Education : dis-moi où tu habites, je te dirai tes chances de réussite

 Hélène Haus 30 Juin 2014, 19h01 RÉAGIR

 
 

Pour la première fois, le ministère de l’Éducation nationale publie, ce lundi, une carte détaillée par cantons des «zones à risques d’échec scolaire» dans l’Hexagone. Un outil qui va permettre aux académies de pouvoir répartir davantage de moyens sur les cantons les plus fragilisés de leur territoire.

Pour réaliser cette étude, les auteurs ont passé au crible sept critères : les revenus des foyers, le taux de chômage et de précarité de l’emploi, le niveau de diplôme des parents, la part des familles nombreuses (plus de 4 enfants) et monoparentales, ainsi que les conditions de logement.

Ces caractéristiques ont permis de dégager six classes de cantons. « Cela créé une extraordinaire mosaïque qui ne colle pas toujours avec l’étiquetage fréquent que l’on donne aux académies. Les risques d’échec scolaire peuvent fortement varier au sein d’un même département, note Gérard Boudesseul, l’un des auteurs, chercheur à l’université de Caen.

Pour vérifier l’impact de ces risques sur le décrochage scolaire, les chercheurs ont également publié une seconde carte mesurant le taux de «non-diplômés parmi les 15-24 ans non scolarisés».«On serait tenté de superposer les deux, mais ce n’est pas toujours possible, remarque Gérard Boudesseul. Il y a des similitudes et des différences. Maintenant, il va falloir trouver pourquoi.» Explications.

Ces endroits où les risques d’échec sont très forts

1. «Cumul de fragilités économiques, familiales, culturelles en milieu urbain», 379 cantons, 6,3 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Cette catégorie accumule tous les problèmes : un fort taux de chômage (11,1%), une grande proportion de familles nombreuses (2,5%) et monoparentales (11,2%). Plus d’un quart (28,4%) de sa population réside dans des logements sociaux et près de la moitié (45,8 %) des 45-54 ans – la génération des parents d’élèves – ne possèdent pas de diplôme. «Ces zones à risques se situent surtout dans le Nord, sur le pourtour méditerranéen et en Seine-Saint-Denis», souligne Catherine Moisan, directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance au ministère. « Le département du Pas-de-Calais, par contre, présente un faible taux de non-diplômés», remarque Gérard Boudesseul. «Cela s’explique par le fait que nous misons beaucoup sur les formations technologiques et professionnelles», explique l’académie de Lille, qui a d’ailleurs mis en place en 2013 un plan de trois ans sur l’équité scolaire pour notamment «renforcer l’attractivité des voies technologiques et professionnelles». L’an passé, 41,6% des élèves de troisième ont demandé une orientation professionnelle dans l’académie contre 32,3% dans celle de Bordeaux.

2. «Précarité économique dans les petites et moyennes communes», 521 cantons, 3,2 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Cette classe regroupe essentiellement les petites et moyennes communes. Les emplois précaires et le chômage (8,6%) y sont développés. Le revenu médian reste très faible (14 680 € contre 16 344 € en France métropolitaine). La part de 45-54 ans sans diplôme y est également élevée. On retrouve ce groupe dans l’académie de Montpellier (Pyrénées-Orientales et Aude). « Dans le sud, on parle souvent de Marseille, mais le Languedoc-Roussillon accumule aussi chômage et précarité, qui concordent avec un fort taux de jeunes non-diplômés» note Gérard Boudesseul.

Là où les risques sont forts :

3. «Difficultés de vie familiale et habitat social en milieu urbain»,543 cantons, 15,1 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Très urbaine, elle abrite une part importante de familles monoparentales (9,1 %) et de ménages vivant en HLM (18,8 %). Bien que le taux de chômage y soit élevé, le revenu médian est supérieur (17 872 €) à la moyenne. Elle regroupe surtout les départements franciliens (la Seine-et-Marne en premier lieu), où résident les professions intermédiaires, mais aussi les Bouches-du-Rhône (banlieue de Marseille). Les parents y sont moins diplômés (31,4 %) que la moyenne. Cette catégorie se conjugue souvent avec un pourcentage de non-diplômés élevé

4. «Fragilité culturelle dans les petites communes», 466 cantons, 2,6 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Ce groupe est surtout désavantagé par sa forte proportion de parents non-diplômés (42 %) et par un revenu médian assez faible (15 351 €). On le retrouve dans les départements ouvriers (Mayenne, Orne) et dans les régions à dominante rurale (Basse-Normandie, Pays de la Loire, Centre, Champagne- Ardenne, Franche-Comté). Le taux de non-diplômés varie fortement d’un territoire à l’autre.

Là où les risques sont faibles :

5. «Milieu rural vieillissant», 910 cantons, 4,2 millions d’habitants de 15 à 64 ans.

Cette catégorie bénéficie de conditions de vie plutôt stables : peu de familles nombreuses ou monoparentales, peu de logements sociaux. Le revenu médian (15 344 €) reste cependant inférieur à la moyenne. Elle souffre d’un déficit démographique (seulement 35 hab/km2) et d’un fort vieillissement : 26,7 % de ses habitants ont 60 ans ou plus, ce qui conduit souvent à un exode des jeunes (centre de la Corse, Pyrénées, Limousin, Auvergne…). Ceux qui restent dans ces territoires passent plus fréquemment un CAP, par tradition ou autocensure lors de leurs voeux d’orientation. Familiers de la voie professionnelle, la proportion de 15-24 ans sans diplôme y est donc assez faible, sauf dans l’académie de Bordeaux et les Alpes-Maritimes.

Là où les risques sont très faibles :

6. «Sécurité économique et soutien culturel», 870 cantons, 8,5 millions de personnes de 15 à 64 ans.

