Castelnaudary. La fibre optique arrive sur l’ouest audois

  • Régis Banquet, président du Syaden.

Régis Banquet, président du Syaden.
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Deux ans d’études et enfin la concrétisation

Le lancement de ce chantier, c’était il y a deux ans, le temps des études à faire pour le passage de ces fameux câbles. «La plupart du temps, on essaie de passer dans les fourreaux existants et quand ce n’est pas possible, c’est en façade sous les génoises, ce qui nécessite des autorisations et prend du temps. Aujourd’hui, nous en sommes à la concrétisation, on voit les entreprises sur le terrain»

Et d’indiquer que «d’ici la fin de l’année, ce sont quelque 3 500 foyers qui seront desservis mais desservis ne veut pas dire connectés. Il existe, en effet, un délai administratif incompressible de six mois avant que les fournisseurs d’accès puissent proposer des offres». Il faut savoir que si l’on a, sur le réseau quatre opérateurs – Orange, Bouygues, SFR ou Free… il en existe en fait plus de 200 en France. D’ici la fin de l’année, le Syaden espère bien avoir livré 15 000 prises sur le département dont 7 000 à 8 000 abonnés potentiels ; 1000, 2 000 sur Castelnaudary.

Une technologie alternative

Avant fin 2021, près de 200 communes audoises devraient être fibrées. En attendant, pour celles qui ne seraient pas éligibles pour le moment le Syaden a prévu une technologie alternative. Une petite antenne, une box et l’on dispose ainsi de 30 à 40 Mégabits, «ce qui est largement suffisant pour couvrir les usages actuels», précise M. ; Banquet soulignant que pour les relais en amont, on s’appuiera sur les relais de téléphonie mobile. «C’est l’entreprise toulousaine Alsatis qui est en charge de cela. Nous avons l’obligation d’amener le très haut débit dans toutes les communes avant 2021. Dans un an, deux tiers en seront pourvus et le tiers restant dans les six mois suivant».

Si le Syaden porte le projet, il a confié la commercialisation à Emeraude, filiale de la société Altitude infrastructure. Il est, en revanche, propriétaire du RIP, réseau d’initiative public. «Le combat de demain, des collectivités, c’est la propriété des données. Il faut que celles-ci soient mises au service des citoyens. il y a énormément d’applications».

Un projet de 130, 140 M€ sur l’Aude

C’est un projet de 130 à 140 M€. Aujourd’hui, on a dépensé 40 M€ et pour le moment, seules les communautés de communes, le Département et Syaden ont payé. On attend les subventions de l’Etat qui doivent s’élever à 42 M€. Pour l’instant on n’a rien vu venir, seuls les Audois ont payé.

Voyage au cœur des réseaux avec Orange

Nous sommes ici, au cœur de Carcassonne, dans le saint des saints, le lieu hautement stratégique d’Orange dans le chef-lieu audois qui abrite les réseaux de fibre alimentant les abonnés – particuliers et entreprises ainsi que les relais 4G de tout le territoire. «Orange a une politique d’aménagement numérique du territoire très volontariste», relève Thierry Alignan, délégué régional . Il explique que le réseau de fibre optique va être développé en France, à 70 % par Orange. «Indoor dans les maisons, dans les voitures, il faut que ça marche soit par le réseau filaire, soit par le réseau mobile, dans les territoires urbains comme dans les territoires ruraux».

165 salariés dans l’Aude, 1 100 emplois soutenus

Et de rappeler le souhait du gouvernement pour un accès à du 8 mégabits pour tous à l’horizon 2020, et à 30 mégabits, en 2022. «Pour mener à bien ces enjeux au niveau du département, nous avons 165 personnes qui travaillent dans l’Aude et derrière 1 100 emplois soutenus de sous-traitants, salariés consommateurs». Et de souligner par ailleurs : «Il faut savoir qu’il va falloir 10 à 15 ans pour déployer le réseau fibre quand il en a fallu 40, 50 pour le réseau cuivre, 90 pour celui électrique».

