Office qui ne sont pas faites avant le milieu du mois suivant (en l’occurrence à la mi-octobre).

Le top 10 des mois de septembre les plus chauds

Avec +0,632°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de septembre 2019 est le 2e plus chaud des annales NCEP-NCAR, derrière 2016 (+0,68°C). Depuis 1948, sur les cinq mois de septembre les plus chauds, on trouve dans dans l’ordre 2016, 2019, 2015, 2017 et 2013. L’anomalie de température mondiale est en hausse par rapport à août 2019 (+0,56°C).

Top 10 des mois de septembre les plus chauds depuis 1948. Anomalies par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

On peut voir ci-dessous l’évolution de la température mondiale en septembre avec une tendance de fond au réchauffement depuis 1948. La tendance est de +0,158°C par décennie depuis le début de l’archive, avec une accélération sur les 20 dernières années à +0,236°C/décennie.

Anomalies de température mondiale en septembre par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

2019 pour le moment la deuxième année la plus chaude des archives

Dans ce classement provisoire, les neuf premiers mois de 2019 sont comparés à des années pleines. 2019 devrait faire partie des trois années les plus chaudes et se positionne pour le moment à la deuxième place, juste devant 2017. Après un petit El Niño, des conditions neutres prévalent désormais dans le Pacifique.

Top 10 des années les plus chaudes depuis 1948. Anomalies par rapport à la moyenne 1981-2010. D’après NCEP-NCAR.

Les anomalies régionales en septembre 2019

La moyenne globale reste élevée malgré le refroidissement qui continue au niveau des Tropiques. Les anomalies positives se confirment dans l’Arctique, tandis que l’Antarctique renoue avec des valeurs inférieures à la normale.

Carte d’anomalies pour le mois de septembre 2019. D’après NCEP-NCAR.

+1,175°C en septembre 2019 par rapport à l’ère préindustrielle

On peut remonter plus loin dans le temps, en utilisant les archives de la NASA, et en retenant comme base la période 1880-1899 (représentative de la période préindustrielle). L’anomalie est de +1,175°C en septembre 2019, donc sous l’objectif le plus ambitieux de la COP 21 (+1,5°C).

Source : Global Climat, Johan Lorck, 02-10-2019

https://www.les-crises.fr/temperature-mondiale-2e-mois-de-septembre-le-plus-chaud-par-johan-lorck/