C’est dans ces territoires que les élèves sont les plus favorisés. De nombreux indicateurs y sont favorables en termes d’emploi, de revenu et de niveau de diplôme des parents. Le taux de chômage y est plus faible et le nombre de CDI plus nombreux. Seul un quart (27,2 %) des 45-54 ans n’ont pas diplôme. Ces cantons regroupent surtout les classes moyennes et aisées résidant en périphérie des grandes villes comme dans les Yvelines, les zones frontalières de l’Est, mais aussi en Haute-Garonne, l’Aveyron et les Pyrénées-Atlantiques. Si le taux de non-diplômés est peu élevé dans ces deux derniers départements, il reste plus important en Haute-Garonne.

La part des non diplômés parmi les 15-24 ans non scolarisés

Les zones à risques d’échec scolaire

DOCUMENT. Les résultats détaillés par académie

DOCUMENT. Géographie de l’école 2014

Comment fonctionne la compréhension ?

Publié sur Thot cursus par Julie Trevily ; Créé le mardi 14 avril 2015

Comment fonctionne la compréhension ?
Expérimentations pour les jeunes – CEA


Quel que soit le niveau d’études, les apprenants sont souvent déroutés par l’aspect théorique. Ils ne s’aperçoivent de l’importance de la théorie que lorsqu’on leur demande de réaliser une action concrète ou quand leur manque de culture générale les met en difficulté.

L’approche systémique dans la transmission du savoir permet d’améliorer différents aspects de l’assimilation.

Une vision systémique parfois plus constructive

Au contact des élèves, on note fréquemment l’absence de méthodologie d’apprentissage, ce qui influe sérieusement sur la compréhension même du sujet. Il existe de très nombreuses méthodes d’apprentissage différentes, adaptées au mode de perception de l’apprenant (visuel, auditif, srciptural), chacun doit trouver la sienne.

En revanche, toutes ces formes ont un ancrage commun que peu d’apprenants utilisent : la compréhension globale. Pour pouvoir fixer une grande quantité d’informations dont certaines relèvent du détail!, il est nécessaire de proposer des points d’ancrage.

Le plan du cours sert à cela, l’enseignant le sait lui, mais l’apprenant y voit souvent davantage un outil à l’usage des professeurs. Une fois qu’il a compris que l’ossature constituée par le plan est aussi celle qui permet, d’entrée de jeu, d’avoir le schéma complet du cours, d’en comprendre les articulations et finalement d’en apprendre une partie, il se sent rassuré.

Comprendre la systémique d’un cours, c’est aussi pour un apprenant s’offrir la possibilité de répérer les points d’incompréhension, d’incohérence, d’illogique, voire d’alogique. Cette approche est particulièrement intéressante dans le cadre de matières sans réelle application terrain et dont l’évaluation se fait à l’oral, sans repère matériel spécifique.

Développer le sens de l’analyse

Pour les matières plus opérationnelles qui ont des mécanismes de validation (ca fonctionne ou pas) clairement identifiés, il s’agit moins d’apprendre par coeur que de pouvoir réaliser ou reproduire une action. Comprendre comment ça fonctionne permet alors d’isoler des sous-tâches ou des jalons qui garantissent une progression intéressante.

Cette phase de compréhension ne se matérialise pas nécessairement par une action, elle peut se transformer en une analyse détaillée qui met en exergue les causes et conséquences dans la réalité. Elle peut aussi passer par une pédagogie de l’expérience qui permet aux apprenants d’appliquer aussitôt au terrain la théorie, pour la transformer en compétences concrètes. Cela offre une possibilité d’identifier les difficultés et d’enclencher une boucle de rétroaction favorisant l’apprentissage.

Parmi les outils utiles pour décortiquer un cours, on peut citer les cartes mentales, organigrammes ou autres représentations graphiques plus ou moins illustrées (modélisation graphique). Comprendre comment ça fonctionne, c’est aussi réfléchir à pourquoi ça ne fonctionne pas. C’est aussi étudier le fonctionnement normal pour repérer l’endroit où ça bloque et proposer des solutions pour régler la question. Cela favorise donc l’inventivité, la réactivité, l’adaptabilité aux éléments.

La fierté devant le succès

Le fait qu’un objet (ou une théorie) fonctionne est aussi un moyen de se mettre en confiance, à tout âge et à tout niveau d’expertise. Demander à un petit enfant de faire un moulin à vent en papier en est une belle preuve : si la roue ne tourne pas lorsqu’on souffle dessus, toute la déception du monde se reflète dans ses yeux. Si la roue file au vent, alors le succès rend fier comme Artaban l’apprenti-ingénieur.

Des apprenants en difficulté ou en manque de confiance (voire les deux) sortiront grandis de cette expérience, pour peu qu’elle soit contrôlée. L’objectif étant de faire du renforcement et non l’inverse, la progression pourra être plus ou moins jalonnée par l’enseignant afin d’accroître le niveau de difficulté.

Illustration : CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives)

Références

Méthodologie du travail universitaire – Apprendre à apprendre – Université de Lille
http://crl.univ-lille3.fr/apprendre/methodologie_universitaire.html

Apprenez à apprendre !, Mémoire – Doctissimo
http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2002/mag0517/ps_5464_apprendre.htm

John Dewey, une pédagogie de l’expérience – Emmanuelle Rozier – Cairn Info
http://www.cairn.info/revue-lettre-de-l-enfance-et-de-l-adolescence-2010-2-page-23.htm

L’utilité des schémas pour apprendre vos cours ! – Memodroit
http://memodroit.fr/lutilite-des-schemas-pour-apprendre-vos-cours-de-droit

Expériences en vidéo – CEA
http://www.cea.fr/jeunes/mediatheque/videos/experiences