Zones AMII et RIP

Des enjeux forts et des échéances pour le fournisseur d’accès qui, à l’horizon 2022, doit avoir raccordé en France, toutes les agglomérations, «les zones moyennement denses, zones AMII, (appel à manifestation d’intention d’investissement), les zones denses étant au nombre de deux pour l’Occitanie : Toulouse et Montpellier». La zone AMMI dans l’Aude, ce sont 29 communes dans le Narbonnais, 23 dans le Carcassonnais, soit au total 52 qu’Orange va fibrer avant 2022, ce qui représente quelques 150 000 logements sur les 260 000 que compte le département, – Déjà 36 000 abonnés peuvent avoir, voire ont même déjà souscrit à une offre fibre. Le Syaden va gérer les 110 000 logements restants, c’est en effet le Département qui va déployer le réseau dans le rural, c’est le RIP, réseau départemental d’initiative publique. «Orange a signé un accord pour pouvoir se raccorder au RIP et pourra vendre ses offres et services dans l’Aude que ce soit en zone rurale ou urbaine».

La 4G

Une autre ambition d’Orange, c’est de déployer la 4G sur tous ses équipements et relais d’ici 2 020 et de résorber les zones blanches d’ici2 022. Une autre bonne nouvelle pour notre territoire.

«Un enjeu majeur pour le territoire» parole d’élu

«L’accès au service à internet en très haut débit est un enjeu majeur pour l’ensemble des territoires», relève Philippe Greffier, président de la communauté de communes Castelnaudary Lauragais audois qui rappelle que «dans l’Aude, le conseil départemental a impulsé une stratégie globale publique prenant acte du fait que les opérateurs n’investissent que dans les cœurs des agglomérations. Sur notre territoire intercommunal nous avons identifié des enjeux forts en termes de santé, de formation et de développement économique ce qui nous a permis de définir une action en plusieurs temps». Et d’expliquer : «Nous avons ainsi décidé d’apporter la fibre optique aux communes au sein desquelles se trouvent des centres de formation, un hôpital ou des entreprises d’au moins 25 salariés». L’occasion pour l’élu de rappeler que le chantier représente 14 millions d’euros d’investissement au total pour lesquels la communauté de communes de l’ouest audois apporte 1,9 million d’euros. Les travaux sont en cours ils concernent une première liste de 11 communes : Castelnaudary, Saint-Martin-Lalande, Lasbordes, Fendeille, Villeneuve-la-Comptal, Saint-Papoul, Peyrens, Mas-Saintes-Puelles, Labastide-d’Anjou, Salles-sur-l’Hers, Souilhanels , auxquelles ont été rajoutées pour des raisons techniques les communes de Souilhe, Soupex, et de la Pomarède.

«Bien entendu, dans ces communes, ce sont tous les foyers qui pourront avoir accès au service. D’ici la fin de l’année un tiers des prises internet devraient être livrées et la mise en service sur l’ensemble des communes s’étalera sur les 18 à 24 mois à venir. D’un autre côté la technique visant à augmenter le débit des équipements a pu d’ores et déjà être mise en œuvre sur la commune de Villemagne. Enfin une technologie nouvelle la 4G LTE qui permet un accès haut débit par voie hertzienne en installant des équipements sur les pylônes de téléphonie mobile, va permettre de compléter la couverture de l’ensemble du territoire. Une première expérimentation devrait concerner la commune des Casses dans les prochains mois.

Ainsi à l’horizon de 2 à 3 ans l’ensemble des habitants, des entreprises des artisans et des services de notre communauté de communes auront un accès facilité à internet très haut débit. C’est un enjeu fort en termes de développement économique, mais aussi d’accès à la santé, de formation en même temps que de prise en compte environnementale -en limitant les déplacements avec des solutions de télétravail et d’espaces de coworking, et plus généralement de qualité de vie et d’attractivité de notre territoire. C’est la raison pour laquelle notre communauté de communes a décidé d’investir fortement dans ce domaine».

Dossier réalisé par Gladys Kichkoff